‹ Le commerce français dans le LevantChapitre 102 sur 132 · I. Farineux · texte numérisé non relu

I. Farineux

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quint.

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418.645 quintaux ont été importés par navires français, 4.563 par navires turcs; i6.G52 par navires étrangers et cnGn 436 par voie de terre.

D'après les statistiques ottomanes pour Tannée 1897, la Turquie aurait importé 5o.4o6.â62 kilos de farines, estimés fr. i3. 715. 000. (li. C. C, nov. 1901, p. 827.) La même année, le chiffre des exportations avait été seulement de 427.000 francs.

La très grande majorité de ces farinas vient d'Amérique en passant par la France où elles sont admises, sous forme de blé, au régime de ladmission temporaire.

D'après une loi récente votée par notre Parlement, le meunier français, qui reçoit des blés en admission temporaire, doit au préalable verser le montant intégral à(^^ droits de douane que ces blés représentent. Ces droits lui sont restitués si, dans un délai maximum de deux mois, ces blés eux-mêmes sont réexportés sous forme de farines, semoules et sons. Il suffisait jadis qu'on réexpédiât une quantité de farines équivalente à la'quantité de blés importés, sans se soucier de savoir si, pour la mouture, on avait utilisé des blés français ou de^ ^^^^ étrangers. Il faut maintenant que la totalité du produit des blés étrangers res.sorte de notre pays. L'ancien sys-

tème se prêtait mieux aux exigences de la clientèle, en permettant d'effectuer des mélanges et de varier les qualités.

Après TAmérique, c'est la Russie qui fournit le plus de farines à la Turquie. Les farines de Russie provenant des blés yirca sont très estimées parce qu'elles sont fortes et font gonfler le pain. Le blé yirca ne vient qu'en Russie ; il s'abâtardit aussitôt qu'on veut l'implanter dans un autre pays.

La Roumanie, avec ses blés de Braïla, suit le commerce russe.

Les farines françaises viennent de Marseille. On les considère généralement comme de qualité inférieure. Toutefois, ce n'est pas la raison principale de leur insuccès. On reproche surtout à nos minotiers de ne pas fournir des marchandises conformes aux échantillons^ Leurs livraisons sont rarement fixes et uniformes; la même maison ne fournit pas toujours les mêmes types. Ces irrégularités, que les étrangers savent éviter, font le plus grand tort k notre commerce.

Notre trafic est encore entravé par Ténormité des frais de débarquement qui, dans certains ports, dépassent les frais mêmes du transport de Marseille en Turquie. Or, la farine est un de ces articles de première nécessité, sur lesquels il est impossible de faire des écarts de prix très considérables. A part les cas de pure spéculation, les bénéfices sont médiocres.

Les farines italiennes sont encore inférieures aux nôtres qui, en réalité, sont faites en majeure partie avec des blés américains.

La Hongrie expédie quelques farines de qualité supérieure qui servent en pâtisserie.

Les farines russes d'Odessa valent suivant qualité — et l'on ne compte pas moins de neuf sortes — entre i3 fr. 60 et 21 ,5o le sac de 76 kilogrammes.

Les farines de Roumanie se maintiennent autour de i5,5o.

Les farines marseillaises de blés tendres valent : les supérieures, environ i5,5o le sac; les inférieures, environ i3/j5; les farines de blés durs se vendent autour de 1 1 fr. ;h).

Les farines étrangères importées en Turquie sont soumises à l'analyse; la douane exige un minimum de 9 pour loo de gluten; ce gluten doit avoir au moins u5 pour cent d'élasticité. Ces analyses souvent imparfaites donnent lieu à de multiples réclamations. Le principe en est attaqué pour un autre motif : les farines turques de Samsoun, qui atteignent très rarement 9 grammes de gluten sec, sont admises sans analyse. Pourquoi cette différence? Si les farines 'étrangères ayant moins de 9 grammes de gluten sont réputées nuisibles à la santé, pourquoi celles de Samsoun ne le seraient-elles pas également?

Importation. — Trébizonde. — Entre 3. 600. 000 kilos (1897), et 17. 79a. 000 kilos (1894), dont 17.000 francs (minim. en 1897)01 874.000 francs (maxim. en 1894), avec la France.

En 1900, 10. 352. 000 kilos valant i.558.ooo francs, dont 3.297.000 kilos ou 4î)3.ooo francs avec la France. (B. C. C, mars 1901, p. 571.)

