‹ Le commerce français dans le LevantChapitre 98 sur 132 · quintau i · texte numérisé non relu

quintau i

2* Peaux préparées et ou¥ra|[^es en peau.

quint.

1899 ia.386

fr.

Il .627.0

Dktail en 1900

U kg. quint.

Peaux préparées.

Peaux de chèvre ou mouton tannées. . 9,06 223

Autres peaux tannées 4,93 3.235 i

Peaux corroyées de veau, cirées ou de couleur naturelle . 8,92 179

Peaux corroyées de veau, chèvre, mouton, teintes ou noircies *8,75 2.412 3

Peaux corroyées de vaches et autres grandes peaux . . 5,7a 3.126 i

Peaux vernies. ... i3,23 i23

Peaux chamoisces ou parcheminées ... 9,4^ ^

Peaux non dénomm. 9,4^ >

Cuir factice 0,61 80

Ouvrages en peau ou en cuir.

Semelles découpées et talons 4,88 4

Tiges de bottes, empeigne9,claques,etc. 149 77 >2

Chaussures 18 » i65

Gants 110 » 9

Sellerie 12, 5o 11

Article de bourrellerie 4,60 Tm

Maroquinerie .... 25 » 20

ftr.

aoo.7 566 . 6

quint.

fr.

.3io

le kg. quint fr quiaU fr.

Couvertures d'albums i5 » i 8 » 5

Brides pour sabots, courroies de transmission, malles, e te 8,5o 122 1)8.6 92 78.1

Pelleteries préparées ou en morceaux cousus i 5 » 1 1.8 t 5

Pelleteries ouvrées ou confectionnées . . 3o » » 9 >i 9

Import, par navires français . 9.776 quintaux — — étrangers 178 —

Le commerce des cuirs et peaux est le plus important que nous entretenions avec la Turquie ; il s'élève à un chiffre annuel d'environ 10 millions de francs et représente exactement la cinquième partie de notre importation totale dans TEmpire ottoman.

Nous maintenons notre suprématie par la supériorité de nos produits. Il n'en est pas des cuirs comme des étoffes, on s'aperçoit plus vite que les mauvais cuirs ne résistent pas et finissent par coûter plus cher, et c'est pourquoi nous défions encore toute concurrence, bien que les Allemands, les Belges et surtout les Italiens soient arrivés à nous enlever la vente de quelques produits secondaires.

Les cuirs introduits en Asie Mineure servent exclusivement à la fabrication des chaussures; ils ne servent pas à la sellerie, pour laquelle on réserve les produits de la fabrication locale. Il est inutile d'ajouter qu'on emploie aussi les produits indigènes pour fabriquer des chaussures ; dans l'intérieur de l'Empire, ces produits seuls peuvent être en usage, mais soit que la préparation des cuirs soit insuffisante, soit que les peaux aient moins de largeur, ils sont moins estimés que les articles d'importation. Les tanneries turques ne valent pas les nôtres et, à part celles d'Aïntab et Aïvali, qui jouissent

d'une réputation méritée, les autres disséminées dans TEmpire ne sont bonnes que pour les articles de consommation courante, dans les milieux les plus pauvres, On sait d'autre part que les vaches de Turquie sont de petite taille ; c'est encore une raison qui fait préférer les peaux européennes. On raconte à ce sujet que, dans les temps héroïques, ces peaux parurent à la douane d'une dimension si étrange que les employés refusèrent de les inscrire sous leur dénomination véritable et qu'ils les baptisèrent peaux de chameaux.

Avant d'aborder le commerce des peaux, nous dirons quelques mots de l'objet même de ce commerce, c'està-dire des chaussures.

On importe peu de chaussures dans le Levant, les cordonniers du pays en fabriquent avec nos cuirs et les leurs à un bon marché surprenant; on peut avoir une paire de bottines pour 5 francs. Smyrne, qui est le port le plus important delà Turquie d'Asie, n'a importé en 1 899 que pour 53. 000 francs de chaussures, dont 34.000 francs venaient de France et déjà, à cette époque, l'importation des chaussures était en décroissance. Alexandrette en reçoit d'Autriche pour 4^.000 francs, Beyrouth importe pareille somme et JafFa une dizaine de mille francs. Cette importation, alimentée par l'Autriche et un peu par la France porte sur les galoches en caoutchouc et sur les escarpins.

Les chaussures portées dans le Levant par les indigènes, sont de plusieurs sortes.

