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II. Les pierres, terres et combustibles minéraux

Il faut ranger dans cette catégorie les pierres lithographiques, les pierres à aiguiser, les bitumes, la houille et le pétrole, qui donnent lieu à des trafics d^inégale importance.

hespierres lUhoffraphiquesseiroviyentprès de Brousse et de Mikhalitch; elles sont de bonne qualité et leur grain est fin et assez dur. La concession de Mikhalitch a été accordée récemment à un Syndicat anglais.

La France reçoit annuellement de Turquie pour un millier de francs de pierres lithographiques. Celles dont nous nous servons habituellement viennent plutôt d'Allemagne.

Le commerce des pierres à aiguiser est plus important; il s'est élevé en 1900, tant au commerce général qu'au commerce spécial à 2 1 73 quintaux valant fr. 86.goo. La totalité de ces pierres a été introduite en France par navires français.

Les pierres à aiguiser sont estimées ^o francs le quintal.

Le bitume a donné lieu aux affaires suivantes avec la France, en 1899 et en 1900 :

quint. tr. quint. ft-.

Export, par navires français. 2.228 quintaux.

— — étrang. . 24.657 —

— par terre 1 —

Les mines de bitume les plus importantes sont celles d'Hasbaya (Syrie), aux sources de Jourdain. Le bitume lavé dans les eaux du fleuve est transporté à Saïda, qui en exporte en moyenne 870 tonnes. Ces mines appartieu-

nent à une maison de Damas, qui abandonne au Gouvernement 75 pour 100 du produit brut. Elle réalise néanmoins quelques bénéGces. Les expéditions se font en caisses de 100 kilogrammes cerclés de fer, au prix moyen de 4^ francs la caisse.

Il existe d*autres schistes bitumineux dans les cazas deSaïda, de Tyr, de Lattaquich,et dans diverses parties du vilayet d'Âlep et du sandjak de Saint-Jean-d'Âcre.

L'exploitation des bitumes de la mer Morte a été concédée à un négociant de Beyrouth, moyennant une participation des deux tiers au profit du Gouvernement. En 1895, la quantité totale extraite a été de 600 tonnes d'une valeur d'environ 35o.ooo francs. Le prix de la tonne varie entre .^So et 5oo francs.

L'exportation a atteint à Beyrouth :

En 1H93 . . ;5i).(»oo kg. d'une valeur de ao.iGo francs

— 1895. . 5*20.000 — — aafi.Hoo —

— î^î>î>. . 38i,ooo* —

Avec l'exportation de Saïda, l'exportation totale du bitume est approximativement de 45o à ooo.ooo francs.

Le bitume se trouve encore dans le vilayet de Bagdad. Il sort à l'état liquide des sources de Ilillé près des iniines de l'ancienne Babvlone et se solidifie aussitôt à l'air libre. Les Arabes le nomment kara-sakiz ou mastic noir. On s'en sert pour calfeutrer les radeaux et autres embarcations ainsi que de ciment pour toutes les constructions. Tel était déjà son usage dans la plus haute

antiquité.

L'exportation de la houille pour la France s'est élevée en 1900 à 819.200 francs contre 46.900 francs en 1899.

* Vernay, ^ou,

^ M. 0. C.f 23 mai 1901, supp.

quint. fr, quint. fr.

iSijvf 15.676 » 15.676 46.7

Détail bn 1900

le qntnt. quint. fr. quint. fr.

Houille crue. . . 2.70 71.002 191. 7 70.841 19" -«^ Coke 3.00 36.534 ï^7-9 36.534 1*7.9

— — turcs. . . . 4.3o8 —

— — étrangers. . 94.3o4 —

La majeure partie de cette houille vient du bassin d'Héraclée.

Ce bassin^ dont la richesse est imparfaitement connue, s'étend sur un périmètre de 25 kilomètres carrés, qui couvre les deux villages ou villes de Kozlouet de Zongouldak, situées toutes deux au bord de la mer; c'est une excellente condition pour l'exploitation. Cette exploitation toutefois est encore assez rudimentaire. On se contente en général de creuser dans le flanc des collines des galeries de peu de profondeur. Lorsqu'une difficulté se présente, on tourne ses efforts d'un autre côté.

D'après une analyse faite à Londres en 1887 et confirmée par TEcole des mines de Paris, le charbon d'Héraclée contient les matières suivantes :

Carbone 8i.5i

Hydrogène 4-99

Azote o.5i

Soufre 0.04

Oxygène 8.70

Cendres » 4.**'^

Ce charbon vaudrait ceux de Cardiff et serait de qualité supérieure à ceux de Newport.

Sa puissance calorique par échauffement de Teau est de 6.696.

