‹ Le commerce français dans le LevantChapitre 15 sur 132 · habitants · texte numérisé non relu

habitants

1^.000 habitantït.

location d'une voiture pour un voyageur entre Trébizonde et Erzeroum est d'environ 200 francs.

Du vilayet d'Erzeroum, on aboutit au sud dans lo vilayet de Bitlis et au sud-est dans le vilayet de Van.

BiTLis. — Le vilayet de Bitlis est arrosé par les cours supérieurs du Tigre et de TEuphrate. Les montagnes, dont les plus hauts sommets atteignent 3ooo mètres^ couvrent la majeure partie de son territoire. Aussi Tliiver est-il assez rigoureux ; il n*est pas rare qu'en hiver le thermomètre descende k i5 degrés, tandis quen été il dépasse rarement 28 degrés ^ .

Ce vilayet produit surtout du blé, du seigle et du millet; puis viennent le tabac, la vigne, la gomme adragante et la noix de galle. Mais l'agriculture est très délaissée, en raison de la rigueur du climat, de la longue durée des neiges et de la difficulté des voies de communication. On élève beaucoup de bestiaux, particulièrement des chèvres mohair. Il v a des mines dans les sandjaks de Mouch et de Seert, mais aucune n'est exploitée. Les forêts ont été très déboisées; leurs principales essences sont le chêne et le peuplier.

I^es industries principales sont celles des tapis, toiles de coton, armes, ébénisterie (Seert) et poteries (Mouch).

L'exportation est évaluée par M. Vital Guinet à 1.700.000 francs et l'importation à 2.700.000 francs. {V. Ctiinet, t. H, p. 553.^ Les principaux articles d'exportation sont les moutons, la noix de galle, les cotonnades rouges, les peaux de chèvre et la graine jaune.

La majeure partie du commerce extérieur s'effectue

* Superficie .... 29.850 mètres carrôs.

Population .... 390.000 hab. dont i3o. 000 Arméniens. Villes principales : Dillis. 38.ooo habitants.

Mouch 27.000 —

Seert . iô.ooo —

00 LA SITUATION GÉNÉRALE m I90()

parlevilayet d'Erzeroum ; toutefois quelques articles, les moutons, par exemple, empruntent la voie de Diarbékir pour atteindre Alep et la Méditerranée. Les marchandi> ses se rendant à la mer Noire ou en provenant empnmtent la route d'Erzeroum àMouch(i7o kilomètres), de Mouch à Bitlis (65 kilomètres) et de Bitlis à Seert (5o kilomètres). Les transports s^effectuent surtout à dos de mulets, car les chameaux sont rares et les chevaux n'ont pas le pied assez sûr dans les chemins escarpés. En été, où les communications sont plus faciles, une charge de cheval entre Mouch et Erzeroum se paie entre 6 et i5 francs.

Bitlis, chef-lieu du vilayet, est une ville malpropre et humide. Le vilayet de Bitlis a acquis, ces dernières années, une réputation particulière par les massaces des Arméniens à Mouch et à Sassoun, qui est Tun des cazas de ce vilavet.

Van. — Le vilayet de Van est plus élevé encore que celui de Bitlis ; en certaines parties du territoire, les montagnes atteignent .4000 mètres. Cependant, dans le sud, commencent de vastes plaines qui se prolongent en Mésopotamie. Il est arrosé par le cours supérieur du Tigre et baigné par le lac de Van, dont la superficie n'est pas inférieure à 63oo kilomètres carrés. Dans les régions supérieures, la température est froide et les hivers sont longs ; dans les basses plaines du sandjak de Hekkiari, le thermomètre monte jusqu'à ^o degrés et le climat est quelquefois malsaine

Le pays produit au nord du blé et de Torge, au centre

* Superficie 47*700 kil.oiT\ètres carrés.

Population 430.000 habitants.

Villes principales :

Van 3o.ooo liah. Djulamérik . r).cioo hab.

Haché-Kal . . 7.000 — Kjndrantz . . 4*000 —

LES ZONES GOMMERCrALËS (U

du maïs et du millet, au midi du riz. Il produit en outre beaucoup de plantes légumineuses » de la vigne et des fruits ; les grenadiers viennent dans le sud. Les forêts du nord ont été très déboisées ; celles du sud sont mieux fournies ; on y trouve le chéne-vert et le chêne à noix de galle. Les mines semblent être nombreuses.

L'industrie consiste dans le tissage à la main des étotfes de coton dites manoussas, la fabrication de la toile dite toile de Van, la fabrication des étoffes de laine dites cliayaks et abas, et la confection des chàls ou étoiFes faites avec des poils de chèvre.

