‹ Le commerce français dans le LevantChapitre 126 sur 132 · VIII. Teintures et couleurs · texte numérisé non relu

VIII. Teintures et couleurs

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En 1900, 2.55i quintaux ont été importés par navires français et a68 par navires étrangers.

Les matières colorantes importées en Turquie servent surtout à teindre les tapis et divers tissus, comme les cotonnades. On a pu voir (chap. des tapis) que Temploi des matières végétales avec lesquelles se teignaient autrefois les tapis d'Orient diminue de plus en plus pour faire place aux couleurs d'aniline qui sont des matières colorantes artificielles.

Les matières colorantes naturelles appartiennent • toutes, sauf la cochenille^ au règne végétal.

h indigo^ qui colore en bleu, est Tune des couleurs les plus connues et aussi les plus employées. C'est le produit d'une plante originaire de Tlnde, appartenant à la famille des légumineuses. Tous les indigos n'ont pas la même valeur; leur qualité varie suivant la plante et la façon dont elle est traitée pour en extraire le principe colorant. La France a vendu, en 1900, 11 la Turquie 109 quintaux d'indigo, valant 108.000 francs, soit environ 10 francs le kilogramme. Au commerce général, 164.200 francs.

La cochenille a moins de valeur que l'indigo (2,25 le kilo) ; mais elle est d'une vente plus courante. En 1900, la France en a introduit en Tuixjuie i.i3i quintaux, valant 254.600 francs. La cochenille est également un produit exotique. C'est un insecte qui vit au Mexique sur le cactus nopal. La femelle de cet insecte renferme une forte proportion de belle couleur rouge qu'on retire, soit en précipitant la bête dans l'eau bouillante, soit en la desséchant à l'étuve. On obtient avec la cochenille de très beaux ponceaux.

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La France a également importé en Turquie pour 961 quintaux ou 86.5o<) francs d'extraits de bois de teinture. Le prix au kilogramme ressort à 90 centimes. Les bois de teinture les plus connus sont le campéche, le curcuma, la garance, Torseille, le rocou, le quercitron, le cachou, le safran. L'extrait s'obtient en cuisant dans Teau les bûches de ces divers bois divisées en copeaux, I^e jus obtenu est évaporé dans le vide à l'aide d'appareils spéciaux et ainsi se trouvent constitués des extraits tinctoriaux.

Dans le commerce général, les matières colorantes naturelles et les extraits de bois de teinture restent stationnaires ; le commerce leur préfère les couleurs artificielles dites d'aniline, dont le développement depuis un demi-siècle a été extraordinaire.

Cependant, en Turquie, les couleurs d'aniline venant de France sont loin d'atteindre l'importance commerciale des couleurs naturelles. Elles n'ont atteint, en 1900, que le chiffre de 85.3oo francs pour 191 'quintaux, soit 4 fr. 3o le kilogramme. Les couleurs d'aniline sont surtout produites en Allemagne qui a pour ainsi dire le monopole de la fabrication; citons cependant en France les deux usines de Saint-Denis et celle de Saint-Fons, dans le Rhône.

Les couleurs d'aniline ont été retirées pour la première fois de la houille, en i834; mais jusqu'à la découverte de la fuchsine par M. Renard, de Lyon, elles n'avaient fait que des progrès très lents. L'invention de la fuchsine, qui a donné à un prix très abordable de très belles couleurs rouges, a été le point de départ d'autres découvertes, dont la chimie s'applique tous les jours a accroître le domaine. Enumérons les couleurs d'aniline les plus employées :

Pour le blcUy l'indigo artificiel et l'alizarine, extraits de la garance.

Pour le rouge, la fuchsine et ses dérivés : indulines, azoïques, etc.

Pour le vertf le vert malachite et le vert brillant.

Pour le violet y le méthyle.

Pour le jaune, Tacide picrique.

Pour le gris, le cachou de Laval.

Pour le brun, le brun Bismarck.

Pour le noir, les noirs d aniline, très employés dans la teinture et l'impression sur coton.

La liste augmente tous les jours.

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qviDt. fr. quinl. fr.

1897 ...... 5.643 aaS.i 5.372 213.7

1898 '"^.yu^ 178.4 5.383 172.6

En 1900, 4.808 quinlaux ont été importés par navires français, et 849 par navires étrangers.

