‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 42 sur 153 · V. Dumas, op. cit., p. 149 et · texte numérisé non relu

V. Dumas, op. cit., p. 149 et

industrie, nous nous en sommes peu à peu affranchis en l'imitant dans nos ateliers. La légèreté de cette poterie, la solidité de sa couverte, le bas prix auquel on l'a établie, ont fait disparaître la faïence ; et la classe moyenne de la société n'en emploie presque pas d'autre... »

On peut objecter qu'à l'époque où écrivait Chaptal, le coton tilé était prohibé (décret du 22 décembre 1809), la faïence fine dite de grès d'Angleterre, prohibée (loi du 10 brumaire an V), la verrerie, autre que les miroirs, verres à lunette ou à cadran et les bouteilles, prohibée (loi du 10 brumaire an V), et que les poteries, la faïence commune, les miroirs, après avoir été prohibés (même loi), les porcelaines, les verres à lunette ou à cadran étaient grevés de droits protecteurs établis par les lois du 17 décembre 1814, du 28 avril 1816 et du 27 mars 1817. xMais on trouve des constatations analogues à celles de Ghaptçil dans un mémoire rédigé par le baron Portai au nom du conseil de commerce de Bordeaux et présenté au Premier Consul le 2 floréal an X (1802). Le conseil de commerce demandait le renouvellement du traité de 1786 et faisait valoir que les industries pour lesquelles la concurrence de l'Angleterre paraissait le plus redoutable étaient précisément celles dont les progrès avaient été le plus grands. « Elles se sont industriées : il a été établi des mécaniques, les ouvriers se sont appliqués davantage, tous les outils ont été perfectionnés, et ces sortes de marchandises sont celles pour lesquelles, depuis le traité, la France a obtenu la plus grande amélioration ^ »

En ce qui concerne les soies, on peut regretter que les négociateurs français n'aient pas obtenu la levée des prohibitions qui s'opposaient à leur entrée en Angleterre. On ne saurait leur reprocher d'avoir négligé la question. A plusieurs reprises, elle fut posée-, llayneval demandait un droit de 12 p. o/o. « Les manufacturiers anglais de soie, écrivait-il à Eden, ne crieront pas tant que nos manufacturiers de coton et de laine. » Les fabricants anglais se montrèrent intraitables, « malgré toute la rhétorique déployée par le président du Board of Trade pour les rendre raisonnables ». Le gouvernement anglais n'osa passer

1. Cité par P. Clément, Histoire du rérjime protecteur, p. 90.

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