Dumas, op. cit., p. 74 et
réservée en France à l'Espagne par le pacte de famille. A ne considérer que l'intérêt commercial, la solution peut sembler regrettable. Mais Vergennes jugea très probablement que l'intérêt politique engagé dans la négociation valait encore cette concession. Pilt aurait-il été irréductible? On ne se hasardera pas à l'avancer ici. 11 craignait certainement de se heurter sur ce point au sentiment public, très engoué, comme on le sait, du traité de 1703. La preuve en est que, l'opposition n'ayant pas manqué d'alléguer que le nouveau traité ruinait l'œuvre de Methuen, Pitt jugea nécessaire de lui enlever cet argument. Il notifia au gouvernement français, avant même l'entrée en vigueur du traité, que si le Portugal réclamait la réduction d'un tiers sur le nouveau tarif, l'Angleterre ne pourrait pas la lui refuser '.
Pitt ajoutait — et, sur ce point, sa déclaration était inattendue, semble-t-il, — que, suivant l'usage, le tarif des vins espagnols serait alors réduit dans la même proportion. Le gouvernement français ne voulut pas indisposer l'Espagne ; il se borna à faire des réserves relativement aux. vins du Rhin et à ceux des autres pays. Les considérations politiques furent, dans ce cas encore, la cause déterminante de l'acquiescement du gouvernement français.
Il n'est donc pas équitable d'incriminer, à propos de la question des vins, l'inexpérience prétendue de liayneval. L'habileté d'Eden ne mériterait pas davantage des éloges si elle s'était exercée à empêcher les Anglais de payer moins cher les vins français ; pour l'apprécier, il faudrait avoir la. foi dans les mystères de la balance du commerce et du traité de Methuen. Mais on prêle au gouvernement anglais des intentions qu'il ne semble pas avoir eues. Qu'il ait cherché à obtenir le plus de concessions possibles du gouvernement français, cela n'est pas douteux, et on ne saurait s'en étonner. On suppose à tort qu'il a voulu nous jouer. Il ne faut pas prendre au pied de la lettre le parallèle, établi par Eden dans sa correspondance ou par Pitt dans ses discours aux Communes, entre les avantages que la France et l'Angleterre devaient retirer du traité. L'un et l'autre