VI. Bougies
le kilo.
qnint.
tr.
quint.
fr.
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4.683 quintaux ont été importés par navires français et 480 par navires étrangers.
Il n y a pas vingt ans, nous étions encore les maîtres exclusifs du marché des bougies dans le Levant, mais depuis ce temps, la concurrence étrangère a réduit très sensiblement nos importations. En 1892, nous exportions encore pour i.o4o.ooo francs de bougies, et en 1900 nous n'en avons exporté que pour 556.382 francs, et ce chiffre n'est pas un chiffre minimum. Dans Tintervalle, les produits belges et hollandais, marques Roubaix Œdenkoven et ApoUo, ont pris la place que nous avons perdue. La substitution s'est faite insensiblement ; nos concurrents ont commencé par fabriquer des produits similaires aux nôtres, qu'ils vendaient un peu moins cher ; derrière ces produits s'en cachaient d autres plus inférieurs. Les premiers ayant conquis le marché ont fait passer les seconds.
Les facilités commerciales consenties par les étrangers ont encore contribué à assurer leur succès. La maison Fournier, qui représente exclusivement la France, réglait comptant avec 2 pour 1 00 d'escompte ; les étrangers ont accordé trois mois de terme avec 3 pour 100 d'escompte pour les règlements au comptant. Les Français vendaient leurs marchandises fob Marseille, l'assu-
Burance et le fret étant à la charge du destinataire ; les étrangers les ont vendues caf Levant, en prenant ces frais à leur compte. Malgré la supériorité de nos produits, les Levantins se sont laissés séduire par ces avantages.
La concurrence étrangère n'est pas la seule cause de notre recul sur le terrain commercial ; il faut aussi tenir compte que les Turcs, qui sont à proximité des mines de Bakou, s'éclairent de plus en plus au pétrole. Le pétrole a conquis sa place jusque dans les contrées les plus éloignées de TAsie turque, où Ton s'éclairait autrefois soit avec des chandelles, soit avec Thuile de sésame. La bougie considérée depuis lors comme un objet de luxe, est réservée aux églises et aux intérieurs plus disci^ts des familles riches. En 1891, Timportation dans tout l'Empire était de i .869. 433 francs ; elle n'était plus que de i.3i4.588 francs en 1897.
Le commerce des cierges se joint à celui des bougies. Les cierges sont généralement fabriqués sur place ; en principe, ils doivent être faits avec de la cire vierge ; en pratique il y entre des adjonctions de stéarine, de parafine et de cérésine. Ces produits viennent surtout d'Allemagne et de Hollande. Les cierges sont d'une consommation courante dans les villes où l'on pratique les cultes catholique et orthodoxe. Beyrouth a une fabrique de cierges.
Les bougies Fournier et les bonnes qualités étrangères sont expédiées en caisses de 1 1 kilogrammes net, contenant 3o paquets, à raison de \ bougies au paquet. Ces bougies, dont le cours est variable, se vendent entre 90 et 120 francs les 100 kilogrammes fob Levant, emballage compris. Les qualités inférieures valent environ 80 francs et sont expédiées en caisses de 4 » 7 kilogrammes.
Si nous nous reportons au tableau publié plus haut, nous lisons qu'en 1 900 la France a importé en Turquie
563. 200 francs de bougies au commerce général et seulement 1.400 francs en 1900.
Ces chiffres nécessitent une explication.
Les bougies stéariques fabriquées h Marseille sont confectionnées avec de Thuile de palme, qui vient soit de rinde, soit des colonies françaises ou anglaises de la côte occidentale d'Afrique. Or, les huiles d'origine française sont exemptes de droit, tandis que les huiles étrangères acquittent une redevance de i franc les 100 kilogrammmes.
Comme les huiles françaises ne suffisent pas pour approvisionner nos fabriques de bougies, nos fabricants introduisent, sous le régime de l'admission temporaire, toutes les huiles étrangères qui leur sont nécessaires. Voici quelques chiffres.
En 1900, nous avons importé :
Des colonies anglaises . . . 4.502.273 kg. d'huile de palme. Des colonies françaises. . . 8.374.900 — —