VII. Les sucs végétaux
Ap rès les huiles dont nous 'avons donné plus haut la nomenclature et la description, les autres sucs végétaux produits par le Levant sont certaines essences, Topium et quelques gommes, résines et baumes.
lo Bs««nee de romem et aatree essenees.
«pUnk. tr. quint. fr.
1897 n 947.7 fi ao 5a9.5
1899 (ess. de rose seulement) 4.39 364.5 0.61 5i.8
1900 ^ 5 200.1 1 io5.2
Détail bn 1900
quint. Tr. quint. fr.
Essence de roses. 85o fr. le kil. a 188.7 1 104.6
Autres essences .35 — 3 1 1 . 4 » 6
Export, par navires français . . 4 quint. — terre i —
Entre toutes les essences produites par les fleurs et provenant de leur distillation : essences d^amandes amères, anis, bergamote, cannelle, cédrat, citron, géranium, girofle, lavande, menthe, patchouli, romarin^ santal, rose et vétyver, les essences de roses sont de beaucoup les plus estimées et les plus chères. Leur prix élevé tient à la très petite quantité d^huile fournie par les fleurs.
La Bulgarie et le midi de la France comptent parmi les pays qui produisent les meilleures essences de roses,
Dans le Levant, on en fabrique en Palestine et en Perse. On ne doit pas confondre l'essence de rose avec Teau de rose dont les musulmans font un usage si fréquent dans certaines cérémonies religieuses et privées.
20 O^lvm.
quint. fr. qainl. tr.
1900 . . 22 fr. le kil. 1243 2.735.0 76 167 o
Export, par navires français (190*0). 1180 quint. — terre. 63 —
L'opium est un produit du pavot.
Le pavot est l'objet de soins tout spéciaux. On le sème en octobre, dans une terre préalablement fumée. Lorsque la plante commence à pousser, il faut avoir soin de l'arroser et d'enlever toutes les mauvaises herbes qui pourraient la gêner.
La floraison commence en mai. Après maturité complète et quelques jours après la chute des feuilles, on peut, si la température est sèche, procéder à la récolte de l'opium.
On l'obtient en opérant une incision autour de la tête du pavot. Il sort, par cette incision, un suc laiteux de couleur grisâtre, qui se coagule par évaporation et qu'on recueille le lendemain, après le lever du soleil. Ce suc, c'est l'opium. Un pavot donne a centigrammes d'opium. On réunit ensemble le produit de plusieurs têtes de pavots, de façon à former des boules ou pains d'environ 5oo grammes; on les laisse un peu sécher à l'air libre pour les durcir et on les enveloppe dans des feuilles de la même plante.
Pour les expéditions, on emploie des couffea contenant
une soixantaine de kilogrammes de boules ou pains d'opium ; mais à ces couiFes on substitue de plus en plus des doubles boites de fer blanc et de bois, qui résistent mieux aux voyages et aux manipulations.
L^opium devient de plus en plus brun en vieillissant et finit par noircir complètement. Il y a plusieurs qualités, mais les fraudes sont innombrables. Que ne met-on pas dans Topium, depuis la terre, — addition toute naturelle et fort commune — jusqu'à la pâte d'abricot et la colle de cordonnier ? Les plus connaisseurs s'y trompent.
Aussi là vente de cet article est-elle un objet de pure spéculation. Les prix varient de i5 à 90 francs le kilogramme; le prix courant est de 25 à 3o francs. On l'achète le plus commimément tel qucl^ c'est-à-dire que l'acheteur, tout en visitant les pains et rejetant ceux qui sont notoirement fraudés, est cependant obligé d'en prendre une partie qui n'est pas complètement pure. Acheter une caisse d'opium sans la visiter, c'est courir un gros risque.
La moyenne annuelle de la récolte de l'opium est de 6000 couffes. Lorsque les années sont bonnes, comme le fut 1899, la récolte monte à 8000 et parfois 9000 caisses.
Les régions productrices d'opium sont Salonique et les vilayets asiatiques de Brousse, Koniah, Angora, Mamouret-ul-Azis et Smyrne. C'est un des produits qui, en raison de son poids et de son prix, peut supporter les transports terrestres même lointains; c'est pourquoi il a pris un aussi grand développement dans TAnatolie centrale. Sur un total de 8000 caisses, Salonique en fournit 1800 et la Turquie Asiatique 6200.
L'opium de Salonique en Europe, de Malatia, Tokat, Amasia et Kharpout en Asie, qui est un opium à pâte fine et légère, est surtout destiné à être fumé.
L'opium de Smyrne, à pâte molle, convient plutôt à la pharmacie, où il est particulièrement estimé. Les qua-
lités les plus renommées sont celles de Baloukesser et d'Afioun-Karahissar* qui titrent ordinairement plus de 1 1 pour loo de morphine. L'opium des autres provenances en contient de 9 i/s2 à ii ; citons les opiums d'Angora, Nallé-Han. Lefké, Biledjik, Ghéïvé, Koniah, Kutahia, Bey-Bazar, Eski-Ghéïr, etc., récoltés dans les vilayets d'Angora et de Koniah; ceux de Tzal, Merméré, Kirkagadj, etc., récoltés dans les environs de Smyrne.
Ce n'est pas ici le lieu de faire ressortir les avantages ni les inconvénients de l'opium. Il procure, dit-on, des extases divines et le fleuve Léthé coule à Tombre des pavots.
Les statistiques nous ramènent à la réalité. De 1892 à 1 896, la Turquie a exporté :
1892 4^4. 4S0 kilog. i5. 363. 000 fr.
L'exportation représente donc 4^5 pour 1 00 de l'exportation totale de l'Empire ottoman.
