francs
Il semble bien difficile que, sur une exportation totale de 1.106. 9*27 francs, nous ayons pu en prendre pour 3. '2 19.368 francs.
Comme aucun rapport consulaire français, belge ou britannique ne parle pour la France d'un chiffre qui atteigne seulement 100.000 francs pour les tissus, nous nous en rapportons aux chiffres de la douane ottomane, comme étant les plus simples et les plus vrais. Et, pour ne mécontenter personne, nous unissons sous une même rubrique les cotons et cotonnades dans le chiffre global de 4.699.057 francs en 1896 et 4>94>-^i4 francs en 1899, sans nous dissimuler que ce chiffre est trois ou quatre fois trop élevé. Nous pourrons ainsi expliquer comment le seul port d'Adana a pu exporter en 1898 fr. 169.370 de coton, tandis que nos statistiques ne déclarent qu une somme de 77.707 francs pour tout TEmpire.
Bien que les tissus de coton ne soient pas eux-mêmes Tobjet d'un important commerce d'exportation, il n'est
pas sans intérêt de décrire cette industrie qui, avec celle des soieries indigènes, constitue Tune des branches les plus originales de la fabrication orientale.
Cette industrie qu'alimentent les fils de coton indigènes et les filés d'Europe n'est pas en progrès. Les cotonnades étrangères se substituent de plus en plus aux cotonnades locales.
Chaque région a ses procédés et ses produits particuliers ; néanmoins, on ramène les objets fabriqués à trois ou quatre types principaux :
Les aladjas,
hes pechtimals ou linges de bain.
Les manoussas qxxi servent aux habillements féminins.
Les fils indigènes qui entrent dans la composition de ces tissus sont en général filés à la main ; on ne comi)te que quelques filatures mues à Teau à Adana, Tarsous et Marach.
Examinons, aussi brièvement que possible, la production propre à chaque province.
Trebizonde importe des filés d'Europe pour faire des manoussas.
Brousse a la spécialité des pechtimals. Ce sont des tissus pelucheux en coton blanc uni qu rayé d'or, et des tissus en coton bleu foncé à bandes de soie rouges et jaunes. Ils sont imités et concurrencés par la fabrication européenne. On exporte, néanmoins, un certain nombre de pechtimals.
Dans la plupart des localités, on fabrique des cotonnades rayées à l'usage particulier du pays, d'un joli aspect, solide et d'un très bon marché. Brousse fabrique encore des étoffes de coton mélangées de soie.
Castamouni produit de grosses étoffes très communes.
Smyrne fabrique des pechtimals et des manoussas à Cadi Keuï, et dans diverses localités des cazas de Bouladan et de Denizli. Bouladan fabrique encore des couver-
tures de lit et de table en coton blanc et soie jaune, d'un joli etFet, qui sont fort recherchées.
Le vilayet de Koniah produit des aladjas, les uns ordinaires, les autres fins et mélangés de soie, d'autres encore bariolés. Les femmes fabriquent dans le district d'Adalia des étoffes nommées dimit et bez.
Le vilayet de Sivas occupe 8000 métiers à Mersifoun et 25oo à Amasia. On y fabrique des étoffes à raies dites doulouks^ vendues par pièces de 6 m. 12. C'est une industrie essentiellement domestique; les ouvrières répugnent à travailler dans les usines. Sivas exporte dans les contrées voisines pour 4''>«-ooo francs d'étoffes.
Le vilayet de Mamouret-ul-Azis produit environ I million d'étoffes à fleurs. On compte 1000 métiers à à Arabkir et 200 ù Eghin. Les uns et les autres sont des métiers k la main et le travail s'accomplit en famille. Les tissus valent en moyenne o fr. 70 le mètre carré. Ils sont excessivement solides et raides ; on les teint aux couleurs végétales. (U, 0. C, i3 juin 1901.)
Di&rbékir fabrique environ 60.000 balles d'étoffes de coton ou d'étoffes de soie et coton dont 4o.ooo sont vendues dans les contrées limitrophes.
Mais la principale industrie de Diarbékir, c*est la broderie sur étoffe de soie, de coton ou de laine. Sur les vêtements, on applique des broderies d'or ou d*argent. Le travail exécuté par les femmes donne les motifs les plus variés et les plus fantaisistes. Une certaine quantité de ces broderies est exportée à l'étranger.
Dans les vilayets de Bitlis, de Van et de Mossoul^ on tisse à la main des manoussas et un genre spécial nommé satrany-chayak ; ce sont des étoffes usuelles.
Il faut descendre aux vilayets d'Adana et d'Alep pour trouver des centres de fabrication plus importants et un certain commerce d'exportation. Il y a des filatures à Tarsous, Adana et Marach; celles de Marach sont au
nombre de 1200. Les fils vont en Caramanie et en Syrie, surtout à Âlep et à Âïntab. La production locale étant insuffisante pour alimenter les métiers, on est obligé de recourir à l'importation des filés étrangers. Les tissus obtenus accusent la plus forte production de TAsie- Mineure. En 1899, le port d'Alexandrette a exporté pour 4.io2.5oo francs de tissus. Ces tissus, ayant un caractère purement oriental, sont surtout à destination deTEgypte et des autres ports de la Turquie. L'Europe n'en a reçu qu'une faible partie : 19.000 francs seulement sont venus en France. {B, c, c, 1901, i, 868)
La fabrication de Bagdad se différencie profondément de celle des autres vilayets. Cette ville fabrique pour la consommation locale ou pour Texportalion en Arabie, à la Mecque et dans le monde musulman :
Les ïzars ou tcharchafs, grandes pièces d'étoffes dans lesquelles les femmes s'enveloppent et se voilent le visage.