Les plus primitives sont les tcharouks que portent les paysans. Elles sont faites d'un morceau de cuir de bœuf ou de buflle rectangulaire, cousu aux deux bouts et attaché à la cheville par des lanières. Les pieds, qui reposent sur cette bande de cuir, seraient à découvert, comme ceux de nos moines capucins, s'ils n'étaient pas entourés de bandelettes d'étoffes ou de chiffons que re-

422 IMPORTATIONS DE FRAIVCE EIV TURQUIE

tiennent et compriment les lanières de la chaussure.

Les gens du peuple qui ne travaillent pas aux champs, portent les yéménis et les tchaboulas^ qui sont une sorte de yéméni. Les yéménis sont de grosses chaussures, sans talon, à semelle débordante^ pointues et largement ouvertes, pour laisser le pied passer et sortir facilement.

Lorsque le Musulman va à la mosquée, ou bien lorsque, pour se livrer aux méditations apparentes et aux longs entretiens, il s'accroupit sur un sofa à la mode orientale, il quitte ses yéménis. Les yéménis valent de 2 fr. 70 à • 6 fr. sS, suivant la couture et suivant les dimensions.

Les galendjas — en certaines contrées nalines — sont des chaussures en bois de 3 à 7 centimètres de hauteur, composées d'une planchette de la longueur du pied, laquelle repose à Tavant et à l'arrière sur deux petits supports. On dirait d'un petit banc très léger sur lequel les pieds s'appuient pour ne pas toucher terre. Le galendja est effectivement employé pour éviter le contact avec les sols humides ou boueux ; il est porté par les servantes dans leurs cuisines, les garçons de bain au hammam, et un peu par tout le monde. Lorqu'on veut éviter d'apporter de la poussière dans un appartement, on se chausse de galendja.

La galoche est une chaussure en cuir ou en caoutchouc, de la forme d'un soulier plus ou moins découvert, dans laquelle on peut faire entrer une autre chaussure plus fine et plus légère, lorsqu'on veut aller à la mosquée ou simplement éviter Thumidité du sol. La galoche s'attache par un ressort intérieur fixé dans le talon à la chaussure qu'elle emprisonne et s'enlève sans le secours des mains, par un simple mouvement du pied. Les galoches en caoutchouc étant plus souples, se prêtent mieux à toutes les formes de chaussures d'une même personne, et sont, par suite, d'un usage plus répandu que les galoches en cuir. Les galoches sont, en grande par-

lie d'importation russe, américaine ou allemande. Elles valent de 4 fr» ^5 à 4 fr. 75 la paire pour les hommes et de 2 fr. 5o à 3 fr. 7.5 pour les femmes.

Les chaussures à Feuropéenne sont aussi bien faites et souvent mieux faites qu'en Occident. Lorsqu'il est question d'éblouir le voisin, l'Oriental n'économise pas et n'hésite pas à payer les chaussures 20 ou aS francs. Toutefois, les bottines à boutons, à lacets et à élastiques faites sur mesure, en veau mégis ou veau ciré de Chambéry, se vendent couramment 16 à 17 francs, comme les souliers vernis noirs ou de couleur bien soignés, valent, tout faits, i3à 1 4 francs et sur mesure 16 à 20 francs.

11 existe, bien entendu, des chaussures moins chères, en chèvre de Marseille et cuir du pays, semelle simple, qui ne coûtent pas plus de 8 francs.

Les demi-bottes pour dames, à bouton simple et en chèvres mates ou glacées, vendues toutes faites, valent environ 7 francs ; les demi-bottes sur mesure, en chevreau claqué verni, valent de 16 à 20 francs. Les souliers à lacets et les chaussures de couleurs se paient de

12 à 1 3 francs.

Les chaussures d'hommes sont presque toutes faites sur mesure, tandis que les chaussures pour dames sont achetées toutes faites.

A Gonstantinople, la façon d'un ouvrier est payée de I fr. 3o à I fr. 5o, et la piqûre à la machine, boutonnières comprises, o fr. 76, pour une paire de chaussures vendue 6 fr. 5o à 7 fr. 5o.

On fabrique enfin, dans toutes les villes d'Orient susceptibles d'être visitées par les touristes, des pantoufles de beaucoup d'apparence, brodées sur velours coton avec des fils d'or. Ces pantoufles ne sont d'aucun usage ; elles se vendent comme souvenirs de voyage.

