V. Meubles et ouvrages en bois
quint. fr. quint. Tr.
19OU 7''-^!M 563.000 4'U>o 266.000
Détail en 1900.
Coin. gên. Coin. spêc.
Meubles. mi. quint. qalnt. 1^.
Meubles en bois courbé a » 1.427 448 89.600
Sièges v.déc. 71 23 3. 000
Meubles autres que sièges .... » 1.567 419 93.300 Cadres, baguettes et moulures en
bois 0,70 5 4 3oo
Ouvrages en bois.
Futailles cerclées en bois .... o,i5 82 82 1.200
Futailles cerclées en fer 0,20 1.939 1.884 37.700
Coin. gén. Com. spéc.
kil. quint. quint. te.
Balais communs, etc o,i5 172 171 a. 600
Pièces de charpente 0,1 5 197 196 2.900
Sabots communs 0,60 a4 23 1.400
Bois, planches et frises de parquet 0,26 i5i 1^9 3.(>oo
Portes, fenêtres, lambris 0,20 ii5 ii5 2.3oo
Boites en bois blanc in i<9 14 1.400
Autres objets de boissellerie. . . 0,60 99 99 5.900
Ouvrages de tournerie 2,5o i5 14 3. 600
Manches d'instruments agricoles. 0,45 16 16 700
Autres objets o,45 385 363 i6.3oo
Meubles
Ouvrages en bois
Ensemble
qnint.
quint.
quint.
Import, par nav, français. . ,
— turcs . . . ,
— étrangers . .
Meubles. — 11 n'est pa.s de maison moins meublée que la maison ottomane. Des sofas rembourrés de paille et recouverts de cretonne s'alignent le long des murs et en font parfois le tour. Des petites tables hexagonales en bois blanc peint en noir et décoré de quelques détails de marqueterie servent de support au précieux narghilé, autour duquel se rangent les Musulmans contemplatifs. Une table basse qu'on rapproche des sofas au moment des repas. Par terre, des tapis dans les maisons riches, des nattes dans les maisons pauvres. Aux fenêtres, des stores jaunes. Les murs sont nus et blancs. Pas de lit : lorsque le soir arrive, on retire d'une armoire dite (loulape discrètement pratiquée dans la muraille des matelas et des coussins qu'on étend sur le plancher et sur lesquels on se couche à moitié déshabillé. Le matin,
on les rentre. Chaque pièce a une ou plusieurs armoires : on y met aussi le linge et Targenterie. Ainsi, la même pièce peut servir de salon, de salle à manger et de chambre à coucher. Les étoffes et les vêtements se mettent parfois dans des malles. Les fourrures sont enfermées dans des caisses en bois de cyprès, qui les préservent des mites.
Ce tableau paraîtra peu séduisant à nos lecteurs familiarisés avec le luxe et le bien-être de TOccident ; il n'exclut pourtant pas le confortable. Dans les pays chauds, il est nécessaire qu'il règne une certaine nudité dans les appartements ; les sofas sur lesquels on peut s'étendre aux heures chaudes de la journée valent mieux que nos fauteuils ou nos canapés, qui maintiennent au corps une sorte de rigidité. Chaque pays a sa façon d'entendre le bien-être, et il ne faut médire d'aucune.
Cependant les meubles d'Occident ne sont pas inconnus. Sous le règne du sultan Abd-ul-Medjid, quelques grands dignitaires de l'Empire eurent l'idée d'acheter des meubles européens : chambre à coucher, mobiliers de salon et de salle à manger. Leur exemple fut suivi par une ceiiaine partie de la société, mais il ne se généralisa pas.
Ces meubles vinrent d'abord de France jusquen 1 870. On commença alors à nous concurrencer. Les Anglais vinrent les premiers avec des meubles solides mais disgracieux ; ils n'eurent pas de succès. On leur préféra les meubles italiens, qui manquent de goût, et les meubles allemands ou autrichiens, qui sont de la camelote.
Enfin le Levant se mit a fabriquer, dans des conditions très satisfaisantes, des meubles européens sur les modèles qu'il avait sous les yeux. A Smyrne, il ne s'est pas établi depuis 1880, moins de cinquante ateliers indigènes qui sont tous en activité.
Pour toutes ces causes, Timportation française se trouva fort diminuée. Elle subsiste néanmoins avec un cachet de très bonne renommée. Lorsqu'on veut écouler un meuble étranger mauvais ou médiocre, il nV a qu'à lui donner la naturalisation française.
Les statistiques ottomanes nous donnent jusqu'en 1897 le détail des articles d'ameublement importés d'Europe.
en milliers de francs.
Cadres 383 467 3o8 290
Chaises et cana- »
pés (iî'nj
Crin 246
Damas pour meubles 334 3^7 265 262 120 2o3
Glaces et cuivres pour glaces. . .
Meubles en bois. .
Tables et consoles.
tt
Dans ce trafic, la part de la France ne dépasse pas 200.000 francs. Notre infériorité tient tout à la fois aux bas prix de vente des étrangers et à nos conditions d'emballage.
Nos fabricants ont Thabitude de livrer leurs marchandises, emballage non compris. Lorsqu'ils ont reçu une commande, ils la passent à leur emballeur, qui, soucieux de gagner le plus possible, emballe les meubles dans les meilleures conditions, dans de trop bonnes conditions. Il n'épargne pas la paille et ne regarde pas à la dimension des caisses; peu lui importe qu'avec ces charges supplémentaires, qui augmentent les frais de transport par chemin de fer ou par navire, le prix des meubles eux-mêmes ne soit majoré en Orient de Tio à ()o pour 100. C'est le client qui paie.
