‹ Le Commerce International des BoisChapitre 24 sur 34 · millions · texte numérisé non relu

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Ayant noté des différences marquantes entre leurs exportations respectives, dont les unes, par exemple, correspondaïent à des déboisements inconsidérés, tandis que d’autres, au contraire, possédaient des forêts mieux administrées, ayant noté chez certains vendeurs que leur exportation bois constituait la part principale de leur exportation totale, que, chez d’autres, en sens inverse, elle n’en formait qu’une fraction fort minime, on aurait pu s'attendre à voir ces différents pays prendre sur le marché des attitudes fort dissemblables.

Il n’en est rien, et c’est un fait que l’on doit se borner à enregistrer.

Si l’on veut cependant en tirer des déductions, l’on pourrait dire ceci :

Les fournisseurs de bois ont à faire face, dans le monde, à une certaine demande, que nous évaluons approximativement à un milliard.

Pour y répondre, ceux des pays que nous avons indiqués comme administrant sagement leur capital forestier sont obligés de fournir le maximum de ce qu’ils peuvent. Chez certains d’entre eux même, en Suède, par exemple, nous avons noté un

malaise, comme s'ils souffraient déjà d’une sur-exploitation.

Puisque certains pays qui ne sont pas aussi favorisés qu'eux sont conduits cependant à faire de notre produit une exportation qui égale la leur et qui peut la dépasser, n’en faut-il pas conclure que ce n’est pas uniquement par imprévoyance ni par mercantilisme pur qu’ils en arrivent à agir ainsi.

N'est-ce pas plutôt la seule importance de la demande à laquelle ils ont à faire face qui les amène à se conduire de cette sorte, et si l’on a noté à l’intérieur de certains Etats, tel ou tel discours, n’en faut-il point chercher la raison, une raison supérieure, en dehors d’eux dans un plus menaçant défaut d'harmonie; nous voulons dire, dans celui que l’on peut discerner, entre la production dans le monde entier des bois, et la consommation qui en est faite; Un ouvrage fameux a affirmé que le mal était là. Tous les faits que l’on recueille sur cette question, toutes les considérations que l’on en dégage corroborent ces conclusions et nous les font paraître d’autant plus redoutables que le mal semble actuellement irrémédiable.

Le moins, en effet, que l’on puisse dire de la production universelle des bois c’est qu’elle semble parvenue à la limite du possible. Or, en face d’elle, la consommation devient sans cesse plus considérable. Dès maintenant donc, la situation est grave. Des faits, dont certains sont possibles, dont certains autres sont inéluctables la peuvent rendre tragique.

Qu'un accroissement particulièrement important de la population canadienne vienne (éventualité que nous avons déjà envisagée) forcer le Canada à resserrer son exportation, que l'essor industriel du Japon, que celui de la Chine poussent ces Etats à formuler d’impérieuses demandes de bois et à entraîner ainsi une exploitation immodérée des réserves, ce serait là des faits dont les conséquences physiques, économiques ou politiques, pourraient avoir la dernière gravité.

Commerce international des bois, 6

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