oo
le kil. qoint fr. quint. fr.
DrapSy casimirs et autres
tissus croisés ... 14 » 3.765 4. ^7 "-9 2.540 3.556.3
Etoffes de pure laine
pour ameublement. 7,70 89 65.8 ai 16. 3
Moire 7,70 a35 157. 5 12 8.2
3/éri/io« (pure laine) . . 9,20 687 442.4 4^o 44^.4
Autres étoffes de laine
pure 10, 3o 363 a85 3 227 234.3
Tapis persans ou imitation 9,25 5 5.1 » »
ra/jis turcs ou imitation. 6,o5 9 6.0 » 0.6
— autres 4»7« 7» '^'^•' ^*9 '-^'^-^^
Bonneterie i2,5o 49 47.5 26 31.7
Passementerie 2o,o5 43 70.3 11 21.8
Fez » -5 2.9 3 2.8
Châles brodés ou façon. 20 » i 2.6 » »
Couvertures 3,55 243 81.1 196 69.5
f;/o/7'e8 mélangées. . . 19 » 7<»4 1.087.2 5701.084.2
6.288 quintaux ont été importés par navires français, i5 par navires étrangers et i5 par navires turcs.
Les draps et Lainages donnent lieu à un chiffre (1^1faires qu'il est impossible d'évaluer exactement. Si Ton consulte les statistiques ottomanes pour Tannée 1896,
rimportance pour toute la Turquie aurait été, en draps, de4-344-95i fitincs ; or, à la même époque, la seule ville de Constantinople, au dire des négociants les plus autorisés, en importait pour i3 millions de francs. Celte différence provient sans doute de ce que la majeure partie des draps importés sont inscrits sous des rubriques différentes, derrière lesquelles il n'est pas facile de les reconnaître. (B. C. C, juillet 1899, p. 142.)
Nous lavons pourtant essayé, en relevant dans la statistique de 1 895 les différents articles confectionnés en laine. On arrive aux chiffres suivants, que nous ne garantissons pas :
Laines i .5oo. 000 francs.
Fils de laines 700.000 —
Draps 4.475.000 —
Etoffes de laines pour robes. . 12.390.000 —
Flanelles 700.000 —
Bures et chayaks 4 •47^- 000 —
Casimirs 35o.ooo —
Châles 21 5. 000 —
Cordons et galons 1. 160.000 — >
Agabani et kéfia 33o.ooo —
(B. C. C, sept. 1899, p. 489 et suiv.)
Il y a trente ans, cette importation était beaucoup plus importante. On évalue à 35 millions de francs les draperies qui entraient dans la seule ville de Constantinople. En ce temps-là, les articles fins et bons venaient de Paris, Lyon, Marseille, Londres et Huddersfield ; les articles secondaires venaient de Bradford et de Leeds ; l'Autriche fournissait des draps unis de couleur, fabriqués à Bielitz. Bédarieux (Hérault) fabriquait les mêmes articles que FAutriche. Mazamet et Vienne (Isère) livraient des articles bon marché.
Les conditions du marché ne tardèrent pas à être modifiées par l'entrée en scène de la Belgique et de TAlsace,
la première, avec ses fantaisies en cardé, la seconde, avec ses articles en laine peignée. Devant cette concurrence, l'Angleterre baissa ses qualités et se mit à fabriquer des étoffes laine et coton au lieu des étoffes de laine pure. La France maintint les siennes, mais Lisieux, Bédarieux, Mazamet et Vienne disparurent presque entièrement du marché, où elles furent remplacées par Elbeuf avec ses belles fantaisies. Sedan avec ses draps, Roubaix avec ses cheviottes et ses façonnés.
Soudain, TAutriche prit l'initiative d'expédier k Gonstantinople et dans le Levant des vêtements confectionnés. Ce fut une révolution. On pouvait croire que les Turcs resteraient fidèles k leurs modes orientales ; il n'en fut rien k Gonstantinople et dans les grandes villes où il y avait déjk un afflux de population européenne. Devant les bas prix qui leur étaient offerts, un grand nombre de Turcs n'hésitèrent pas k abandonner leurs costumes indigènes, pour s'habiller k TEuropéenne. Les classes les plus riches furent les premières k donner Texemple. Le fez seul est resté comme un symbole intangible. Encore le fez est-il fabriqué en Suisse et a-t-il remplacé le turban. Les dieux s'en vont!