Des keffiés, unis ou rayés, dont le tissu est mélangé de fils d'or ou d'argent et qui servent de coiffure aux femmes.
Des lankias^ sorte de foulards pour les Arabes du désert; enfin, àe^zebouns ou robes.
Tous ces articles se fabriquent également en soie ou en tissu de soie mélangé de soie, de laine et coton.
Le commerce d'exportation est loin d'atteindre les chiffres que lui assignent nos statistiques.
Constantinople exporte 2 millions à 2 millions et demi de kilos de coton, dont les trois quarts lui viennent d'Adana et le surplus des autres provinces d'Asie.
Smyrne a exporté en 1897, 87.141 quintaux turcs, en 1898, 36.i4i et en 1899, 63 189. Ces quantités ne représentent pas seulement la production locale, mais encore une grande partie de la production d'Adana. En 1889, l'exportation pour la France avait atteint le chiffre de
32i EXPORTATIONS DU LEVANT EN FBANCE
2o5.'i49 francs (Rougon, Smymc, p. 271) réduit à 65. 670 fr.
en 1895. (D.CC, avril 1897, p. 97.)
La production d'Adana^ en 1899, a atteint une valeur de 9 millions de francs, soit 55. 000 balles ou 10 millions de kilogrammes. (M. o. c , 16 mai 1901.) La part de la France dans ce trafic a été de 576.180 francs contre 169. 780 fr.
en 1898. (M, O.C, 8 nov. 1901.)
Les exportations des autres ports sont insignifiantes. Celle d* Alexandre tte s'est élevée en 1899 a 19.000 francs pour les tissus. L'exportation des cotons en laine a été encore moins importante.
Les cotons en laine sont exempts de droit à leur entrée en France. Les fils et les tissus de coton paient des droits fort élevés, dont Ténumération fort longue et très compliquée ne saurait ici trouver sa place ^
30 Chanvre, bro/é ou telUé.
quint.
fr.
quint.
fr.
1899 S.yfif*
1900 . .o.7r»lekg^. 4.114
Export, par navires français
4094 qui II
itaux.
— terre —
Chanvre en éioupe ou peigné.
Chanvre en étoupe 0,67 le kg. (1900) i quint.
— peigné 1,47 — 6 quint. 900 fr.
Le chanvre aujourd'hui si commun en Europe, est
* La France a importé, en 1899, 2.33o.ooo kilog. = 9.800.000 fr. de fils de coton, contre 2.910.000 kilog. =8.900.000 fr. en 1898.
Les entrées de tissus ont clé, en 1899, de 3.874.000 kilog.= 43.700.000 fr. contre 3.8oo ooo kilog. = 37.600.000 fr. en 1898.
Nous recevons les fils d'Angleterre, d'Alleningnc, de Suisse cl de Belgique; les tissus d'Allemagne et d'Angleterre.
originaire de TAsie centrale. En Turquie d'Asie, il se récolte surtout dans les vilayets de Castamouni et de Smvrne et en Svrie, aux environs de Damas. Il est en général mal cultivé et de qualité inférieure. L'opération du rouissage est faite d'une façon défectueuse.
On distingue dans le commerce, le chanvre brut simplement broyé ou teille ; le chanvre peigné, c'est-à-dire prêt à être mis en œuvre par le tisserand, et le chanvre eu étoupe qui consiste en filaments plus ou moins mê lés, provenant du rouissage.
La Turquie n'exporte guère que du chanvre broyé, c'est-à-dire du chanvre dont la braye a enlevé les matières ligneuses, pour ne laisser que' des filaments réguliers.
Le chanvre est très employé pour la fabrication de la toile et pour celle des cordes, ficelles et cordages. Toutefois l'usage du coton se substitue de plus en plus à celle du chanvre pour la fabrication des articles de toile, tels que chemises, draps et serviettes.
La quantité de chanvre récoltée dans le vilayet de Castamouni est évaluée entre a.Soo.ooo et 3 millions de kilos, dont i million de kilos sont exportés à l'étranger à l'état brut par les ports d'Uniah et d'Ineboli. Ineboli, en 1900, en a exporté pour 2.o35.ooo kilos, 436. 000 fr,, dont iSo.ooo kilos, 60.000 francs pour la France, autant pour la Turquie, 260.000 francs pour l'Italie, etc.
(li. ce, mars 1901, p. £14.)
Samsoun en 1898 en a exporté en France pour 8.000 francs.
L'exportation de Smyrne pour la France avait atteint 1 13. 600 francs en 1896, contre 25. 000 francs en Italie et 6000 en Angleterre.
Les ficelles et cordages, fabriqués dans le Levant, sont aussi l'objet d un certain commerce, à Ineboli et à Damas, mais ce commerce se fait surtout avec Constantinople.
Les puissances étrangères n y participent que pour une quantité négligeable.
4° Drilles.
qainl. fr. quint Tr.
1898 8.3oa 288.4 6.431 186.8
Les drilles sont des chiffons de chanvre, de lin et de coton, employés pour la confection du papier. Dans les pays où la consommation du papier est considérable, comme en France, l'exportation des drilles est très faible, on les réserve pour l'industrie nationale; mais en Turquie où il n'existe aucune fabrique de papier et où d'ailleurs l'emploi du papier est très restreint, toutes les drilles vont à l'étranger. C'est ainsi que la France en reçoit chaque année pour 176.000 francs environ.
Les pays qui achètent le plus de drilles sont les Etats- Unis et l'Angleterre.