Les statistiques ottomanes évaluent à 8.200.000 francs

le montant des cuirs importés dans TEmpire et à 5.3oo.ooo francs l'importation des peaux brutes de bœufs et de veaux. En 1899, ^^ P^^^ ^® ^^ France, pour ces deux articles, a été respectivement de 8.996.402 francs et de 776.533 francs.

Peaux brutes. -^ Les peaux brutes dont nous nous occuperons tout d'abord, arrivent en Turquie par les ports de Hambourg, d'Anvers et du Havre. Elles-mêmes viennent en majeure partie de la République Argentine ou du Brésil. L'Egypte en envoie de grandes quantités ; enfin, la Turquie en reçoit par la mer Rouge, qui lui arrivent d'Aden, de Calcutta et de Rangoon.

Les grosses peaux arrivent soit en saumure, soit séchées avec du sel ou sans sel. Les petites sont séchées sans sel. Le prix de ces diverses peaux qui varie selon leur séchage et leur poids, oscille entre o fr. 90 et i fr. 75 le kilogramme.

Les peaux exportées d'Europe sont presque toutes dirigées sur Constantinople, qui les réexpédie dans le Levant. C'est ainsi que Smyrne avait importé, en 1889, 19. 121 quintaux turcs de peaux brutes, valant 1.269.464 francs, dont 825.000 pour la Turquie et 4^6.000 pour l'Egypte. La part d'importation directe de la France n'avait été quede74quintaux, 4. 912 francs(V.i{ou</oii,p. 596, ei suiv.) Dix ans plus tard, en 1899, l'importation était tombée à 11.996 quintaux contre 23.170, en 1898,

(M. (K C, x6 mai 1901, sup.)

Les peaux venant d'Egypte et d'Extrême-Orient sont^ pour la plupart, importées dans les ports de Syrie, depuis JaiTa jusqu'à Mersina. A une autre extrémité de l'Empire, Trébizonde reçoit, pour la consommation locale, des peaux de provenance russe.

Voici maintenant le détail d'importation des peaux préparées.

Cuirs ouvrés, — Ces cuirs servent spécialement à

faire des semelles et exigent, par conséquent, des qualités de résistance que les cuirs de premier ordre sont les seuls à offrir. La moitié vient de France, soit que la France importe ses propres cuirs, soit qu'elle importe ceux de Tétranger, la République Argentine notamment, après les avoir travaillés en ses tanneries de Châteaurenault. Moulins, Villeurbanne et du Var. Les cuirs d'origine purement française, sont toutefois les plus nombreux; ils représentent les deux tiers de notre importation.

Les cuirs français proviennent de Tabat des vaches et bœufs ; les peaux ont été préparées à l'écorce de chêne et ont séjourné pendant de longs mois dans les fosses. Les peaux se vendent entières ou plutôt en bandes , on entend par bande la moitié d'une peau coupée au milieu, dans le sens de la longueur. Le poids moyen de la bande est de 8 kilogrammes ; les poids légers ne dépassent pas 6 kilogrammes. Les poids lourds sont les plus demandés. Le prix du kilogramme est d'environ 4 francs.

Les cuirs étrangers travaillés en France et réexportés en Orient viennent de Buenos-Ayres, Montevideo et Pernambuco. Ils valent les nôtres, après la préparation qu'ils subissent en nos tanneries ; mais, au contraire des produits français, ce sont les poids légers qui sont les plus demandés. Le prix varie de 2 fr. 5oà4 francs suivant la qualité.

Les cuirs de Chateaurenault (Indre-et-Loire) sont les plus estimés de tous ; mais à cause des frais de transport par chemin de fer, ce sont les cuirs du Var que nous importons de préférence dans le Levant. L'expédition se fait par balles contenant chacune cinq peaux. La clientèle tient à ce que les cuirs aient la plus grande rigidité possible. Contrairement à ce qui se passe pour d'autres articles, nos fabricants s'efforcent de satisfaire les goûts de la clientèle levantine, et ce n'est pas une des moindres causes de leur succès.

Les marques françaises les plus estimées sont les marques Bienvenu (Chateaurenault), AbelGallien, Latil, Peltereau (Chateaurenault), Perrin et Goiffon (Villeurbaiine), Sorrel, Simon Ullmo, etc.

Les cuirs italiens qui se vendent concurremment avec les nôtres sont plus denses et le cordonnier trouve dans une bande de quoi satisfaire à tous ses besoins, mais toutes les parties ne sont pas également bonnes. Les poids varient de 4 ^ B kilogrammes la bande ; le prix du kilogramme est d'environ 3 fr. 5o.