La mode nationale s'est mieux conservée dans les campagnes et dans les villes qui ne sont pas en rapports fréquents avec les Européens. Lk, on continue k porter les bures et les cliayaks^ qui sont un produit des industries locales, quand «lies ne viennent pas de Roumélie ou de Bulgarie. L'exportation bulgare est encore considérable. Parmi les fabriques locales, il convient de citer celle de Caramursal, près d'Ismidt, qui vend deschayaks dans toute l'Asie turque et même en Europe, et la manufacture d'Ismidt appartenant k l'Etat, où l'on fabrique annuellement environ 200.000 kilogrammes de draps réservés k l'armée.
L'introduction des vêtements confectionnés a porté k
rindustrie des draps et des étoffes un coup redoutable. La plupart des tailleurs ne pouvant soutenir la concurrence que leur faisait la confection ont disparu en même temps que les bonnes étoffes encore en usage ont dû céder la place à des étoffes inférieures, mais moins chères. Dans cette nouvelle phase de la concurrence européenne, nos draps d'Elbeuf ont été remplacés par ceux de Verviers, d'Aix-la-Chapelle, de Briinn ; nos mousses et nos montagnacs ont fait place aux imitations d'Aix-la-Chapelle et de Bischwiller, nos draps de Sedan n'ont pu lutter assez avantageusement avec ceux de Gôrlitz; enfin, nos cheviottes et nos façonnés ont dû entrer en composition avec les produits similaires d'Angleterre, de Belgique et d'Allemagne.
Un correspondant de Koniah au Bulletin de la Chambre de commerce française de Constantinople^ donne de singuliers renseignements sur la concurrence allemande. D'après ce correspondant, deux fortes maisons de commission de Hambourg et de Gôrlitz enverraient chaque année des voyageurs visiter les marchés du Levant. Ces voyageurs, après s'être enquis des articles (|ui ont la vogue et du prix auquel on peut les payer, en acceptent la commande et reviennent en Europe où ils s'en vont acheter en France (Rouen, Reims, Sedan), en Belgique et même en Autriche des stocks de draps quils prennent au poids et qu*ils paient comptant, en bénéficiant d'un escompte très appréciable. Ces draps arrivés en Allemagne sont triés, réemballés et réexportés dans le Levant, où ils sont vendus comme produits allemands; quelquefois même, on ne prend pas soin de les démarquer; on a vu vendre en Orient des draps allemands qui* portaient la marque d'Elbeuf, de Sedan ou de Verviers. Les Allemands vendent ces articles avec ^5 ou 3o pour loo de bénéfice sur les prix d'acquisition et trouvent encore le moyen de gagner de l'argent en accordant
aux acheteurs qui les paient comptant un escompte de lo à 12 pour loo, et aux autres un escompte de 6 à 8
pour lOO. (B, G, C, juillet 1899, p. 164.)
En même temps que la qualité des étoffes, le chiffre des affaires a considérablement faibli. De 35 millions de francs pour Constantinople, il est tombé en 1886 à 17 millions et en 1898 à 1 3. 485. 000 francs.
La même proportion ne se retrouve pas dans les autres ports de Turquie et cela s'explique. Il y a trente ans, Constantinople était le marché où s'approvisionnaient presque toutes les villes de TEmpire ; pour éviter des transbordements, des doubles droits de douanes et une perte de temps, on commande aujourd'hui directement en Europe. Enfin, il y a trente ans, on employait dans le Levant peu de draps européens, en dehors de Constantinople : depuis, leur usage s'est répandu. Mais, par un phénomène au premier abord singulier, on constate qu'au fur et à mesure que l'importation en métrage augmente, TimporUition en valeur diminue ou reste stationnaire. Damas par exemple a vu son importation augmenter de 80 pour 100, tandis que les chiffres accusent une diminution de valeur de 10 à 12 pour 100. Cela tient à rabaissement, nous devrions dire à Tavilissement du prix des étoffes. Les étoffes à 12 ou i5 francs le mètre qui n'étaient pas rares, il y a un demi-siècle, sont partout remplacées par des étoffes de 2 fr. 5o à 3 francs ; les étoffes d'un prix plus élevé se vendent peu.
Les articles en pure laine sont dans la proportion de 70 pour 100; il n'est pas toujours facile de distinguer les uns des autres et les connaisseurs eux-mêmes se trompent quelquefois Ce sont surtout les Anglais et les Belges qui mêlent le coton à la laine. Les articles en pure laine sont naturellement moins demandés en Syrie, où il fait moins froid et où la saison d'hiver est moins longue.
