oi
Export, par navires français (1900) . .
quint.
— — étrangers . . .
20 TalMie* fabriqué*.
Exportation en 1900.
Com. gcnér*
Cigares (en nombre) . 5oo »
Cigarettes . . • . i85 kil. 279.3 fr. Tabacs en poudre, en
carottes .... i45 — 114.» —
Com. spéc.
9 kil. 14.0 fr.
Le tabac est d'un usage général en Turquie; tout le monde fume, même les femmes. Jadis on fumait le tchiboukj longue pipe à fourneau étroit dans lequel on ntroduisait un peu de tabac ; sur ce tabac on mettait un morceau de charbon, on aspirait lentement quatre ou cinq bouffées et la pipe était fumée. Maintenant on fume plutôt la cigarette, entourée de papier d'origine française : le Job est préféré.
La culture du tabac est fort simple.
Vers la fin de septembre, quand les tiges de la récolte de Tannée sont desséchées, on récolte les graines qu^on laisse au sec pendant tout Thiver. On les ensemence en février, pour former des pépinières. Le rendement moyen
d'une pépinière est de 5o pour i oo de graine ensemencée. Il faut avoir soin d'enlever les mauvaises herbes qui peuvent pousser pendant la germination. Vers le milieu de mai, lorsque les plants ont atteint une certaine hauteur, on les repique à une distance d'environ 35 à 4» centimètres les uns des autres. Les tiges arrivent k maturité, au plus tôt dans la seconde quinzaine de juillet, au plus tard vers la mi-septembre ; elles atteignent alors une hauteur de o m. 8o à 1 m. 20.
La cueillette commence par les feuilles les plus basses qui sont les plus colorées et dont les nervures sont légèrement gonflées; on remonte ensuite insensiblement. Une plante saine doit donner de 20 à 3o feuilles, ou 20 à 80 grammes de tabac.
Après la cueillette, on abrite les feuilles pendant quelque temps sous des hangars pour éviter qu'elles ne soient séchées trop vite, puis on les expose pendant vingt ou trente jours au soleil. Lorsque ces feuilles ont le degré de sécheresse requis, on les réimit par paquet de 20 k 25, suivant leur grosseur; avec plusieurs paquets, on fait des ballots de 25 k 3o kilogrammes qui forment à leur tour en vue de l'exportation des ballots de 60 k 80 kilogrammes.
Pour obtenir du bon tabac, il faut attendre un an après la récolte avant de le manufacturer ; deux ou trois ans vaudraient encore mieux. Par contre, au bout de cinq ou six ans, le tabac se détériore et perd sa couleur
dorée. (B. C. C, 1897, I, p. 68 et suiy.)
Jadis la fabrication du tabac était libre ; plus tard on mit un impôt sur les produits fabriqués; eniin, en i883, on créa la Régie co-intéressée des tabacs de l'Empire ottoman^ qui est une Société filiale de l'Administration de la Dette publique, k laquelle elle paie annuellement une redevance de 16 millions. Comme tous les tabacs étrangers sont prohibés, on doit nécessairement consom-
mer du tabac indigène. Les amateurs s'en plaignent; il paraît que ce tabac est extraoi*dinairement fade.
La Régie possède un grand nombre de manufactures , dont les principales en Asie Mineure sont à Samsoun, Smyrne, Magnésie, Adana, Alep, Beyrouth, Damas et JafFa. Elle fabrique huit qualités différentes, dont les prix oscillent entre 6i fr. 60 le kilogramme pour les extra-extra et 5 fr. 60 pour les tabacs de dernière qualité. On fabrique encore des tabacs pour soldats, qui sont vendus deux sous le paquet de 3i grammes.
Le tabac ordinaire est emballé dans des boites en carton ; les tabacs extra dans des boites en fer-blanc. Les cigarettes ont toutes les grosseurs et toutes les qualités : les plus fines pèsent i kilogramme le mille. Le prix au mille est de i32 francs pour les fabrications spéciales et de 1 5 fr. ^o pour les qualités inférieures.
La Régie fabrique encore des tabacs spéciaux pour narghilé, qui se vendent de 5 fr. 60 à 8 fr. i5 le kilogramme. On trouve des qualités inférieures k des prix plus réduits.
On fume peu le cigare, il dure trop longtemps. La Régie n'en fabrique pas, mais il en vient quelques-uns de l'étranger, soumis préalablement à un droit de 75 pour 100 ad valorem.
Toute la Turquie produit du tabac. 11 y a cependant des centres de production plus favorisés que d'autres. On cite en Europe, Andrinople, Cavalla, Salonique et, en Asie, Trébizonde, Samsoun, Brousse, Ismidt, Smj'rne, Mont-Liban, Suleïmanié (dans le vilayet de Mossoul).
Dans toutes ces contrées, la Régie exerce une surveillance très active et parvient à enregistrer, à 3o pour 100 près, la totalité de la production. L'écart appartient à la contrebande. Dans les centres de production restreinte, la surveillance est moins grande et l'écart peut aller jusqu'à 60 pour 100. Pour se rapprocher de la vérité, il
faut donc augmenter d'environ un tiers les chiffres de production qui nous sont communiqués par l'Administration des Douanes.