La production qui était, il y a quelques années de 4ooo tonnes par an est aujourd'hui de ti5o à 900 tonnes par jour. Le prix de la tonne est de 22 à 22 francs.

Les mines d'Héraclée ont été longtemps exploitées par des propriétaires qui vendaient le charbon au Gouvernement à un prix convenu. La concession plusieurs fois demandée par des groupes financiers a été accordée en 1899 à une Société française fondée à Lyon, au capital de 3.5oo.ooo francs. En dehors du champ d'action qui lui est attribué le long du littoral, la Société peut continuer l'exploitation jusque dans l'intérieur, et déjà elle a commencé pour cette exploitation tout un système de voies ferrées, dont quelques-unes sont assez éloignées de la côte.

Les charbons vendus pour le besoin des usines ou des bateaux à vapeur sont débarrassés de leurs schistes et pierres au moyen du criblage à la main. Les petits morceaux sont transportés aux usines de Zongouldak, où un grand lavoir mécanique a été construit. D'après leur qualité, ces morceaux servent à la fabrication du coke, comme charbons de forge et à la fabrication du gaz d'éclairage. Le coke est vendu à Marseille, à Trieste et à diverses mines de Turquie d'Asie. Le charbon pour gaz d'éclairage trouve un débouché à Athènes, Salonique, Smyrne, Alexandrie, Trieste, Odessa, etc.

Le port de Zongouldak, aménagé par la Société, peut embarquer par jour jusqu'à 2000 tonnes. On peut charger par tous les temps.

Les mines d'Héraclée ne sont pas les seules qui soient exploitées en Turquie d'Asie, mais ce sont les plus importantes. A Sochia, près defScalanova, MM. Andrews et Forbes, sujets anglais, tirent chaque année pour leurs propres fabriques So.ooo tonnes d'une mine dont ils sont concessionnaires. Dans le caza de Soma (vil. de Smyrne), se trouve une mine qui alimente les usines environ-

nantes. Sont é^^alemeitt exploitées, sans qu'on doive faire état de cette exploitation, les mines de Seuyud (Brousse) et de Milas (Smyrne).

Les autres mines ne sont pas exploitées. Nous citerons celles de Kirkagadj et Torbali (Smyrne) concédées Tune à la Compagnie Smyrne-Cassaba, l'autre à deux sujets français; Cavadjak, concédée à des Ottomans, Pergame, Nazilli, Mentéché, toutes dans le vilayet de Smyrne ; celles de Biledjik et de Denek Maden (Angora), cédées à des Allemands; Panderma (Brousse), Sivan, Atché-Tchaï, Bach- Aie et Tchouk (Van); Djebel Hamrim (Bagdad).

On trouve encore des traces de lignite ou de houille dans certaines îles de l'Archipel, dans les vilayets de Bitlis, d'Erzeroum, de Sivas, de Trébizonde, de Mamourel-ul-Azis (Palou et Tchimich-Kézek) de Diarbékir, de Koniah et de Mossoul. Les gisements d'Erzeroum et de Koniah pourraient, dit-on, être d'une certaine importance. Les Allemands, en construisant la ligne d'Anatolie, se sont livrés à certaines études qui sont restées secrètes. (Vemey, 410.) Mais toutes les demandes de concession de mines en ces régions ont été refusées par le gouvernement.

La Syrie renferme d'importants gisements de houille ou de lignite. La houille se trouverait à Payas, au fond du golfe d'Alexandrette, et dans le Hauran. La lignite se trouve à l'Est de Saïda, en un filon à cassure sèche qui part d'El-Merah, passe à Aïn-Tadjoura et s'étend jusqu'à Zehelta, sur une épaisseur de o m. 5o à i m. 60. Uni autre gisement se trouve à Haïtoura dans le Liban; le bassin de cette mine est assez riche pour permettre l'extraction de 10.000 tonnes par an; mais, en raison de la difficulté des communications, il n'en est extrait que 5oo tonnes. La méthode d'extraction employée est la tranchée ; les frais d'exploitation ne dépas*

sent pas i fr. 5o la tonne. Il faudra plus tard ouvrir des galeries souterraines. DutempsâcToccupation égyptienne (i 835-1 838), deux Anglais avaient exploité pour le compte de Méhémet-Âli des gisements de lignite et diverses autres mines dans la vallée du Nahr Beyrout. Ces mines donnaient un rendement de loo quintaux par jour.

Le pétrole est en sources abondantes dans la région de Mossoul à Chergatch, à Baba-Gourgour et à Touz- Kourmalé. Il s'en trouve encore dans le vilayet de Bagdad, où les sources deHitt, sur TEuphrate. sont recueillies dans de grands bassins que l'on transporte à Bagdad.

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