Les divers tissus de laines se divisent industriellement en : tissus ras ou de laine peignée qui comprennent:
Les toiles: mousselines, popelines, voiles, étamines, bure, reps;
Les croisés : serges et satins, satins de Chine, mérinos, casimirs, cachemir d'Ecosse, diagonales;
Les façonnés : velours ;
Les gazes: gaze de laine.
Et les tissus drapés ou de laine cardée, qui comprennent:
Les flanelles : flanelles, molletons ;
Les draps : draps lisses, draps de nouveautés, draps communs ;
La draperie pour femme: draps amazone, étoffes pour confection.
Les draps sont des tissus de laine cardée, dont l'aspect et la tissure ont été dénaturés par une série d'opérations, telles que le foulage, le tondage, le pressage et le décatissage.
Arrivons à l'importation française.
Bien que nous ayons été dans certaines parties de TAsie turque les initiateurs du commerce des draps, et que nous ayons pendant plusieurs années partagé la vente avec l'Angleterre, nous soutenons aujourd'hui péniblement la concurrence de la Belgique et de l'Allemagne, récemment entrées en lice. Nos articles sont toujours estimés; mais pour les draps et lainages comme pour les autres articles, l'industriel français ne se résigne pas à fabriquer des produits secondaires et il ne prend pas la peine d'envoyer sur place des voyageurs, qui s'enquièrent des exigences de la clientèle.
Nous ne maintenons notre supériorité que pour les articles tout laine, et pour la vente des cheviottes et des façonnés de Roubaix qui, malgré leur prix un peu plus élevé que celui des produits similaires étran-
gers, trouvent facilement acquéreurs à cause de la solidité de leur teinture. Ces articles se vendent de 2 fr. 5o k I G francs le mètre. Reims fournit des mérinos au prix de 90 centimes jusqu'à 2 francs le mètre de 90 à 100 centimètres de large. Les mérinos de belle qualité se vendent jusqu'à 4 et 5 francs le mètre de 100 à i4o centimètres de large ; leur consommation est rare.
Le nord de la France envoie des mousselines de laines unies. Les étoffes pour robes sont fournies par Reims et Roubaix. Roubaix expédie encore des damas pure laine, des reps et des satins laine et soie ; les qualités qui se vendent le mieux sont celles de 2 fr. 20 à 4 francs le mètre de 120 centimètres de large.
Elbeuf et Tourcoing importent en petite quantité des fantaisies et articles pour paletots au prix de 6 à 10 francs le mètre. Sedan livre des draps, édredons, élasticotines, etc., au prix de 5 à 12 francs.
Vienne et Mazamet continuent de vendre à bas prix des nouveautés, qui n'ont pas un grand succès. On reproche à ces articles de n'être pas assez soignés et de ne pas être conformes aux échantillons. Les articles allemands qui leur font concurrence ne sont peut-être pas meilleurs ; mais ils flattent Tœil, ils ont plus de chic, pour employer un mot vulgaire mais expressif.
Jetons maintenant un coup d'œil rapide sur le commerce étranger; nous y trouverons pour notre propre commerce des indications et des renseignements utiles.
Angleterre, — Huddersfield expédie en petites quantités des hautes nouveautés laines, depuis 3 schillings jusqu'à 8 schillings le yard. Bradford et Leeds livrent des fancies ou nouveautés en laine ou laine et coton, de 1/2 shilling à 3 shillings le yard ; des cheviottes et peignés unis en pure laine (2 à 6 sh.), des mêlions (5 à 10 pence), des draps connus sous le nom de union
406 IMPORTATIOirs DE FBANCE EN TURQUIE
cloth et leather cloth (i sh. 1/2 à 3 sh.) ; des draps de bure ou army-cloth, autrement dits draps de troupe, des naps ou bouclés, des présidents ou esquimaux, quelques montagnacs, des mélangés.
Tous ces articles, même ceux de pure laine, contiennent généralement un imperceptible mélange de coton.
Les Anglais ne traitent pas directement avec la Turquie ; ils ne sont en rapport avec elle que par Tentremise de maisons de commissions installées à Bradford, Leeds et Huddersfield. Ils accordent 1/4 pour 100 d'escompte pour les règlements à six mois et 3 3/4 pour 100 au comptant.