Cette production a été :
1886 . 17.a25.000 kilog^rammes.
Cette production serait encore plus importante, si la Régie ne créait aux cultivateurs toute sorte de difficultés, tant pour la culture que pour l'estimation des produits, quand ils sont sur pied.
La très grande majorité de ces tabacs sont consommés dans TEmpire. Cependant des stocks de plus en plus considérables sont exportés à l'étranger. Le droit exclusif d'exporter a été concédé par la Régie à une Société connue sous le nom de Turkish Régie Export Company, au capital de 2.5oo.ooo francs^ dont le privilège expire en 1914* Slle doit payer à la Régie les tabacs qu'elle exporte au prix coûtant majoré de 10 pour 100.
Lorsqu'on expédie du tabac à l'étranger, k Marseille par exemple, il faut qu'au bout d'un certain temps l'expéditeur puisse reproduire à la Régie des pièces établissant que ce tabac est réellement entré dans la consommation. Si de Marseille, le tabac est réexporté, il faut que la douane du dernier pays importateur établisse pour l'expéditeur les pièces justificatives des poids qu'elle a reçus et consommés.
En dépit de ces mesures qui gênent le commerce,
TEmpire ottoman exporte chaque année de 35 à 4o.obo kilogrammes de tabac et cette proportion a plutôt une tendance à augmenter. L'importation française notamment est en progrès constant : 767.000 francs en 1897, et i.33i.ooo francs en 1899. La majeure partie de ces tabacs passe en transit à travers notre pays. Les principaux ports importateurs de l'étranger sont Anvers et Hambourg.
Ces tabacs sont expédiés en feuilles ou en côtes : la part des tabacs fabriqués est insignifiante.
Trébizonde. — Les tabacs de Trébizonde sont de qualité inférieure et servent surtout pour les mélanges. Il y a peu de temps encore, la totalité de la récolte était exportée à Constantinople ; maintenant, on fait des exportations directes à l'étranger.
En 1898, la part de la France a été de 83. 100 francs.
Les tabacs exportés paient à la régie un droit de 20 centimes par kilogramme lorsqu'ils vont en Europe et 60 centimes lorsqu'ils vont en Egypte. f/^C.C ,igoo,9août.) . Sams'oun. — Samsoun ne produit que des qualités secondaii*es. Les bonnes espèces viennent de BaiFra et des environs. Le commerce des tabacs est le plus important de toute la place : 3. 825. 000 francs en 1899, 3.705.000 en
lQOO.(B, G, C, 1900, I, 470.)
La part de la France est très variable : 697.000 francs en 1899. (M.O.C.^ 9 août 1900), 6.900 francs en 1900.
Smyrne, — Les plantations de tabac augmentent -d'année en année dans le vilayet de Smyrne, qui produit environ 2 millions de kilogrammes, dont i million 1/2 dé tabacs odoriférants, genre Ayassoulouk et Soo.ooo de tabacs commim genre Magnésie.
Les tabacs odoriférant sont très chargés en nicotine et sont surtout destinés à l'exportation. Ils tirent leur nom de la ville d'Ayassoulouk ou Ephèse, qui les pro-
. duisait primitivement. Mais, comme la culture de ce tabac épuise le sol en une dizaine d'années, elle se déplace : elle est aujourd'hui répartie entre Scala-Nova, Sevké, Seïdeukeuï, Eudemich et Milas. Le prix moyen a été en
Scala-Nova. 7 fr. 72 le kilo. Milas . . . 7 fr. 62 le kilo.
Eudemich . 6 fr. 92 — Seïdeukeuï 5 fr. 3a —
La consommation indigène préfère et utilise les tabacs dits de Magnésie qui, en 1899, se sont vendus en moyenne 3 fr. 10 le kilogramme et ceux de Pergame qui se sont vendus 2 fr. 77.
L'exportation atteint un chiffre de 2 millions de francs, dont la moitié va à Constantinople. Pour le surplus, les trois cinquièmes s'en allaient en Russie, jusqu'au* jour où ce pays a frappé les tabacs turcs d'un droit de 5o pour 100. L'exportation se partage aujourd'hui entre la Russie, Hambourg, Dresde, l'Egypte, l'Angleterre, la Roumanie, l'Autriche et l'Italie. La part de la France est insignifiante : 25 à 5 0.000 francs.
L'exportation maximum d'Alexandrette a été de 236.000 francs en 1890 et l'exporta^tion minimum 3o.ooo francs en 1891. Aucune quantité appréciable n'est exportée en France. (Vemey, p. i63.)
Lattaquieh produit des tabacs dont la réputation ne le cède en rien à celle des tabacs genre Ayassoulouk ; ce sont les abou rita. L'exportation annuelle est de aoo.ooo francs à destination de T Angle terre.
Les tabacs en feuilles ou en côtes introduits en France pour la régie sont exempts -de droits ; ce commerce est interdit aux particuliers. Les tabacs fabriqués sont également exempts de droits pour la régie ; pour l'usage personnel des importateurs et jusqu'à concurrence de 10 kilos par année, les tabacs à fumer du Levant sont frappés d'un droit de 2.5oo francs les 100 kilogrammes.