III. Métaux
Le commerce des métaux avec la France n'a pas été
inférieur en 1900 à 3.916.000 francs. Voici les subdivisions principales :
Plomb arçentifère ....... i.a62.5oo francs.
Cuivre pur 99.000 —
Cuivre en limailles 731.900 —
Etain et zinc 77.000 —
Antimoine 2.25o —
Manganèse 824.200 —
Borax 465. 000 —
Minerais divers 486.400 —
Ferrailles 16.700 —
1" Plomb «ri^entifère.
1900. 60 fr. le kg. 21.339 1.280,0 21,042 i.s63,o
Ëxport. par navires français. . . 16.754 quintaux. — — étrangers. . ^.bSb —
L'exportation du plomb non argentifère à destination do la France a été seulement de 208 quintaux valant 9.900 francs.
La Turquie produit et exploite du plomb argentifère ; mais ce minerai n'est pas traité dans le pays, parce qu'il contient trop d^antimoine et d^arsehic, et qu'il est trop cassant. Pour les mines éloignées de la côte, le manque de route et les frais de transport du charbon créent une autre difficulté.
Un ingénieur russe, M. TchichatchefF évalue à 780.000 kilogrammes la quantité de minerai qui pourrait être extraite chaque année, si les mines actuelles étaient toutes exploitées, mais on en compte seulement trois ou quatre où Ton travaille d'une façon plus ou moins régulière. * Dans le vilavet de Brousse, nous trouvons celles de Hodja-Gumuch, sises à Balia, sandjak de Karassi. Cette mine concédée primitivement à un nommé M. Risser fut transférée par lui à la Société hellène des mines du Laurium, qui la céda à son tour à une Compagnie Ottomane. La mine de Hodja-Gumuch est exploitée depuis 1882. Elle a produit en 1899, 62.417 tonnes déminerai, contenant 4^ ^ *^o pour 100 de plomb, et 1.800 à 2.5oo grammes d'argent par tonne, estimée en moyenne à une valeur de 276 à 345 francs. Les puits vont jusqu'à 120, i4o et même 180 mètres de profondeur. Cette mine est reliée au port d*Adramit, par où s'expédie le minerai.
La mine paie au gouvernement une redevance de 3 ^o de la valeur du minerai à l'extraction et de i •/© à l'exportation. (V. V. Cuinet, IV, 17.)
Les mines de Bulgar-Dagh, dans le Taurus, à 60 kilomètres au nord de Nigdé, ne paraissent pas moins riches que les précédentes. Elles ont été découvertes en 1825 par Âpostol Oglou et bientôt après exploitées par
le Gouvernement. On en retira longtemps 6 à 700 kilogrammes d'argent et environ 70.000 kilogrammes de plomb ; avec une meilleure exploitation, on finit par obtenir 1875 kilogrammes d'argent et 260 000 kilogrammes de plomb, et même une certaine quantité d'or : 12 kg. 5oo. Le revenu net était de 4^0.000 francs.
Cette situation dura jusqu'en 1878. Depuis ce temps, la mine n'est exploitée que d'une façon intermittente. Le gouvernement Ta concédée en 1888 à M. Coranio, banquier à Constantinople, qui ne Ta pas exploitée.
Dans le vilayet de Sivas, les mines de « Lidjassi » entre Kerassunde et Kara-Hissar pourraient procurer de beaux bénéfices s'il était possible d'extraire le minerai à la dynamite et de le traiter sur place, mais la dynamite est proscrite en Turquie et les frais de transport du charbon sont trop élevés; la Société concessionnaire qui avait installé une fonderie, a dû l'abandonner. Ces mines appartiennent à une Société anglaise : YAsia Minor Mining Co. ; en 1891, elles ont produit 1 6.634 tonnes de minerai brut et 1.089 tonnes de plomb argentifère ; en 1895, la production est tombée à 700 tonnes de minerai etSoo de plomb argentifère. On se contente aujourd'hui de laver le minerai avant de l'exporter. (Vemey, p. 4i5.)
Les mines de Gumuch-Hané, au nombre de 87, dans le vilayet de Trébizonde, ne sont exploitées que d'une façon intermittente. Elles appartiennent k l'Etat et donnent, au moment de l'exploitation, 4o ^ 60 pour 100 de minerai brut et de 1 à 5 grammes d*argent par kilogramme de plomb. Elles contiennent même un peu d'or. Ces mines descendent à une profondeur de 80 mètres.
En dehors des mines productives, nous pouvons considérer comme valeurs d'attente et d*espérance :
Les mines de Tchal-Dagh (Trébizonde); Amasia et Gamlé Bel (Sivas); — Balikesser, Armoudjé, Gunchelar,
:Vi4 EXPORTATIONS DU LEVANT EN FRANCE
Kinizlaret Ghemlek (Brousse); — Tchiftililk) Calourdjé et KaTaL-Souftsmidi); — Lampsaque (Bigha); — KiniiQvé(Smyrne); — Rhodes, Samos, Imbros et Chio (A rchipel); — Elmadagh, Âkdagh, Dcnek-Maden et Kircheïr (Angora)^ appartenant pour la plupart à des Sociétés anglaises ; — Kosan-Dagh (AdanaJ.