Les Italiens travaillent et exportent comme nous les peaux de la République Argentine ; ce sont même ces peaux qui dominent dans leur commerce d'exportation. Leurs tanneries sont à Gênes. Les marques les plus connues sont celles de Bocciardo et d'Olivari.

Les Allemands n'ont pu s'établir sur le marché.

Nos cuirs et les cuirs italiens se trouvent tout naturellement en concurrence avec les cuirs provenant des tanneries indigènes de Chio, Aïvali, Aïdin, Ouchak, Adalia, Elmalu, Tokat, etc. Ces tanneries ne se contentent pas de travailler les peaux indigènes, notamment les peaux de buffles qui sont très épaisses et donnent un poids de 12 à i3 kilogrammes par bande ; Chio, Aïntab et Aïvali qui sont sur la mer ou à proximité d'un port font venir, elles aussi, des peaux brutes de la République Argentine, qu'à défaut d'écorce de chêne elles tannent avec la vallonée ou l'écorce de pin. Ce tannage ne vaut pas le nôtre. Les peaux importées d'Amérique arrivent dans le Levant par voie d'Hambourg, Anvers et le Havre. Le Havre en livre à Aïvali pour loo.ooo francs et Chio en reçoit chaque année i million de kilogrammes.

La Turquie importe également des peaux de buffles tannées et préparées qui viennent de Batavia ou de la Chine.

Veaux, — Les cuirs de veau se subdivisent en cirés, vernis, mégissés et veaux de couleur.

Les veaux cirés de France importés dans le Levant sont dans la proportion do gS pour loo. Le reste vient d^Allemagne et d'Italie.

Les achats portent surtout sur le second et troisième choix qui sont les moins chers. Les prix oscillent entre 4 fr.5o et 12 francs le kilogramme suivant le choix et le poids. Les poids varient de lo à 4o kilogrammes la douzaine. Les veaux cirés viennent de Chamberv, Villeurbanne, Annonay, etc., et les marques les plus estimées sont celles des fils de F. Bal, Goiffon et C®, Meyzonnier fils,. Mirabel Chambaud, etc. Les cuirs de Millau, qui ont joui un instant de la vogue, ne s'écoulent plus que difficilement.

Les veaux vernis sont surtout employés pour confectionner les galoches. Les neuf dixièmes de ces veaux viennent des usines allemandes de Worms et de Weinheim ; la France fournit le surplus. Cependant nos veaux (marque Durand-Roche, Houette, Leven, Meyzonnier, etc.) sont incomparablement supérieurs aux produits allemands, mais ils valent beaucoup plus cher.

Les veaux mégis presque entièrement importés d'Allemagne il y a dix ans viennent aujourd'hui de France. Les prix varient entre 8o et 1 5o francs la douzaine suivant la taille. Les marques les plus estimées sont les marques Bernard et Meyzonnier.

Les veaux de couleur se sont introduits avec la mode des chaussures de couleur, qui règne depuis plusieurs années. L'article français (Paris et Annonay) est le meilleur ; mais c'est le produit allemand qui trouve le plus grand écoulement.

Vaches. — En dehors des peaux ouvrées, les bœufs et vaches fournissent à la cordonnerie des vaches vernies et des vaches ou vachettes cirées. Leur importation dans

le Levant n'est pas très considérable. On peut même dire que celle des vaches cirées n'existe pas ou n'existe plus. Les tanneries locales suffisent à la consommation.

Les vaches vernies jouissent encore d'une certaine faveur, mais on ne veut que des petites tailles. La France est en progrès sur TAllemagne pour la vente de cet article. Elle importe les trois quarts des vernis consommés dans le Levant. La marque Sueur est la plus demandée.

Les vaches cirées sont remplacées dans la consommation par des croûtes cirées, qui proviennent de peaux sciées en deux et ensuite corroyées. Elles n'ont pas la solidité des vaches, puisque le nerf est coupé, mais elles valent moins cher, 2 francs à 2 fr. 5o le kilogramme. Elles viennent exclusivement d'Amérique par transbordement dans les ports d'Europe en paquets de 28 à 3i kilogrammes, contenant de i4 à 3o croiites.