Les riz et céi^ales sont compris dans ces chiffres.

Kerassunde : 1900; 52.i5o kilos avec la France. Ordou, 77.775 francs, et Tireboli, 64.35o francs également avec la France.

S/ni/r/ie : En 1889, 4î>*>-<^"^* francs, dont 827 francs seulement avec la France. En 1896, nous avons vendu pour 43.920 francs. M. Gallois, dans son rapport, note que Timportation à Smyrne s'est élevée en 1897 ^ ^<)*944 quintaux turcs, en 1898 à 25.923 quintaux et en 1899 à io5.()i3 quintaux. Les chiffres de 1899 sont anormaux, ils tiennent à une mauvaise récolte de blé dans le pays. Plus do la moitié des farines importées a été introduite par bateaux français, (M, 0. C, 16 mai 1901, supp.).

}fersina: Importation française en 1899. i2.4{5 francs de farines, spiritueux ot provisions,

Beyrouth (1900); 3.a65.ouo kilog., venant d'Angleterre, de Russie, et de France.

JaffsL (1899); 570.000 francs de farines et céréales, dont 33o.ooo francs venant de Russie, 200.000 de Turquie et 40.000 de France

CaXffa, : Importation totale, une vingtaine de mille francs.

Bassorah s^appro visionne dans Tlnde. Bombay lui a envoyé, en 1899, 2.680 sacs, valant 56.280 francs.

20 PoBunes de terre et lé^çuute» i»eea.

quint. fr. quint. fr.

1900 44. %2 ^^9-4 J^l .^^2. ^'XH.T.

le kg. quint. fr. quint. Jt.

Fèves ... 0,25 2 I 2 I

Pois pointus o,3o 6.563 196.9 3. 016 f|o.5

Autres pois . o,32 1.067 34.2 1.044 ^^.4

Marrons . , 0,24 8 2 8 •.».

Pora. déterre 0,08 37.232 298.0 37.252 298.0

43.83o quintaux ont été importés par navires français, 818 par navires turcs, et 244 par navires étrangers.

La pomme de terre était complètement inconnue en Turquie, ily a une cinquantaine d'années, et aujourd'hui encore ellen^estpas répandue dans toutes les provinces de l'Empire. Dans beaucoup de régions, les Turcs continuent à préparer le riz, qui est leur mets national ou, à son défaut, le chou vert, qui est leur légume préféré.

Cependant le gouvernement ottoman fait de sérieux efforts pour propager la culture de ce tubercule ; il donne des semences gratuitement et, dans certains pays, il accorde pour cinq ans l'exemption de Timpôt foncier à tout champ planté en pommes de terre. Malheureuse-

i'i6 IMPORTATrONS DE FRANCE EN TURQUIE

ment le fisc paralyse trop souvent les bonnes intentions et même les excellentes mesures du gouvernement ; à la (in de la cinquième année, au moment où Timpôt est exigible, il est arrivé plusieurs fois que des percepteurs trop avides évaluaient la récolte en terre bien au-dessus de son rendement réel et percevaient l'impôt en conséquence. Cette fiscalité maladroite a eu pour résultat d'arrêter les cultures, qui ne se développent que très péniblement

A cette cause toute administrative de non-réussite, il faut ajouter Tinfériorité très réelle des produits obtenus; en certains endroits, ils sont exécrables. Les semences même les meilleures dégénèrent rapidement.

Néanmoins la consommation augmente dans les grandes villes, particulièrement à Constantinople, et le gouvernement a favorisé encore cette consommation en introduisant la pomme de terre dans Talimentation des troupes.

Pour subvenir à ces divers besoins, il faut recourir à l'importation. En 1H92, cette importation était de 7.822,071 kilos, valant 944*43i francs ^'B.C. 6\,fév. 1897, p. «35) ; quatre ans plus tard, elle s'élevait à 9. 325. 45o kilos, valant 1. 100. 000 francs, (n. ç. c, sept 1900, p. 496-)

La France participe à ce commerce à peu près dans la proportion des deux tiers.

Les premières pommes de terre, dites pommes nouvelles, arrivent en Orient au mois d'avril et viennent de Malte etdeNaples. Elles sont très bonnes et se vendent d'abord 18 à 20 francs les 100 kilos, mais les cours baissent rapidement.

