II 1.7 ii)5.3 II 3.1 157.8 78.6 i
Orfèvrerie. — Si l'on s'en rapporte à ces chiffres, le commerce de Torfèvrerie entre la France et la Turquie «lurait subi, depuis 1867, des fluctuations considérables; mais il faut songer que, jusqu'au mois de mai 1901, la direction des douanes turques prélevait un droit de 8 pour 1 00 ad valorem sur tous les métaux et pierres précieuses, les bijoux et montres qui pénétraient dans l'Empire. Gomme il était facile de dissimuler ces objets, qui tiennent peu de place, la plupart des personnes essayaient de les introduire en fraude plutôt que de payer les droits. Et la fraude était énoraie. Peut-être l'est-elle encore, mais les droits nouveaux sont assez réduits pour que l'on ne s'expose pas h de grosses contraventions. Voici le détail de ces droits :
Montres en or, a fr. 20 Tune; montres en argent 88 cent.
Diamants, éméraudes, rubis, saphirs, opales, fr. . 6,60 le gr.
Rubis jaunes, turquoises o>44 —
Objets en or, platine, argent, montés en diamants
perles et coraux fr. 44 ^^ V\\o.
Objets en argent ou en argent doré fr. 9,90 —
Objets en or ou en platine fr. 44 ""
Pour les bijoux, la taxe est fixée à 20 kilogrammes par caisse, i3 kilogrammes par couffe et 9 kilogrammes par balle^
Or et argent en feuilles sur papier fr. (î,6o —
Tresses de fil d*or ou d'argent, paillette, passementerie pur or, argent ou argent doré . . fr. 5,5o — Fis d'or jaune et blanc pur or, argent ou argent doré fr. 3.3o -♦
(B, C. C.,juin 1901.)
Les Orientaux — même les hommes — aiment beaucoup les bijoux et les parures. Tel meurt de faim chez lui qui se montre au dehors avec des bagues et des brillants. Ce vain désir de paraître n'est pas particulier à la Turquie.
La classe riche porte des bijoux en or, ornés de pierres
précieuses. Les bijoux préférés sont les épingles, boucles d'oreilles, broches, médaillons, agrafes, chaînes, montres, bracelets et anneaux. Dans la classe pauvre ou moins aisée, les .bijoux sont en argent ou en vermeil. Les paysannes ont conservé Thabitude ancienne de porter autour du cou des colliers d ambre et autour de leur bonnet une rangée de monnaies d*or ou d'ai'gent percées. Cette habitude se perd comme beaucoup de vieilles modes. Les colliers de perles sont rares. Dans certaines contrées, il est encore d'usage de porter des colliers faits avec des médailles fabriquées, Tan 1223 de riiégire, sous le règne du sultan Mahmoud. Ces monnaies, dont la valeur moyenne est de 17 a 18 francs, sont souvent contrefaites par des imitations étrangères, où TEgypte se distingue tout particulièrement. Ces monnaies se nomment mahmoudiés.
Dans le Levant, le commerce des bijoux est presque entièrement entre les mains des Arméniens, qui forment entre eux des corporations, à la tête desquelles se trouve un kèhaya, ou représentant, nommé par le Gouvernement. Le rôle du kèhaya consiste à représenter les bijoutiers auprès de l'autorité, à encaisser les impôts et îi présider la londja, ou assemblée des notables bijoutiers, qui règle tous Içs différends pouvant surgir entre bijoutiers. La londja nomme une sorte d'expert nommé mouhammin^ qui est chargé de déterminer la valeur réelle des objets et de diriger la vente des bijoux faite par Tautorité. Presque toutes les grandes villes ont leur marché spécial des bijoux, où les négociants nichés plutôt qu'installés dans cle petits réduits, nommés bézesfins. débitent parfois des objets d'une valeur considérable- Ces objets viennent de l'étranger ou sont de fabrication indigène. Dans le Levant, les bijoutiers les plus renommés sont ceux de Damas, qui fabriquent leurs bijoux avec des napoléons et des livres sterling, qu'on ramène
par Talliage au titre de i4 à 20 carats, suivant commande. Avec l'argent, ils fabriquent entre autres objets, des ceintures filigranées qu'on envoie en Egypte et à Jérusalem. L'argent employé pour cette industrie vient surtout d'Amérique via Marseille et Londres.