Le fabricant étranger vend au contraire ses meubles franco d^emballage, et, pour éviter les frais, il les emballe lui-même. Il réduit au strict nécessaire les garnitures et les dimensions. Ainsi les prix de vente n'étant pas majorés de plus de 25 à 3o pour loo, il peut impunément défier les produits français, et vendre i .aSo francs par exemple, ce que nos fabricants sont obligés de compter i.Soo. (B. G. C, août 1900, p. 401.)
Les articles les plus demandés à l'étranger sont les meubles de fantaisie et de bureau : chaises légères, fauteuils à bascule, porte-cannes, tables de jeu, casiers pour bureau, corniches dorées, tabourets, étagères^ imitations de petits meubles japonais, etc.
Pour les chaises, on préfère les chaises de Vienne en b'ois tordu et paille croisée à jour, genre Thonnet. A l'origine de la fabrication, ces chaises se vendaient jusqu'à 160 francs la douzaine; depuis que le brevet de cette maison a pris fin, la fabrication est devenue plus générale et la vente est tombée à 60 francs la douzaine.
Paris fait et livre des chaises de luxe dont le prix oscille entre 100 et 225 francs la douzaine. Marseille vendait autrefois des chaises en paille de couleur tressée, qui se vendaient jusqu'à 70 francs la douzaine, mais les Turcs sont arrivés à les imiter et les cèdent au prix de 35 francs.
Après ces articles, viennent les gros meubles de salon, de salle à manger et de chambre à coucher ; mais tous ces articles sont concurrencés par l'industrie indigène qui les imite assez bien et peut les livrer dans des conditions de bon marché exceptionnelles.
Une salle à manger se vend entre 225 et 85o francs. Les premières sont en bois blanc peint. Les autres plus soignées sont en acajou ou en noyer; elles se composent d'un buffet à crédence et à vitrine, d'une servante,
d'une table à rallonges et de douze chaises. Entre ces chiffres extrêmes se placent tous les mobiliers intermédiaires. A Smyrne, les prix moyens sont à peu près les suivants :
tr.
I table en acajou, forme carrée 27.")
I grand buffet 3i5
I fauteuil recouvert de maroquin ii3
I chaise garnie de même 55
I servante 100
Une chambre à coucher ordinaire se compose généralement d'un lit en fer, avec une armoire à glace, une commode, une table toilette et une table de nuit ; elle se vend autour de 4oo francs. Une chambre à coucher riche comprend les mêmes articles mieux soignés avec un lit en bois ou en cuivre; elle se vend environ 85o francs, le prix moyen de ces articles est pour :
fr.
Les commodes en acajou plaqué 80
Les armoires à glace 200
Les tables de toilette 100
Les divans tout garnis 100
Les fauteuils, la pièce 100
Les chaises, la pièce 4®
Les lits sont en fer plutôt qu'en bois, parce que leurs montants servent à supporter des moustiquaires. Un lit simple verni vaut de aS à 3o francs et un lit doré 100 francs. Les lits doubles valent de 5o à 200 francs, suivant Tornementation.
Les meubles de salon se font en bois recouvert de damas ou de tissus soie, ou encore de tissus soie et coton, de satin et de peluche. Ils peuvent comprendre un canapé, deux fauteuils, des tabourets, une table en acajou et quelques petits meubles. Ils reviennent en movenne :
fr. tr.
La chaise avec dos garni à 4^ ^^ tabouret à . . a5
Le fauteuil à 1 00 la table à . . . 90
Le canapé à i85
Ces prix varient, bien entendu avec les caprices de chaque acheteur. Les meubles de style ou de luxe, d ailleurs fort rares en Orient, échappent nécessairement à cette nomenclature.
L'importation des articles étrangers n'est active qu'à Constantinople ; partout ailleurs, elle est très restreinte.
A Smyrne, où le chiffre d'affaires portant sur les articles d'ameublement s'élève en moyenne à 1 million et demi de francs, c'est à peine si le quart peut être attribué à l'importation étrangère. La différence revient aux industries locales, dont quelques-unes ont été fondées par des Européens. La part de la Fmnce est très faible. M. Chayet, dans son rapport, donne pour l'année 1890 le chiffre de iS.ooo francs; M. Rougon, celui de 260.000 en 1889. En 1899, il est entré dans le port 2.5o4 caisses de meubles européens pesant 4-9^5 quintaux turcs. L'Autriche, l'Allemagne et l'Angleterre se partagent ces chiffres. Les commerçants français s'obstinant à ne pas vouloir vendre leurs marchandises autrement que prises en fabrique, les indigènes s'obstinent à ne pas les acheter.
Même situation à Beyrouth, où la fabrication locale tend de plus en plus à évincer les produits étrangers. En 1899, il a été importé pour 770 quintaux de meubles étrangers, dont la majeure partie était de fabrication viennoise.
Ouvrages en bois. — Parmi les ouvrages en bois, le commerce des futailles a seul quelque importance. Les futailles cerclées en fer et résistant mieux aux transports que les futailles cerclées en bois sont les plus
OfiJETS FABRIQUÉS 519
demandées. Les futailles trouvent naturellement leur débouché dans les centres producteurs de vins, Constantinople, Smyrne, Samos et Beyrouth.