Allemagne. — Les produits allemands sortent des usines de Gottbus, Gôrlitz, Aix-la-Chapelle et Bischwil- 1er. Aix-la-Chapelle fournit des fantaisies en peigné et cardé, à raison de 5 à 7 francs le mètre. Bischwiller (Alsace) livre des draps, élasticotines, édredons et moskowas, à raison de 4 à 9 francs le mètre. Cottbus fabrique des hautes fantaisies en laine peignée depuis 5 francs jusqu'à 1 1 fr. 5o le mètre. Enfin Gôrlitz, dont les produits ont le plus d'écoulement, a la spécialité des fantaisies en laine cardée, depuis 2 fr. aS jusqu'à 4 fr. 25 le mètre.
Le prix des nouveautés allemandes n'est pas plus élevé que celui des nouveautés anglaises. Mais les Allemands ont cet avantage sur leurs concurrents que souvent ils prennent à leur charge les frais de ti^nsport, qu'ils ne font pas payer l'emballage et qu'ils accoixlent des crédits de six et même huit mois avec un escompte de 5 pour 100 au comptant. Une autre cause de leur succès vient de ce qu'ils expédient des pièces de petite dimension, i5 à 18 mètres par exemple, tandis que les Anglais ne livrent jamais au-dessous de 70 à 80 yards. L'avantage des petites dimensions est qu'avec le même prix le négociant au détail peut avoir un assortiment
plus varié et qu'il écoule plus vite sa marchandise. Les Allemands vont même jusqu'à vendre au mètre, lorsque le prix dépasse 5,5o. La largeur de ces pièces est de 128 à i3o centimètres pour les bons marchés et de l'Mi à 1.40 pour les autres. ^
Autriche. — L'Autriche a la spécialité des draps dits du Levant qui ont eu un instant un écoulement considérable, mais dont l'importance a diminué. Ces articles se fabriquent à Bielitz (Silésie) et se vendent de 3 fr. aS à 10 fr. 5o le mètre de i36 centimètres de large. Brûnn fabrique des fantaisies pure laine au prix de 4 à 7 francs le mètre les qualités moyennes. Les draps du Levant servent surtout à faire des pantalons bouffants pour les Turcs.
L'Autriche fait six mois de crédit avec un escompte de 12 pour 100 pour les paiements au comptant.
Belgique. — Les Belges se sont présentés .sur les marchés du Levant avec des produit^ d'imitation française fort bien réussis. Ils n'ont pas tardé à prendre une place importante, que l'importation des articles allemands a singulièrement diminuée depuis cinq ou six ans. Ce sont les Belges qui ont eu l'initiative de vendre par demi-pièces de i5 à 18 mètres, tandis que la France ne livrait pas moins de 22 mètres, quand elle n'exigeait pas 40 ou 45 mètres pour faire une livraison. La Belgique vend plus spécialement des tricots pure laine, au prix de 5 à 7 francs. Mais elle vend encore des fantaisies en pure laine et coton, en cardé et peigné, au prix de 7 à 12 francs le mètre. Les draps de Cottbus, de même apparence, mais de qualité inférieure, qui se vendent de 5 à 10 francs le mètre, les ont en partie remplacés. Le métrage des pièces belges est de i36 à i4o centimètres en largeur.
Ces articles se fabriquent à Verviers et aux environs : Hodimont, Dison, Ensival, Petit-Réchain, Grand-
Réchain, etc. La Belgique accorde des crédits de quatre à six mois, avec un escompte de 9 pour 100 pour les ventes au comptant.
Hollande. — La Hollande vend des draps de bure et des fantaisies grossières fabriquées à Eindhoven et des cheviottes et façonnés fabriqués k Tilburg.
Italie. — L'Italie vient au dernier rang des pays importateurs avec des draps de Biella. L'importation italienne a commencé vers i885; mais ses étoffes ont été dès le début jugées insuffisantes au triple point de vue de la qualité, de la solidité et de l'apparence et, malgré leur bas prix — 2 fr. 5o à 5 francs le mètre — elles n'ont pu conquérir sur le marché une place importante.
Bulgarie. — La Bulgarie fabrique et vend en Orient une grande quantité de draps de bure ou abas et de chayaks.