Les brillants et pierres précieuses tiennent la tête du commerce. Jadis, on achetait des brillants comme placement ; mais depuis que la liberté du commerce a développé les transactions, ils servent plutôt de parure. Ces brillants, qui viennent pour la plupart d'Occident, se vendent entre 200 et 23o francs le carat, tandis que les rubis et émeraudes valent de 25 à i5o fi*ancs et les saphirs entre i5 et 4o francs le carat. Le carat turc est d'environ 2 décigrammes.
L'orfèvrerie et la bijouterie d'or donnent lieu à un chiffre peu élevé avec la France. En 1900 :
Orfèvrerie . 7 kg. 222 gr. valant iS.ooofr. soit 1,80 le gr. Bijouterie . 887 gr. — 2.ioofr. soit 4.5o —
La bijouterie en argent, coûtant moins cher, a donné lieu a un chiffre d'affaires plus important :
Orfèvrerie 128 kg. ijoS gr. valant 30.900 fr. soit o,a3 le gr« Bijouterie. 68 — 681 gr. — 44.600 fr. soit o,65 —
Jadis, les Turcs excellaient dans la fabrication des belles armes ornées d'argent : poignards, yatagans, fourreaux en argent incrustés d'or; ils les fabriquent encore, mais, instruits par l'exemple de l'Europe, ils les oxydent pour les vieillir plus vite. Et le touriste naïf -croit acheter une antiquité.
La bijouterie fausse ou en doublé se développe de plus en plus. Toutes les nations européennes ont part a ce commerce, que l'Allemagne et la France se partagent en parties égales dans le Levant. Avec leur talent habi-
526 IMPORT ATlOrfS DE FRANCE EN TURQUIE
tuel (limitation, les ouvriers de Damas sont parvenus à fabriquer avec des prix moins élevés, les épingles, broches, boucles d'oreilles et chaînes de montres d'importation étrangère.
En 1900, la France a importé 33().3oo francs au commerce général et 98 quintaux valant 273.500 francs au commerce spécial.
Horlogerie, — Le commerce de la bijouterie se complète par celui de l'horlogerie, dont la montre est l'article le plus important.
Toutes les montres qu'on rencontre en Turquie viennent de l'étranger. Le commerce de cet article est estimé par les douanes ottomanes à i.Soo.ooo francs, mais ce chiffre doit être inférieur à la réalité. Beaucoup de montres entrent en contrebande ou plutôt entraient en fraude avant l'application des nouveaux droits.
85 pour 100 de ces montres viennent de Suisse; la France, les Etats-Unis, l'Allemagne et l'Angleterre se partagent le reste.
La montre préférée est la montre dite à savonnette, c'est-à-dire k double couvercle de métal, l'un du côté du mouvement, l'autre du côté du cadran. Cependant la montre avec glace du côté du mouvement se répand de plus en plus
La majeure partie des montres vendues en Turquie donne l'indication des heures en chiffres turcs ; quelques-unes en chiffres turcs et en chiffres romains.
Il se vend des montres en or, en argent et en métal.
Toutes les montres en or pour hommes viennent de Suisse; prix entre 4f> ^t i5o francs. Besançon vend quelques montres pour dames au prix de 25 à 1 15 francs. L'or employé à la fabrication de ces articles varie beaucoup. Il y en a à 18 et îi i4 carats; mais on en ti'ouve aussi à 9 et même à 5 carats. C'est alors un simple alliage.
OBJETS FABRIQUÉS b'Zl
Les montres en argent viennent presque entièrement de Suisse. Prix, 12 à 35 francs.
La France lutte mieux pour les montres en métal, dont le prix est de 5 à i5 francs. Toutefois, c'est encore la Suisse qui détient la majeure partie de cet article. Voici le résumé de nos importations en 1900 :
Montres en or 6.900 francs
Montres en métal i.yoo —
Mouvements de montres 3i.aoo —
Ces données ne peuvent être scrupuleusement exactes.
Les montres sont presque toujours vendues à long terme, avec un escompte de 3 pour 100 au comptant.
Complétons ces renseignements par la vente de quelques autres articles où nous retrouvons encore la concurrence victorieuse de la Suisse et celle de TAUemagne.
En 1900, nous avons vendu pour 16.900 francs de pendules et réveils, 5oo francs d'horloges pour édifices publics et 4i -200 francs d'horloges en bois.
L'Administration des douanes fait rentrer dans les articles d'horlogerie, sans doute à cause du mécanisme, les compteurs d'eau et de gaz. Il s'en est exporté, en 1900, 100 quintaux d'une valeur de fr. 104.700. C'est un article dont nous pourrions surveiller la vente, puisque toutes les villes de Turquie suivent plus ou moins le progrès européen dans ses manifestations matérielles et le développement des travaux publics.