Salonique exporte la totalité de sa récolte. Le surplus de la production se répartit entre Constantinople(4o 0/0) et Smyrne (60 0/0).
La plus grande partie de l'opium d'Anatolie est achetée directement par l'Angleterre ou s'en va aux Etats-Unis, via Londres; la Hollande achète de 3oo à 900 caisses pour ses colonies de Java et Sumatra, et la France n'en reçoit que de i5o à 200 caisses.
A Smyrne, les exportations d'opium ont atteint 44i3 quintaux turcs en 1897, 2.799 ^^ ^^9^ et 388o en
^ Afioun, en turc signifie opium.
1899. Les Etats-Unis ont pris les deux tiers de cette exportation. La France ne vient qu'au dernier rang, après TAngleterre, la Hollande et TEspagne ; elle achète seulement des qualités secondaires, dites yogourmas^ dont le prix moyen est de 17 francs le kilogramme.
(M, 0. C, 16 mai 1901.)
En 1 889, l'exportation totale avait été de fr. 5.459.000 dont 25 1. 000 pour la France. (Rougon, Smyme, p. 271.)
La France n'achète d'opium qu'à Smyrne.
Les autres ports qui ont exporté de l'opium en 1899 sont :
Samsoun : 33. 000 kilogrammes = ySg.ooo francs.
Alexandrette : 211.000 francs.
Bassorah : 65o caisses = i.SqS.ooo francs. Mais ce n'est pas là proprement un commerce turc. La totalité de l'opium exporté par ce port vient de Perse, via Bagdad, et s'en va à Hongkong pour les sept huitièmes, en Angleterre pour le reste.
L'opium, à son entrée en France, paie un droit de 100 francs les 100 kilogrammes, tant au tarif général qu'au tarif minimum.
30 domines.
quint. fr. quint. fr.
1900 . . I fr. 5o le kil. 3.890 554.3 3.075 4^' «3
Export, parnavires français 3.167 quint.
— — étrangers .... 730 — -^ terre 3 —
Les gommes sont des substances très diverses, tenues en suspension ou en dissolution dans la sève de certains
arbres, d'où elles sortent soit par exsudation, soit par incision, pour se solidifier au contact de Tair.
Les principales pommes du Levant sont la pomme adrapante, la fausse pomme adragante ou pomme de Sassa, la pomme de Bassora ou pomme kutera^ et la pomme arabique.
La gomme adragante s'obtient en pratiquant des incisions sur la tipe de divers arbustes appartenant à la famille des astragales. Par ces incisions, il sort un suc pommeux, qui s'allonpe en forme de lanières et prend une couleur blanche ou blonde. Ces arbustes croissent dans la partie occidentale du vilayet de Koniah, dans lesmontapnes duKourdistan et dans le vilayet de Mosoul, sandjak de Cheyrizor.
La pomme adrapante n est pas soluble dans Teau, elle absorbe seulement une prande quantité de ce liquide, elle se ponfle beaucoup et forme ainsi un mucilape très épais, qui bleuit par Tiode. Il en existe plusieurs variétés ; celle récoltée en Asie Mineure est la pomme en plaques assez larpes, de couleur blanche et portant des stries concentriques.
La pomme adrapante s'emploie pour Tapprêt des cuirs et de certaines étoffes. Les pharmaciens s'en servent pour donner de la consistance à certaines pâtes. Elle subit différentes opérations de triape avant d'être exportée : les blanches sont plus appréciées que les blondes. Les prix de vente varient entre 200 etSoo francs les 100 kiloprammes suivant la qualité.
La gomme de Sassa se ponfle moins dans Teau que la gomme adrapante, qu'elle sert à falsifier. Par sa composition, elle se rapproche beaucoup de la pomme arabique.
La gomme de Bassora est le produit d'une plante prasse, elle se ponfle beaucoup dans l'eau où elle se divise en parcelles sans cohésion. Elle est blanche ou jaune de miel k l'intérieur, arpentée k la surface. Une
variété très inférieure de la gomme de Bassora est la gomme hora^ excessivement dure et insoluble.
La gomme arabique est originaire de l'Irak- Arabi, d'où lui vient son nom. Le principal centre de production est Mendélé, dans le vilayet de Bagdad. Elle s'obtient par l'exsudation spontanée d'un arbre de la famille des légumineuses, nommé Y acacia ver a. La récolte se fait au mois d'août.
La gomme arabique n'a ni odeur ni saveur, elle est cassante et se réduit facilement en poudre.
Exportation. — Smyrne : 2.628 quintaux turcs en 1899 ; 2.5o5 en 1898 et 2.260 en 1897, partagés entre rAmériquc, puis TAllemagne, l'Angleterre, TAutriche et enfin la France et TEspagne.
Mersina : 1.046.000 francs pour la France en 1898 et fr. 491.000 en 1899. Les graines jaunes ou baies de nerprun entrant dans ce chiffre pour une part indéterminée. (M. 0. C, 8 nov. 1900.)
Alcxandrette : 276.000 francs en 1899, dont 55. 000 francs pour la France ; le reste pour la Turquie, TAngleterre, TAUemagne et ritalie. (B, C. C, 1901, I, 870.)
Enfin Bassorah : 7.53o ballots en 1899 contre 200 en 1898. La majeure partie va en Angleterre; la part de la France est dcaviron 20 pour loo. (M. 0. C, 6 juin 1901.)
40 Réniiies antres q«e de pin et de sapin.
qalnt.
fr.
quint.
fr.
Détail en
quint.
fr.
quint. fr.
Scammonée . 4^ fr. le kil.