Les mines de Keban-Maden (Mamourel-ul-Azis), jadis exploitées par le gouvernement sont abandonnées depuis 1876. Le village qui s^était formé autour de ces mines et qui comprenait 3. 000 maisons, n^est plus qu'un amas de ruines où il subsiste à peine 3oo habitations. Les bâtisses et fourneaux et jusqu'aux galeries de la mine, tout s'est effondré.
ao Cuivre.
1900. 180 fr. le quint. 5.921 q. 1.066.0 fr. 55o q. 99.0 fr. Exporté entièrement par navires français.
Limailles et débris de vieux ouvrages.
quint. fr. quint. tr.
1897 12.527 i.5o3.o 1.780 ai4.o
1900, i3o fr. le q. ia.182 1.584.0 5.625 732.0
Export, par navires français. . 1 1.688 quintaux.
— — étrangers . 395 —
— par terre 99 —
Ouvrages en cuivre pur et allié.
1900. . . 3o8 quint. i3^.3oo fr. 35 quint. 42*5oo fr.
Détail
le kg. fr.
Chaudronnerie ... a
Objets d'ornements . i6,5o Autres ouvrages , . 3 Artic. de lampisterie 7
quiot.
tr. •
quint.
tr.
MATIÈRES MINERALES 345
Les seules mines de cuivre en exploitation se trouvent dans le vilayet de Diarbékir. Elles sont au nombre de deux : les mines d'Arghana-Maden et de Palou. La première est exploitée directement par TEtat et la seconde appartient à des particuliers.
La mine d'Arghana, sur la rive droite du Tigre, a été découverte en Tan 1096 de notre ère ; on ignore k quelle époque Texploitation a commencé. Les gisements connus occupent aujourd'hui une superficie de 12.000 mètres carrés. L'Etat en laisse, sous sa surveillance, l'exploitation aux habitants, à la condition que le minerai lui soit vendu à un prix déterminé. Le cuivre obtenu est transporté soit à Samsoun, soit à Alexandrette, moyennant un prix de transport de i5 à 22 francs le quintal métrique. Lorsqu'il sort par la mer Noire, il passe par Tokat, où il est affiné et prend le nom de cuivre de Tokat, sous lequel il est connu sur les marchés d'Occident. A Marseille, on cote le Tokat en plaques 175 francs. Mais ce sont surtout Berlin et Trieste qui achètent le cuivre d'Arghana.
La teneur du minerai d^Arghanaest de 3o pour 100 de cuivre, 4^ pour 100 de fonte^ 3o pour 100 de soufre.
Le nombre des ouvriers occupés aux mines est d'environ 600, la plupart grecs, kurdes ou arméniens ; ils touchent un salaire moyen de 3 fr. 20 à 4 fr. 5o par jour. Le travail est dur et l'exploitation devient de plus en plus difficile par la pénurie des combustibles nécessaires au grillage du minerai. Il y a quatre ans, on pouvait encore trouver du bois à i5 kilomètres d'Arghana; aujourd'hui, il faut aller le chercher à 5o kilomètres.
La mine dite de Palou se trouve à 17 kilomètres de cette ville au village de Klochin. Le minerai est de qualité inférieure à celui d'Arghana. La mine est donnée à ferme moyennant 5 7o àe son revenu but.
L^exportation du vilayet de Diarbékir a été en i8c)c)
346 EXPORTATIOIfS DU LEVAFÎT EN FRAîtCE
de 6.2'2o.5oo kilogrammes d^une valeur de 6 469*328 fr.
(M. 0. (7., 4 avril 190 1.)
L'industrie du vieux cuivre est moins importante. Elle provient en majeure partie de la destruction d'appareils condamnés ou hors d usage.
Le vieux cuivre est à Constantinople^ Tobjet d'une vente assez importante. Elle se chiffre pour Tannée igoo par un chiffre de 286.000 kilos, dont :
4o à 5o tonnes de vieux cuivre non étamé et 1 5o à 200 tonnes de vieux cuivre étamé. (B. C. C, 1901, l, «04.)
L'expédition se fait en barils.
Cet article était autrefois dirigé sur France et sur l'Angleterre. Il va aujourd'hui de préférence en Allemagne.
Dans le Levant, Alexandrette a exporté en 1899 pour 1.800.000 francs de cuivre et de vieux cuivre, dont 108.000 à destination de la France, le reste pour TAngleterre. (B. C. C, 1901, 1,869.)
3* ElAia et Biae.
Le zinc et Fétain ne donnent lieu qu'à un chiffre d'affaire très restreint.
En 1900, il a été importé de Turquie en France 2.65o francs d'étain en saumon, barres ou plaques et 1 3.600 francs de limaille et débris de vieux ouvrages en étain : au total 26.200 francs.