Les tiges, c'est-à-dire les parties de la chaussure qui enveloppent le bas de la jambe sont faites avec des cuirs de vache. Ces cuirs viennent de France, d'Autriche et de Russie. Autrefois les tiges de Bordeaux ont joui d'une grande réputation ; la faveur s'en est détournée. Ainsi le veut la mode. Les tiges de Russie ne conviennent qu'aux chaussures petites et légères. Les prix varient de 6 à 1 1 francs la paire, suivant la qualité. Les qualités supérieures sont revêtues d'une fine doublure en peau blanche.

Chèvres. — Les chèvres se divisent en chèvres mates, chèvres chagrinées noires et chèvres de couleur.

Les chèvres mates servent à faire des chaussures légères, qui se portent avec les galoches en cuir : ks galoches en caoutchouc brûlent la chèvre. Marseille et Villeurbanne ont le monopole de la vente de cet article. Les chèvres de Villeurbanne sont moins chargées de corps gras et valent mieux que celles de Marseille pour

la confection des chaussures soignées, mais elles sont plus chères. U y a dix ans, les chèvres de Villeurbanne étaient inconnues sur le marché d'Orient ; mais une maison de cette ville, la maison Perrin, Ricot et C**, entreprit d'envoyer des voyageurs, qui lui amenèrent aussitôt une clientèle appréciable. L'Allemagne et Tltalie ont essayé, mais sans succès, d'importer des chèvres mates dans le Levant.

Les chèvres mates ont remplacé dans la consommation levantine les chèvres chagrinées noires qui s'étaient autrefois fort employées. U n'en arrive plus aujourd'hui que quelques ballots qui viennent de Kirn en Allemagne. Les corroyeurs français ne sont pas parvenus à concurrencer cet article.

Les chèvres de couleur viennent presque exclusivement de Villeurbanne et remplacent très souvent dans la confection des chaussures les veaux de couleur. Elles sont plus économiques et plus solides.

Chevreaux, — Les chevreaux ne donnent pas lieu à un trafic de beaucoup d'importance, et cet article est un peu négligé par nos commerçants, qui l'abandonnent à TAUemagne. Cependant Paris exporte encore un certaine quantité de chevreaux glacés, qui servent à confectionner des chaussures chères. Le surplus est importé par Francfort.

Moutons. — Les moutons vernis, qui servent à faire des chaussures à bon marché et des souliers d'enfants, viennent pour les trois quarts d'Aubervilliers et pour le reste d'Allemagne.

Les moutons paille et de couleur sont totalement fournis par la tannerie locale, qui se sert de couleurs végétales de meilleure qualité que nos couleurs minérales. On cite cependant quelques envois de France sans importance. Les cuirs français sont colorés à l'alun.

Les maroquins de couleur, qui servent soit pour la

430 IMPORTA TlOIf S DE FRANCE EN TURQUIE

reliure des livres soit pour la doublure des vêtements, viennent en petite quantité de France et d'Allemagne, en partie à peu près égale pour ces deux pays.

Les moutons chamoisés dits peaux de chamois qui servent à frotter Targenterie ou à nettoyer les meubles sont d'une importation plus faible encore. Il viennent de France.

Enumérons, pour clôturer cette étude, les articles accessoires de la cordonnerie avec l'importance de leur commerce.

Le carton qui, à notre insu, remplace si souvent le cuir dans les semelles vient d'Autriche.

Les élastiques viennent de France où de Suisse. La France importe les tissus en soie et la Suisse les tissus en laine et en coton. Ces tissus se vendent au mètre. Les qualités en soie représentent environ le quart de l'importation totale. Cet article suit naturellement les fluctuations de la mode ; or la mode n^est plus aux chaussures à élastiques, qui sont efTectivement fort disgracieuses.

Les tissus de coton ou de lin pour doublure viennent presque intégralement d'Angleterre.

Les tirants viennent d'Allemagne.

Les œillets et boutons sont importés de France.

Les fils pour cordonniers venaient autrefois d'Angers et de Lille, qui n'ont plus conservé que la quatrième partie de ce débouché. Le reste est fourni parla Belgique, l'Italie et l'Angleterre.

Les formes qui ne sont pas faites dans le pays sont importées par l'Autriche.

Les tranchets supérieurs viennent de France ; les tranchets ordinaires sont fabriqués dans le pays.

Les chevilles et becquets sont fournis par la France et un peu par la Belgique.

L'Allemagne fournit les lacets, le feutre dont on fait les pantoufles, et une partie des éperons.

Le cirage en boîte est livré par TAutriche et TAllemagne ; le cirage en pots, vernis et crème par l'Angleterre.

