‹ Le Commerce International des BoisChapitre 25 sur 34 · ES · texte numérisé non relu

ES

grie est réelle elle aussi; elles ne peuvent en effet servir à soutenir ni la thèse, ni l’antithèse (r).

Nous sommes donc en présence de deux faits bien établis. Les rapprocher peut sembler arbitraire et sans doute ne se faudraitil point hâter d'établir entre eux une corrélation rigoureuse, Mais il est cependant intéressant de les considérer simultanément en raison d’un certain nombre de remarques dont ils fournissent l’occasion.

On pourrait, au premier abord, être tenté de voir là un simple fait de concurrence, si les faits du commerce international supportaient des explications aussi simplistes.

Mais il est malaisé, dans les rapports entre Etats, de discerner la concurrence, comme aussi de retrouver n’importe quel mobile humain lorsque l’on veut le chercher par analogie entre ceux qui

. déterminent les mouvements des collectivités.

Ce que l’on appelle concurrence internationale n'est, par-dessus les frontières, qu’une concurrence pure et simple entre les individus, à laquelle les gouvernements s'intéressent parfois jusqu’à la protéger.

Elle intervient principalement entre industries et prend un caractère international au cas où un gouvernement tente de fermer son marché aux produits étrangers similaires ou bien quand il prend des dispositions en vue de favoriser l'écoulement de ses produits au dehors.

Dans ce cas, l’on retrouve un élément psychologique qui établit une analogie remarquable entre la concurrence telle qu’on la connaît entre les individus et certains rapports internationaux.

L'on ne peut trouver, en ce qui concerne les mouvements du commerce, rien d’analogue à ce que l’on remarque dans l’expan-

sion industrielle. Surtout s’il s’agit d’un commerce de ma-

(1) Remarquons néanmoins que l'importation globale de l’Autriche-Hongrie vers la France s’est réduite et qu’elle est passée de r07 millions à 68 millions. Cela est loxique puisque les bois forment le principal chef d’exportalion de l'Autriche-Hongrie. Ce sont donc eux qui entraînent la diminution générale du commerce, alors que, par une proposition contraire, nous ayons cherché aux Etats-Unis si un mouvement global de l'importation entraînerait un mouvement correspondant de l'importation bois,

tière première. Les influences qui peuvent agir sur lui sont essentiellement réelles ; ce ne sont que des faits et que des circonstances. La concurrence ne peut donc pas y trouver la place.

Le désir, pour un pays, de n’être point tributaire de tel autre ne peut modifier que d’une façon limitée la fertilité de ses territoires et ne fait rien sur la contenance de ses mines ou de ses gisements. |

Pour ce qui est de notre produit, l’on ne pourrait rencontrer la concurrence au sens strict du mot que dans un seul cas: lorsque deux producteurs peuvent jeter un même produit au même prix sur un même marché, y faire en conséquence une offre supérieure à la demande et par suite être amené à se disputer la clientèle par le moyen de certains sacrifices (1).

En dehors de ce cas, qui ne peut se rencontrer habituellement, l’on voit les producteurs de matière première être en situation de venir se présenter sur un même marché, chacun dans des conditions particulières, qui sont toujours incomparables entre elles. La demande s’adresse au producteur le plus favorisé, et si elle est amenée à se déplacer ce ne sera que dans le cas où quelque producteur se verrait obligé de restreindre son offre, ou de la rendre moins avantageuse.

Or, si le déplacement de la demande se trouve être la conséquence essentielle de la concurrence, il semble que deux catégories de faits, au moins, peuvent mener à cette fin.

Les premiers sont ceux où l’on voit ce déplacement produit par le fait de celui qui en bénéficiera; soit que, nouveau venu parmi ceux qui sollicitent le marché, il soit plus favorisé qu'eux et en position de les supplanter; soit que, établi déjà sur le marché, il parvienne au même résultat par suite d’une économie quelconque qu’il aura pu réaliser.

Si donc l’on réserve justement aux faits de cette sorte le nom

(x) C'est ainsi que l'on a pu voir, dans les années 1902 et suivantes, la Suède et la Norwège se disputer dans l'Afrique du Sud la grosse clientèle du Cap de Bonne-Espérance et à partir du moment où les exportations de la Norwège s'élèvent de go mille

à 170 mille standards pour s'y maintenir, celles de la Suède tombent de 70 mille à 20, puis à 10 mille standards.

dar nr...

de concurrence, il semble qu’il faudra dénommer autrement les faits de la sorte que voici, dans lesquels on voit la demande se déplacer non plus par le fait de celui qui va bénéficier de ce changement, mais bien par le fait de celui au détriment de qui il s’accomplit.

Soit qu'il ne se trouve plus en mesure de fournir le produit dont il disposait, soit qu’il se trouve dans l’obligation d’en élever le prix, il va modifier lui-même la situation du marché qu'il dominait, et il va laisser s’y introduire des fournisseurs qui n’ont pas concouru à cette modification.