Des mines d'étain se trouvent à Eski-Chéïr, vilavet de Brousse.
L'exportation du zinc s'est élevée à 6 1 .000 francs dont 19.000 francs déminerai et 3 1. 000 francs de limaille.
Le zinc se trouve à Yartchim et à Kirazli-Yaïla (vil. de Brousse), à Samos et dans File de Chio. Dans cette dernière île, les mines dites de Cumbia ont été concédées
à une Société internationale, qui s'est constituée au capital de 2 millions de francs^ en 2.000 actions de 100 francs.
4* Borftte de ehanx.
quint. tr. qula(. fr.
1896 II.023 49^ -o II.023 ^96.0
1897 SH.iSj) 763.1 38.i59 763.1
i9ooo.i51ek. 3 1.004 /^Oîy.o 3 1.004 4^^*^
Export, par navires français. . . i3. 004 quintaux. — — étrangers . . 18.000 ^
Borax brut.
qolnt. fr, quint. fr.
1900. . . . 0.40 le k. 54 a. 100 54 2.100 Exporté par terre.
Les premières mines de borax exploitées en Turquie sont celles de Karassi (vilay et de Brousse), concédées en 1866 è l'un de nos compatriotes M. D.esmazures, ancien employé de la Société des Phares ottomans. M. Desmazures ne tarda pas à céder ses droits à une compagnie franco-anglaise, où toutefois Télément anglais domina, la Borax Co, De nouvelles mines ayant été découvertes dans la même région à Demir Kapou et Sultan Tchaïr, elles furent concédées au maréchal Fuad Pacha, qui les rétrocéda en 1889 à deux de nos compatriotes lyonnais, MM. Vial et Pradel. Ceux-ci fondèrent pour l'exploitation une Société qui prit le nom de Société lyonnaise des mines de Borax.
L'exploitation, intelligemment dirigée, produisit d'heureux résultats, mais la concurrence des deux Sociétés asiatiques et celle plus dangereuse encore de nombreuses Sociétés américaines firent baisser les prix à un chiffre à peine rémunérateur. Après s'être fait la guerre, toutes
ces Sociétés prirent, en 1899^ ^^ parti de s'unir en une seule et immense Société, défiant toute concurrence, qui prit le titre de Borax Consolidated limited^ au capital de 35 millions de francs. Cette Société a son siège à Londres et le Conseil d'administration est exclusivement anglais ou américain. Les usines françaises, installées à Maisons- Laffitte et à Lyon, ont conservé leur direction nationale.
En dehors des trois mines d'Asie Mineure, la Borax Consolidated comprend quatorze mines en Amérique et au Chili. M. Francis Laur, dans un livre sur les Accaparements, a exposé la constitution de cette Société gigantesque, qui s'inspire des trusts américains. Sans prendre parti dans le débat^ nous nous bornons à constater qu'après la formation de la Consolidated, le prix du borax a remonté de 25 pour 100.
L'exportation annuelle des mines de borax d'Asie Mineure est d'environ 10.000 tonnes, qui se répartissent entre l'Angleterre, la France, l'Allemagne, la Suisse et la Russie. La part seule de la France est de Jiooo à 45oo tonnes. Le prix de la tonne est de sSo à 275 francs.
Ses minerais sont expédiés à Marseille ou au Havre, après avoir acquitté un droit de sortie d*environ 4o francs par tonne. Le borax brut est exempt de droit à son entrée en France.
La Consolidated possède, en France, deux usines qui travaillent le borax, l'une à Maisons-Laffitte et l'autre à Lyon. Elle fournit du minerai à une troisième, l'usine Maletra, de Rouen. L'usine de Maisons-Laffîtte reçoit chaque année environ 25oo tonnes, celle de Lyon 1000 à 1200 et celle de Rouen 6 à 800.
Les usines étrangères sont celles de San-Francisco et Rayonne, aux Etats-Unis ; Belvédère, Connah's quay, Kidsgrove et Tunstall, en Angleterre et Vienne, en Autriche,
MAÎIËKES MilVÉRALES
Le borax sert à plusieurs usages. Sa principale application est de servir de fondant pour tout ce qui est émaillage, soit dans la fabrication des fers et fontes émaillés, soit dans Tindustrie céramique. On connait Tusage de lacide borique en pharmacie. Enfin, le borax est employé pour la blanchisserie du linge.
Bien que la Consolidated soit, par la composition de son Conseil, une Société exclusivement anglo-américaine, les intérêts français qu'elle englobe y sont encore suffisamment nombreux et distincts pour que Ton puisse continuer à revendiquer pour notre pays les seuls intérêts miniers que nous possédions réellement en Turquie d'Asie.
On rencontre encore du borax dans le caza de Gunan (vilayet de Brousse),le mutessariflikdeBighaetlesvilayels de Van et d'Erzeroum ; mais aucune de ces mines n'est exploitée. On en ignore l'importance.
5» Antres minerftiii.
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Détail