Les ressorts pour galoches sont un produit de Tindustrie indigène. On en doit dire autant du tchirich, espèce de colle qui remplace la poix. Le tchirich est fabriqué avec une plante qu'on réduit en poudre en y mélangeant un peu d'eau.

Nous clôturerons cette étude en disant que l'Allemagne et l'Autriche expédient, en petites quantités, des cuirs noirs et de couleur pour sellerie et harnachement et que l'Angleterre envoie quelques courroies de transmission. Ce double commerce n'a pas une grande importance dans le Levant. L'industrie y est trop rudimentaire pour que les courroies puissent se vendre ; quant aux articles de sellerie, les indigènes les fabriquent avec le cuir de leurs tanneries.

Importation. — Smyr/ie. — 1900.

qaint. fr. quint. tr. qalnt. fr.

En 1889, la part de la France avait été de 74 quintaux = 491a francs pour les peaux brutes; — 3.214 quintaux = 5o6.ooo francs pour les cuirs ouvrés et 678 quintaux = 288.5 10 francs pour les peaux ouvrés.

Les cuirs ouvrés et les peaux ouvrées viennent pour les trois quarts de France et le reste d'Italie et de Belgique. Les peaux de chèvre vernies, dont le trafic annuel est de 60.000 francs viennent de Villeurbanne. L'Angleterre envoie pour environ 20.000 francs de courroies de transmission : en 1889, Timportation a été de 19.500 francs pour l'Angleterre, 2900 pour la France, 1100 pour la Belgique et 35o francs pour T Au triche.

Alep, dont l'importance suit celle de Smyrne^ en raison de sa proximité des tanneries d'Aïntab, a reçu, en 1889, par le port d*AIexandrette pour 1.272.250 francs de peaux et cuirs, dont 396.700 francs venant de France. (D. a. C. iî., 1900, n«» 2587.)

En 190U, rimportation a été de i.63;).uoo francs. La France continue d'occuper le premier rang.

La France fournit presque exclusivement les cuirs lisses, veaux cirés, chèvres mates, vaches et croûtes. L'Allemagne concurrence avec succès nos peaux de couleurs, veaux vernis et élastiques.

Le commerce de Trébizonde et des autres ports de la mer Noire est suffisamment indiqué aux tableaux du commerce de ces différents ports.

L'importation de Beyrouth s'élève entre fr. Soo.ooo et 600.000. En 1899, ^^^^ ^ porté sur 492.700 kilogrammes. Malgré la cherté de nos articles, nous importons environ les cinq septièmes de la consommation totale. Les Italiens fournissent le» cuirs inférieurs d'un extrême bon marché.

L'importation de Caïfjfa ne dépasse pas 5o.ooo francs, dont moitié pour la France.

Ja/fa, dont l'importation avait atteint 278.000 francs, en i8cj4, n'a plus reçu en 1899 que pour 187.000 francs de peaux et cuirs, dont 75.000 francs pour la France. Les cuirs de Marseille sont les plus appréciés pour la chaussure fine. (M, 0. C, 18 oct. 1900.)

Aîvalij dont on connaît déjà l'importance, possède une trentaine de tanneries occupant plus de i5o ouvriers Elle emploie par an pour environ 400.000 francs de peaux brutes, dont 5o 000 lui sont fournies par les boucheries locales, iSo.ooo lui viennent d'Anvers, 120 000 de Malte et 100.000 du Havre. Elle achète, en outre, à Smyrneouà Gonstantinople, 5o.ooo francs de cuirs et diverses peaux ouvrées, venant de France, d'Autriche el d'Allemagne. (B, C. C, août 1895, p. 'J'^.)

Mersina, dont l'importation a atteint son maximum en 18941 avec 715.000 francs, n'a reçu en 1899 que 290. 5a5 francs, et en 1900, 142.675 (D. a., C. R., 1900, no 2587), dont 41.000 francs pour la France en 1899.

Le vilayet de Diarbékir reçoit 120.000 francs de cuirs, dont les deux tiers viennent de France, et 45.000 francs de peaux de bufQes venant des Indes anglaises par voie de Marseille.

Jérusalem achète pour 400.000 francs de cuirs, dont 3oo 000 sont d'origine française. Bagdad en reçoit pour 40.000 francs.

Le vilayet d'Angora en importe pour i5o.ooo à 200.000 francs dont la moitié vient de France.

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