Les pommes de Corfou et de Chio viennent ensuite; elles sont moins bonnes que celles de Malte; leur arrivage dure jusqu'en juillet.

Les pommes de terre de France arrivent au mois d'août. A ce moment, ce sont encore des pommes nouvelles, et,

MATiÊhES VÉGÉTALES 'i47

comme elles sont très fines et que leur peau se déchire facilement, on les expédie dans des caisses à claire-voie contenant chacune 5o kilogrammes. En septembre commence Tarrivagedes pommes ordinaires ; il dure pendant tout rhiver, jusqu'à la nouvelle récolte. Les pommes de terre sont alors expédiées dans des sacs.

Toutes nos pommes de terre portent le nom générique de Pertuis (Vaucluse), où elles sont principalement cultivées. Ces tubercules se distinguent par leur grosseur, la singularité de leur peau et leur couleur jaune. On distingue néanmoins plusieurs qualités: les pertuis proprement dites, les nord jaunes qui sont presque aussi bonnes, les barbignies près Avignon, et les chardonnes.

Telle est Testime en laquelle on tient nos produits que, pour écouler la production locale, les marchands levantins plus spéculateurs qu'honnêtes^ necraignent pas de mélanger nos pommes de terre avec celles du pays, et vendent le tout comme marchandise française, en ayant soin d'olTrir comme échantillon de véritables pertuis.

En dehors des pertuis, la France expédie encore des vitelottes ou petites pommes rougeâtres, qui sont également très bonnes. Elles valent un peu plus cher que les pertuis qui elles-mêmes se vendent, pour le premier choix, entre 8 francs et lo francs les loo kilogrammes et descendent rarement au-dessous de 8 francs. Les barbignies valent un peu moins cher. Sur les marchés d'Orient, ces divers produits se vendent au détail, au prix moyen de 16 fr. 5o les 100 kilogrammes ; les prix montent lorsque les arrivages sont rares.

La Turquie importe encore de Russie une certaine quantité de pommes de terre, qui viennent de Pologne. Ces pommes de terre diffîciles à peler, ne sont pas très appréciées.

iMPonTATioN. — Smyrne(iBSg) : 22.426 quintaux, 133.720 francs, dont i2o.833fr. pour la France. Dansles années 1897, 1898 et 1899, cette importation a été respectivement de 40.672, 32.971 et4i-837 quintaux. La France n'a plus le monopole de ce commerce, mais elle en garde encore les trois cinquièmes, environ 176.000 francs. Le commerce italien se développe, comme une menace qu'il est bon de ne pas négliger. (M. O. C, 16 mai 1901, supp,)

Jstffa (1899) : 60.000 francs, dont 45.000 de Turquie et i5.ouo de France. (M. 0. C, 18 octobre 1900.)

Caï/fa : environ 35 à 40.000 kilog, ce qui représente de 10 à 14.000 francs de marchandises. La grande majorité vient de Marseille, le reste de Naples ou de Malte.

3' CIruaiix, iieiiioiiles et riz.

L'importation des gruaux, semoules et riz s est élevée, depuis 1896, aux chiffres suivants :

quint fr. ■ quint. fr.

1897 -^-ay? 278.0 14 7

1900 12.881 356.7 3.252 ^ij.o

12.773 quintaux ont été importés par navires français, et 108 par navires étrangers.

Les gruaux ne figurent qu'au commerce général : 4-254 qw»*^*estimés 119.200 francs, soit 33 centimes le kilogramme.

Les semoules et pâtes d'Italie représentent au commerce gênerai 1.948 quintaux valant 87.500 francs, et au commerce si>éci«l 18 quintaux valant 900 francs. Evaluation : 53 centimes le 1^"^' gramme.

Le sagou et les fécules exotiques, évaluées 93 centini®* *^ kilog. représentent au commerce général 63 quintaux o" 5.000 francs, et sensiblement la même somme au com***®"'*^^ spécial.

Le riz en paille (i5 centimes le kilog) a donné 121 quint»*** °** 2.100 francs au commerce général; néant au commerce &p^c|a»-

Ënfîn le riz entier, les farines et semoules (20 centimes l€?»^"^' gramme) ont donné au commerce général 6.496 quintaux vala» 142.900 francs, et au commerce spécial 2.179 quintaux, vala^ 43.600 francs.

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