Une centaine de voiliers à quatre hommes d'équipage desservent le lac de Van, qui pourrait alimenter un trafic très important. Sur terre, les communications se font par de mauvais sentiers frayés par les caravanes. Une route de 36o kilomètres va de Van à Erzeroum, en rejoignant à Hassan-Kalé celle d'Ërzeroum à Bayazid. La durée des transports sur cette route est de sept jours : les prix sont de 46 francs les aSo kilogrammes entre Erzeroum et Van et de 12 francs seulement entre Van et Erzeroum, au voyage de retour. Une autre route, longue de \o kilomètres, va de Van à Bitlis : enfin, une troisième, longue de 100 kilomètres, pénètre jusqu^à Bach-Kalé, dans le sud du vilavet.

M. Vital Cuinet évalue à 3. 600.000 francs les exportations du vilayet et à 3.700.000 ses importations.

SiVAS. — Le vilayet de Sivas est suffisamment élevé dans certaines de ses parties pour que Ton y connaisse en hiver des froids de 12 à i5 degrés et quelquefois plus. Il est arrosé par le Kyzil-Irmak, ancien fleuve Halys.

Le pays est avant tout agricole. La vesce et les céréales viennent dans les régions les plus rudes ; la vigne, l'opium, le mûrier et le tabac mûrissent dans les autres. Le sandjak d^Amasia produit tous les fruits d'Europe :

noix, abricots, prunes, amandes, poires, pommes, cerises et pêches. L'élevage, rudimentaire comme dans toute la Turquie, est surtout développé dans le sandjak de Sivas. Le poil des chèvres mohairs, qui fait U richesse du centre de TAsie Mineure, est ici de qualité inférieure. Les principales essences qui restent dans les forêts trop déboisées sont : le sapin, le pin, le genévrier, le chêne et le hêtre. La gomme adragante abonde dans les sandjaks de Sivas et de Kara-Hissar ^

Les industries locales portent sur les tapis, les bas et chaussettes de laine, la coutellerie, la fabrication d'étoffes de coton à raies dites doulouks, les fonderies de cuivre (Tokat), les tanneries.

La province est traversée par 1 200 kilomètres de routes dont les plus importantes sont celles de Sivas à Samsoun, Sivas à Ordou, Sivas a Césarée, Sivas à Kharpout, etc.

Le commerce général du vilayet peut être évalué à 18.000.000 de francs dont 12.000.000 à l'exportation et 5.5oo.ooo à l'importation. Les principales valeurs ù l'exportation sont les blés et farines, les fruits frais, les chaussettes de laine, les t<lpis, les peaux de chèvres, la laine, les pois-chiches, etc.

Le vilayet de Sivas donne accès au vilavet de Mamouret-ul-Azis par la route de Samsoun à Amasia-Tokat* Sivas, qui se prolonge dans le vilayet de Mamouret jusqu'à Malatia et Mezreh sur une longueur totale de 49^ kilomètres.

Mamouhkt-ll-Azis. — Le vilavet de Mamouret-ul-Azis est situé à peu près à égale distance de la mer Noire

i Supcriicie 08.000 kilomètres carrés.

Population 1.160.000 habitantij:.

Villes principales :

Sivas. . . . 49.000 hab. Zileh. . . . 27.000 hah. Amasiu. . . 33. 000 — Merzifoun . 20.000 —

Tokut . . . 29.000 — Kara*Hissar. 17.000 —

LES ZONES COMMERCULES 63

et de la Méditerranée. Malatia, la ville la plus peuplée, esta 280 kilomètres de Tune et de Tautre mer, mais Kharpuut^ la principale ville du commerce, est plus pro* che de la mer Noire (260 kilomètres) que de la Méditerranée (35o kilomètres).

Ce vilayet est couvert de montagnes déboisées, dont les plus hautes atteignent i45o mètres ; les vallées traversées par TEuphrate oriental et occidental sont larges, fertiles, et jouissent d'un climat sain et agréable, bien que la température soit parfois rude pendant Thiver.

Les productions naturelles sont : le blé, Forge, le maïs, la vigne, le coton, Topium, le mûrier. Les abricots de Malatia sont renommés. On trouve une mine de plomb argentifère à Kéban.

Les industries consistent dans la fabrication des tapis dits kilims, des mouchabas, qui servent à envelopper les marchandises, des étoffes de soie (Kharpout, Mezreh), des nianoussas (Eghin, Arabkir)^ des toiles de coton très concurrencées par Timportation européenne, des tanneries (Eghin).

L'éloignement de la mer et les aspérités du pays ont retardé le développement économique de cette province, restée étrangère k la civilisation européenne. Les produits européens n'y pénètrent qu'avec beaucoup de difficultés et beaucoup de frais. Le trajet de Mezreh ù Samsoun dure quatorze jours Tété et dix-huit jours l'hiver. Le total des frais de transport entre ces deux villes est de 16 francs à 22 fr. 5o le quintal métrique.

