‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 76 sur 153 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

conscience et extérieurement de leurs bras de fer », ils avaient brisé la puissance du roi et delà fraction jacobite de làgenlry^. Au commencement du xviii^ siècle, ils formaient «danslanation un élément économique, politique, social de très grand poids^ ». Déjà cependant leur nombre commence à diminuer. A partir de 1760 environ ^ le mouvement de décroissance s'accélère. Au début du xix^ siècle les yeomen ne comptent plus. Les petits squires, qui formaient une sorte de gentry inférieure*, ont disparu avec eux. Les domaines des uns et des autres ont été réunis aux grands domaines existants ou ont servi à en former de nouveaux.

Les causes de cette révolution agraire, silencieusement accomplie dans le laps d'une centaine d'années, sont politiques et sociales autant qu'économiques ^. La gentry est seule représentée dans le parlement; elle a accaparé la magistracy et, par elle, les pouvoirs d'administration, de justice et de police qui sont dévolus dixxyi justices of peace. Elle devient souveraine quand la chambre des communes obtient la prépondérance dans le gouvernement. Elle jouit depuis deux siècles du prestige social. Pour pénétrer dans cette aristocratie terrienne, pour se faire gentleman, le marchand qui s'est enrichi dans les villes achète de la terre. Les alliances entre le haut commerce et la vieille gentry aident celle-ci à consolider sa situation terrienne par l'arrondissement de ses domaines. Le petit propriétaire ne repousse pas les offres d'achat. Il vit pauvrement, au prix d'un labeur acharné, joignant parfois au maigre profit de sa terre le produit d'une petite industrie. Entre le fermier du landlord, qui fait de la grande culture, et le yeoman ignorant, imbu de préjugés, attaché aux vieilles méthodes, la lutte n'est pas égale

1. Wliitelock, d'après Arnold loynhee, Lectures on industrial révolution in Ençfland, London, Rivingtons, 1884, p. 5'J.

2. Boutmy, Le développement de la constitution et de la société politique en Angleterre. Paris, Pion et Marescq, 1887. p. 213.

3. Adam Smith cependant déclare que l'Angleterre est le pays de l'Europe où l'on a le plus d'égards pour la classe des yeomen et il ajoute que les lois et coutumes qui leur sont favorables ont plus contribué à la grandeur nationale que tous les règlements de commerce. Liv. III, chap.ii. Voy. aussi, même livre, chap. iv.

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