Si de cet ensemble de chiffres on essaie de dégager pour les draps, plus chers que les lainages ordinaires, le prix moyen des qualités les plus demandées, on obtient les résultats suivants :
9 à 12 francs le mètre pour la draperie française;
J^ à 9 — — les articles anglais tout laine ;
3 à 5 — — les articles anglais laine et coton;
— — les art. anglais de laine peignée ;
— — la draperie belge;
— — la draperie allemande;
— — la draperie autrichienne;
— — la draperie italienne.
luponTATioNs. ^ Tréhizonde :
kil. tr.
Draperies 1898 170.400 1.659.000
La France n'est représentée en 1899 que par 80.000 francs, TAutriche par 832.ooo, la Bulgarie et la Roumanie avec leurs chayaks par 375.000.
Lainages: 1899, a4*o<>o francs. La part de la France est de 8.750 francs.
Passementerie : 93.000 francs en 1898, 57.500 en 1899. La passementerie vient de Bulgarie et d'Italie.
Transit persan : Les draperies et lainages sont représentés en 1899 par 166. 5oo kilogrammes» a.oai.ooo francs, dont fr. i.ao5.ooo pour r Au triche-Allemagne, 280.000 pour la Belgique, 216.000 pour TAngleterre, aoo.ooo pour la France et 120.000 pour Tltalie.
Samsoun ne reçoit que pour 100 à 125.000 francs de lainages et draperies.
Smyrne, en 1899, a reçu d'une part 4%*ooo kilos de tissus de laine contre 42o>ooo en 1898, et d'autre part 690.000 kilos de draps et draperies en 2172 ballots, contre 25ii ballots en 1897 et 2069 en 189S. L'Angleterre a la spécialité de la vente des présidents et des niellons et la France celle des cbeviottes.
L'importation des draps, qui, en 1889, avait atteint 490.000 kilogrammes ou 6.479*000 francs, s'était ainsi répartie : Angleterre, a. 462. 000 francs; — Autriche-Allemagne, 2.255.ooo francs; — France, 1.028.000 francs; — Turquie, 398.000 francs; — Italie, 36.000 francs.
M. Rougon, qui donne ces chiffres (p. 294), estime que les trois quarts au moins de l'importation française comprennent des produits originaires de Belgique, d'Alsace et du Luxembourg.
Mersina :niax,3 39 1.680 francs (1894), min. 45 3. 600 francs (i 891).
Alexandrelte : max, 3.232.278 francs (1893), min, i .o58.ooo francs (1897). En 1899, i>66i.75o francs dont 52.5oo francs pour la France.
En 1898, l'importation s'est élevée à 1. 1 02. 5oo francs dont.:
Draps du Levant, 553.ooo francs (Autriche 60 pour 100, Allemagne, 28; Angleterre, 12);
Draps nouveautés pour costumes d'hommes, 23o.ooo francs (Allemagne, 35 pour 100; Belgique, 25 ; Italie, 20; Angleterre, 10 ; Autriche et France, 5) ;
Draps confections pour dames (Allemagne, 48 pour 100; France, 16; Belgique, 16; Autriche, 10; Italie, 8; Angleterre, 2).
En outre, l'Italie a importé 2000 pièces de flanelles imprimées valant 93.100 francs, 4000 pièces de flanelle coton valant 64.000 francs et 56.35o francs de tricots et caleçons de laine ;
L'Angleterre, 1000 pièces de flanelles coton valant 16.000 francs et 17.000 francs de tricols et caleçons en laine;
L'Allemagne, 36.750 francs de vestes de chasse;
La Suisse, 10.000 francs de tricots de laine, (Verney, p. 664.)
Beyrouth a importé^ en 1899, 122^000. kilogrammes de tissus de
laine et 43o.ooo kilogrammes de drap. (M, O, C, a3 mai 1901, supp.) Les 430.000 kilogrammes de drap, qui représentent une valeur d'environ 4- ^00.000 francs viennent de France en quantités excessivement faibles, et cependant notre trafic domina un instant dans cette ville.
Les draps du Levant unis reviennent Go pour 100 à TAu triche, 40 pour 100 à TAngleterre, T Allemagne et la Belgique. Les draps nouveautés reviennent 40 pour 100 à la Belgique, 20 à la France, i5 à l'Allemagne et i5 à Tltalie.
L'Angleterre vend les qualités supérieures et Tltalie les façonnés et tricots de laine.
L'importation de Caî/fa monte de 75 à soo.ooo francs et celle de JafTa de 800 à 900.000 francs.
Damas, achète environ 600.000 francs de draps; Homs et Hama, 125. 000.