D'autres routes, plus ou moins mal entretenues, re-

^ Superficie 34.000 kilomètres carrés.

Population 570.000 habitants.

Villes principales :

Mezreh . . . 11.000 hab. Arahkir. . . 22.000 hab.

Kharpout. . 20.000 — Kiakhtah . . la.ooo —

Malatia. . . 21.000 — Ë^hin. . . . 10.000 —

lient Mczreh ù Diarbékii* (i5o kilom.), Malatia à Marach et Âïntab (vil. d'Alep), Mezreh à Arabkir et Eghin, etc. Quelques transports se font entre Kharpout et Alexandre tte par la route de Diarbékir, .au prix de i5 k 20 francs le quintal métrique, mais ils sont beaucoup moins fréquents et beaucoup moins importants que ceux de la mer Noire.

I/ensemble du commerce d'importation et d'exporta-^ tion du vilayet peut être évalué à 7.200.000 francs. D'après le rapport de M. Grenard, vice-consul de France à Sivas, la part approximative de la France est la suivante :

« La France fournit: 70 ^o ^^ café, 25®/q du sucre; 10 % de Tétain; 8 ^/^ des étoffes, 10 ^/^ de la mercerie, 80 ^/q des cuirs, 20 ^/^ des semelles, 4^ % àe la droguerie, 5ooo ou 6000 francs de bougies et diverses marchandises représentant la somme de 35o.ooo francs.

« Elle reçoit go ^/q des peaux de chèvres, 80 % de laines, tous les cocons à filer, la gomme adragante de deuxième et troisième qualité, c'est-à-dire presque tout, la noix de galle, 80 ^/^ des novaux d'abricots et des amandes, formant le total de 640.000 francs.

« La Tunisie reçoit pour 60.000 francs de maroquin jaune d'Eghin. » (M. 0. c, i3 juin 1901.)

D'après ces chiffres, la France occupe le premier rang b l'exportation et le quatrième à l'importation.

Castamol'ni. — Le vilayet de Castamouni, où se trouvent les trois ports de Sinope, Héraclée et Ineboli, est accidenté et traversé de rivières qui n'ont d'importance qu'au moment de la crue des eaux. Le climat, tempéré en général, est parfois très rude en hiver.

La production agricole consiste surtout en céréales, graines, légumineuses, fruits, opium, coton et tabac. Parmi les fruits, citons les pommes, pêches, cerises,

LES ZONES COMMERCIALES do

poires et coings. La culture du mûrier commence à se propager dans le caza de Zafranboli. La houille est abondante aux environs d'Héraclée et le sel gemme aux environs de Kangheri.

Le vilayet de Castamouni est Tun des mieux boisés de l'Empire ; les forêts recouvrent encore le tiers de sa superficie. Les principales essences sont le chêne, le hêtre, le châtaignier, Torme et le tilleul.

Il est traversé par onze routes carrossables qui forment dans la région montagneuse des lacets interminables. La principale de ces routes est celle dlneboli à Castamouni, qui mesure 90 kilomètres. A part les bois qui sont parfois confiés aux rivières lors de la crue des eaux, les transports se font d'ordinaire par voie terrestre, à dos de chevaux, de mulets ou de chameaux. Le prix de transport est d'environ 1 15 francs la tonne pour une distance de iSo kilomètres.

L'importance commerciale du vilayet est d'environ 10 millions à l'exportation et 9 millions à l'importatioai. Les bois de construction, poils de chèvre mohair, céréales, tissus indigènes, chanvre et cordages et les fruits frais représentent les principaux articles d'exportation.

Sinope est bâtie dans une presqu'île. Ses maisons blanches, s'elevant au milieu des jardins, lui donnent un aspect pittoresque et agréable.

Ses importations s'élèvent à environ i .200.000 francs, dont 400.000 francs avec la France (sucres, cafés, cuirs, etc.). Ses importations se montent à 2.100.000 francs

* Superficie 60.000 kilomètres carrés.

Population . 1.000.000 habitants.

ViUes principales :

Castamouni . iS.ooo hab. Sinope . . . 9.000 hab.

Kangheri . . i5.ooo — Ineboli . . . 9.000 —

Iskeleb . . . 10.000 — Zafranboli. . 8.000 —

Bolou. . . . 11.000 — Tossia . . . 8,000 —

Bartin . . . 9.000 — Hcracléc. . . 6.000 —

06 LA SnUATION CÉNÉKALE EN lUOO

dont Soo.ooo francs avec la France (céréales, graines de lin^ noix et châtaignes)..

Héraclée exporte de la houille et quelques loupes de diverses essences. Son port n'est guère fréquenté que par les navires de TEtat.

Ineboli, bâtie sur un terrain accidenté, est divisée en cinq quartiers dont le principal, désigné sous le nom de marché ou de port, forme la ville proprement dite. Une petite jetée protège les navires sur rade.

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