‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 40 sur 153 · Stourm, op. cit., t. II, p. 23 et · texte numérisé non relu

Stourm, op. cit., t. II, p. 23 et

r.E TRAITÉ DE COMMERCE DE 1786. 99

prévus au traité étant proportionnels à la valeur des articles importés, leur effet protecteur fut atténué par la baisse des prix, sans parler des fraudes dans les déclarations relatives à la valeur, que la ferme ne sut pas réprimer. Enfin les Anglais s'étaient soigneusement préparés à profiter de l'ouverture de notre marché. Bientôt leurs marchandises regorgèrent partout. L'opération fut sans doute peu fructueuse pour eux par suite de l'avilissement des prix*. Elle n'en causa pas moins de graves dommages à nos fabricants. Plusieurs succombèrent. L'émotion fut très vive.

Rayneval et Vergennes n'avaient probablement pas prévu la violence de ,1a crise qui sévit sur la quincaillerie, la faïencerie et le tissage du coton, et que durent aggraver les troubles politiques. Mais ils n'ignoraient pas l'état d'infériorité où étaient tombées, à l'abri des prohibitions, ces branches de l'industrie française. Depuis plusieurs années-, l'administration cherchait à les relever par divers expédients : « enrôlements de chefs d'atelier en Angleterre, promesses faites à des inventeurs, importation aux frais de l'État de machines étrangères par pièces démontées et privilèges concédés à divers constructeurs. .., traitement exceptionnel accordé aux fabricants étrangers venant s'installer en France, etc. ». En 17G6, sous l'inspiration de Dupont de Nemours, on eut recours « au remède héroïque de la concurrence anglaise ». M. Stourm a cité ces paroles significatives, entendues par un ancien chef de division du commerce sous le premier Empire, contemporain des fonctionnaires de la fin de l'Ancien Régime : « Il fallait, disait Rayneval, considérer ce traité comme une opération de chirurgie d'abord douloureuse, mais qu'il importait de faire pour obliger nos manufacturiers d'améliorer leur fabrication ^ ».

On comprendra combien ces vues étaient justes si l'on songe que la navette volante, inventée en 1738, ne fut introduite en France '* qu'après le traité de 1786 et qu'au contraire la mule-

1. Sloiirm, op. cit. ,1.11,1». 39 et 40. Cf. un discours de Boislandry dans la discussion du tarif de 1791, cité par le comte de Butenval, Elablissement en France du premier tarif général des douanes, Paris, Guillaumin, 1876, p. 67.

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