Bassorah importerait de '^6o à 38o.ooo francs de draps et lainages, mais on a vu que ce commerce se confondait dans les statistiques avec celui des cotonnades et soieries, qui s'est élevé en 1899 à i3,a4i*S'^o francs.
5* Vêtementfi confectionné*.
1898 4*4 i.oi3.2 371 94^-3
Détail en 1900
le kll. quiot. fr. qalnt. fr.
Pièces de lingerie cousues . . 42,80 102 224.4 ^^^ 212.2 Vêtements confectionnés pour
hommes i5,38 191 205.9 *33 104.8
Vêtements confectionnés pour
femmes, en soie 354, 1 5 •'^ '77-' 3 91.4
Vêtements confectionnés pour
femmes^ en autres tissus . . 105,76 5i 373.1 34 36i.4
Cravates en soie 1*8,90 i 7.7 » 6.2
— en autres tissus . . 44 » 9 * 9
Articles non dénommés . . , 5,o5 42 ^0.2 40 90.2
390 quintaux ont été introduits par navires français et deux par navires étrangers.
Cette industrie a été introduite en Orient par des négociants autrichiens, qui ont trouvé en Bohème une maind'œuvre suffisamment basse pour confectionner des habits à très bon compte et inonder de ces produits les marchés du Levant, sans craindre aucune concurrence.
Ces articles eurent d'abord un grand succès, notamment, à Constantinople où la majeure partie des tailleurs étrangers ou indigènes durent fermer boutique. Le succès ne fut pas moins vif dans certains ports du Levant, mais Tengouement ne dura pas. On ne tarda pas à s'apercevoir que si les articles autrichiens étaient d'une belle apparence et ne se vendaient pas cher, ils étaient d'une solidité douteuse, et la mode revint aux tailleurs, qui cependant durent baisser leur prix et se contenter d'un bénéfice médiocre. Ces tailleurs sont arrivés, à force d'expérience, à travailler avec goût, et les habits qu'ils livrent sont d'une coupe plus réussie que les confections.
Les confections pour dames et enfants se maintiennent mieux. Pour les dames, nous ne parlerons pas des robes ni des corsages que la couturière seule peut réussir, ajuster ou retoucher, mais des jaquettes, manteaux, jupons et robes de chambre, qui n'ont pas besoin de s'adapter très exactement à la taille. Nos grands magasins trouvent là une clientèle assez importante quoique restreinte, puisqu'elle ne peut s'adresser aux femmes turques confinées dans le harem et à peit près ignorantes des modes européennes.
D'après les statistiques turques, l'importation serait pour tout l'Empire de 5.3oo à 6 millions de francs ; mais il paraîtrait que dans la seule ville de Constantinople, on vendrait chaque année pour i3 millions de francs d'habits confectionnés. (B. C. c, fcv. 1898, p. ao5.)
Dans les provinces les plus reculées de l'Empire, qui ne sont pas en contact avec TEurope, la mode est restée pour les hommes aux longues robes de coton ouvertes sur le devant et retenues k la taille par une ceinture. Ailleurs, on porte le tchalvar, ou pantalon bouffant k large fond semblable à celui des zouaves, le gilet au dos écarlate et brodé, et la petite jaquette appelée saltamarka, parfois ornée de quelques fioritures. Ces parties du costume, propres aux indigènes, se confectionnent soit avec chayaks et abas couleur marron clair, soit avec les draps laine et coton anglais, les draps de couleur de Bielitz, les tricots et mélangés pure laine de Belgique. Les jaquettes et pantalons se paient suivant la qualité entre lo et 70 francs.
Dans les villes et particulièrement dans les ports, les Turcs de condition élevée et les ouvriers sont les seuls qui s'habillent exclusivement à l'Européenne ; les riches par genre, et les pauvres par économie. Il va sans è\ve qu'entre les costumes des uns et des autres, il y a une certaine différence de prix. Les riches dépensent pour leur habillement beaucoup plus que nous ne dépensons nous-mêmes en Occident ; la toilette très soignée est un des défauts ou, si l'on préfère, une des qualités des Orientaux qui sacrifient tout, même la nourriture, au besoin de paraître et de se distinguer les uns des autres par des avantages extérieurs. Nous avons vu, en d'autres pays, des personnes inscrites à l'Assistance publique, faire des économies pour acheter des toilettes de bal et paraître dans les soirées officielles.