Le commerce des couleurs se confond souvent avec celui des teintures; cependant ce sont des produits dissemblables. Les teintures sont solubles dans Teau. tandis que les couleurs ne le sont pas. Les teintures servent à la teinture proprement dite et k l'impression sur étoffes, tandis que les couleurs servent à décorer le papier, le bois ou les murailles.

La couleur en bâtiments avait atteint jadis un haut degré de prospérité dans TEmpire; les anciennes mosquées et quelques vieilles maisons étaient ornées d'arabesques, de fleurs et de beaux dessins, où les couleurs se distinguaient par un éclat très vif et une grande vîiriété. Les couleurs les plus employées étaient le jaune que l'on prépare en alliant Tindigo à Tarîsenic, le minium qu'on obtient par loxydation du plomb, le vert qui

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provient du sulfate de cuivre et le violet qui résulte d'un mélange de cochenille et de nitre. Ces différentes peintures n'avaient pas besoin d'être conservées par des vernis et des siccatifs ; elles se maintenaient parfaitement, puisqu'elles résistent encore et que certaines d'entre elles ont plus de deux siècles

Depuis une trentaine d'années, on a renoncé à ces décorations qui ne manquaient pas d'un certain cachet artistique et Ton n'emploie plus aujourd'hui que des couleurs unies sans dessin, auxquelles on ajoute parfois un filet d'or ou une bordure d'une autre nature pour l'encadrement. En même temps, l'usage des vernis et siccatifs s'est généralisé.

Les maisons en pierres, qui deviennent de plus en plus nombreuses, sont généralement blanchies à la chaux; on mélange d'ordinaire un peu d'ocre dans le lait de chaux. Aussi toutes les maisons privées sontelles barbouillées de jaune ; les édifices publics, Sainte- Sophie elle-même, à Constantinople, ne résistent pas au badigeonnage national.

Les couleurs les plus employées pour la boiserie intérieure sont les gris blanchâtres et pour les boiseries extérieures : fenêtres, portes, balcons, le blanc, le vert, le bleu, le jaune et la couleur noyer.

Les couleurs fines k l'huile, en tubes, sont peu employées; elles viennent de France, d'Allemagne et d'Angleterre.

Le minium, dont la vente est de beaucoup la plus importante, est importé par l'Angleterre et un peu par la France.

La litharge en paillettes vient de France. Egalement française, l'importation des siccatifs ; cependant l'Italie et l'Allemagne nous concurrencent vivement pour cet article. Enfin l'Angleterre a la spécialité des vernis.

« La plus grande partie des couleurs arrivent prêtes à

63ji IMPoUTATIOfrS DE FRANCE EN tURQUlE

être employées. Elles sont mélangées avec de Thuile de lin et logées dans des estagnons en tôle de 5 à 20 kilos.

« On emploie aussi les couleurs en poudre que Ton additionne de térébenthine et autres ingrédients.

a Le minium et la céruse représentent à peu près la moitié du placement total. Leur plus grand écoulement est occasionné par la peinture des portes, des fenêtres, des persiennes, des poutrelles, des grillages, des meubles, des lits, etc. yt(B. C. C, mai 1899, p. gaS.)

Le mouvement d'importation française pour Tannée 1 900 se résume dans les chiffres suivants :

Outremer (i fr. 3o le kilo), 37 quintaux, fr. 4-8^o ; le bleu de Prusse (2 fr. 5o), 900 francs.

Le vernis à l'alcool (3 fr. 5o), 28 quintaux, fr. 9.900; le vernis à Tessence (i fr. ^o), ^34 quintaux, fr. 32. 800.

Le noir d'ivoire (0,90), 2 quintaux, 200 francs; le noir de fumée (o,5o), 3i quintaux, i.ooo francs ; le noir minéral (0,16), 11 quintaux, 200 francs;

L'ocre (0,06), 3.85 1 quintaux, 23. 100 francs.

Les couleurs broyées à Thuile (0,60), 181 quintaux, 1 0.900 francs: les couleurs en pâte, à Teau (0,75) 7 quintaux, 5oo francs ; couleurs diverses, i45 quintaux, 27.300 francs.

L'encre à écrire (2 fr. le kilo), 3i4 quintaux, 62.800 francs et différents autres articles : cravons composés, terre de Sienne, verts de Schweinfurth, talc pulvérisé, couleurs fines pour tableaux, etc., dont aucune n'atteint une valeur de 1000 francs.

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