Les confections importées conviennent surtout aux bourses les plus légères. Ces confections sont importées d'Autriche mais viennent en réalité de toutes les parties de l'Europe. Chaque année, les négociants autrichiens s'en vont en Angleterre, en France, en Belgique, en Allemagne où ils achètent à bas prix des arti-
des avantageux ou défraîchis, qu'ils font travailler en Bohême et qu'ils expédient ensuite dans le Levant. Malgré la préparation intelligente qu'ils subissent, il est rare que ces articles ne décèlent pas leur origine par quelque côté ; d'où leur dépréciation .
Les complets d'hiver se vendent de 20 à 60 francs et ceux d'été de i5 à 5o; les gilets de 4 à i5 francs; les pantalons d'hiver de 10 à a5 francs et ceux d'été de 6 à 20 ; les redingotes et gilets noirs de 35 à 55 francs ; les pardessus d'hiver de i5 à 55 francs, et ceux d'été de 12 à 5o francs. Les pardessus les meilleurs se vendent de 4o ^ ^^ francs.
Les Turcs confectionnent également des vêtements, soit avec des étoffes indigènes, soit avec des étoffes ou draps importés de l'étranger. Ces vêtements sont fabriqués par des tailleurs en chambre, qui travaillent à un bon marché extraordinaire. Les femmes cousent des pantalons et gilets à raison de 5o centimes à i franc, et souvent moins. La façon des paletots, jaquettes et pardessus confiée plus particulièrement aux hommes se paie de 2 fr. 25 à 5 francs. Aussi les vêtements se vendent-ils à un prix peu élevé ; on peut avoir un complet pour 17 ou 20 francs.
La fabrique de Karamursal fabrique pour les employés de l'Etat, qui, à peu d'exceptions près, ont tous adopté le costume européen.
Les Turcs font aussi de la confection pour les ouvriers européens avec des tissus belges ou italiens. Ils font des vestons qui se paient de 6 fr. 5o à 9 francs, des pantalons de coutil pour 2 fr. 5o et des pantalons de coton ou laine pour 7 francs. A cette clientèle, il faut joindre la clientèle grecque très nombreuse à Gonstantinople et sur toutes les côtes de l'Asie Mineure.
Les vêtements confectionnés d'importation européenne paient à leur entrée en Turquie un droit de
80 pour 100 ad valorem. Dans un intérêt de proteclioii nationale, les tailleurs turcs ont souvent demandé que ce droit fût j)lus élevé. Ils font observer que les étoffes qu'ils emploient paient déjà le même droit, mais ils né prennent pas garde que le droit sur les vêtements importés ne frappe pas seulement l'étoffe elle-même, mais aussi la main-d'œuvre, puisque le droit est calculé sur la valeur des vêtements.
Constantinople, ville plus ou moins cosmopolite, tient une pari prépondérante et presque exclusive dans le commerce d'importation.
Samsoun, comme tous les ports de la mer Noire, s'approvisionne h Constantinople. Il y a une vingtaine d'années, elle recevait de la capitale pour 80.000 francs de confections, elle n'en reçoit plus que pour 10.000. Des tailleurs se sont installés sur place; ils fabriquent pour (io à 65. 000 francs de confections.
La France expédie de i5 à 20.000 francs de vêtements divers pour dames et enfants ; ces vêtements viennent des grands magasins de Paris. (/î. C. C, février i8j>8, p. io3.)
Smyrne qui, en i8<>9, importait pour 85o. 000 francs de confections^ n^mporte plus que pour 25o à 400.000 francs. Les produits autrichiens continuent d'avoir la préférence, malgré leur peu de solidité, mais les aiïaires diminuent. Smyrne, comme la plupartdes autres villes, confectionne maintenant la plupart de ses costumes.
La vente des confections a été introduite à Alexandrette il y a une trentaine d*années par des négociants de Beyrouth, qui ont ainsi écoulé beaucoup de produits autrichiens, mais la vogue ne s'est pas maintenue. Les tailleurs confectionnent sur place des vêtements à raison de 4» ^ ^o francs. L'importation étrangère pour hommes n'est plus représentée que par 5 à 10.000 francs. Elle se maintient mieux pour les dames : les confections féminines venant des grands magasins de Paris s'élèvent par an à une quinzaine de mille francs.
Beyrouth a encore reçu, en 1899, 33. 000 kilogrammes de confections étrangères venant (rAutriche; ces articles s'écoulent dans la ville elle-même et dans toute la région environnante, notamment Damas.