Ces nouveaux producteurs vont entrer en jeu, et, s’ils sont en mesure de demander un prix qui, tout en étant supérieur à ancien prix, est inférieur au nouveau, leur action n’aura pas pour but de faire profiter le marché d’un prix plus avantageux que celui dont il jouissait auparavant (ce qui est le fait essentiel de concurrence), mais seulement de retarder ou de rendre moins sensible la hausse des prix qui doit s’exercer.

Pour d’autres produits que le bois, les produits miniers par exemple, la situation pourrait n'être pas nécessairement telle que nous venons de l'indiquer; et il est bien certain que la mise en exploitation de nouvelles mines, ou que l'emploi de procédés qui accroîtraient le rendement des mines en travail, pourrait avoir comme conséquence de déplacer les courants commerciaux qui s’exercent sur ces produits.

Rien de semblable n’est possible relativement au bois, car non seulement il est une matière dont la quantité dans l’Univers est limitée, mais surtout c’en est une qui ne peut être exploitée que d’une façon rigoureusement déterminée, et cela d’autantplus qu’il semble que, dans le monde, la limite d'exploitation des bois ait déjàété atteinte (r). II s’en suit donc queles modifications que peut offrir la physionomie du marché des bois ne peuvent provenir que d’un resserrement des offres et non pas de leur accroissement.

Voici qui rend plus malaisé encore l'exercice de la concur-

(1) Cf. Mérar». Insuffisance des bois à œuvrer dans le monde, passim.

rence. En effet, elle agit toujours contre une personne déterminée. Ici l'on ne peut agir contre personne, car ce qui permet à un producteur de se substituer à un autre ce n’est pas un fait du nouveau venu, mais,au contraire, un fait de celui qui se retire.

Pour nous résumer, nous devons dire que la concurrence entre les producteurs de bois ne peut pas agir :

1° Parce que, pär le jeu de la concurrence proprement dite, jes producteurs se substituent les uns aux autres par l'offre d’un plus bas prix, tandis que, sur notre marché, ils ne le font qu’en présentant une moindre hausse ;

2° Parce que la concurrence agit toujours contre quelqu'un (le producteur le plus favorisé) et que sur notre marché les producteurs ne peuvent agir contre personne.

En dépit de ces considérations, et quelle que soit la cause qui soit à l’origine de ce fait, la clientèle française semble s’être déplacée au profit des Etats-Unis.

Voici quel était,en 1881 le détail des achats faits par la France à chacun de ces deux pays:

ÉTATS-UNIS AUTRICHE-HONGRIE El QUANTITÉ VALEUR QUANTITÉ VALEUR traverses de che- Chêne carré mins de fer... » » 88(1 6.600 ou Autres que les équarri traverses de ï chemins de fer. » » 3.813 285.975 OGAMeSIChÉNE Le Eee cree 437 65.550 33.556 5.033.400 Noyer bit SSSR Er Ent 44o 28.600 » »

autre bois que le chêne et le noyer équarris, autre que les traverses de chemin de fer.. 17.776 888.800 23.140 1.157.000 SOCIALES Een eue 53.365 | 6.136.975 9.b31 1.096.065 Merrains de chêne..,........ 1.170.832 | 1.170.832 on se 104(2)| 32.146.832 — AUTOS a) serre 106.200 66.030 HAS 1.025.531 Total des tonnes... 71.578 70. Re ES 8 te 40.751.403 Total des pièces... ... 1.277.032 3.723.814 33.723.844

Voici, d'autre part, maintenant comment se décomposent en 1909 les achats faits par la France à nos deux Etats :

(1) Tonnes.

(2) Pièces,

oo

ÉTATS-UNIS AUTRICHE-HONGRIE RL nn QUANTITÉ VALEUR QUANTITÉ VALEUR Chêne Bois ronds bruts...,..,... » » 720 (1) 72.000 Bois équarris autres que les traverses de chem. de fer. 370 46.250! 2,749 343.625 Sciages, forts... ..,,.…...| 1,487 237.920 | 8.787 1.405.920 SOAEES HAS AL euro has 3.267 571.725 | 21.339 | 3.734.325 Noyer SURESNES 611 6.100 » »

DÉIASES NS ere des cel. 15021 18.210 » »

Autres que chêne et noyer Bois équarris autres que :

IDAVET SOS ec e nel ee 49.109 4.915.900 | 10.651(2)| 1.065.190 DOS CN ONE rer. sel 10 110 | 1: 092-180 | 9.019 046.995 Sciages fins...... susson..| 29.136 | 3.204.060 |. 33.486 | 3.793.460 Merrains de chéne.,.......| 50.165 \r0.534.650|° 58.573 |12,300.330 Merrains autres, ,..,,...,.. » » 6.752 742.720 152,132 |21.227.508 |153.076 24.404.475

L’exportation des Etats-Unis vers la France, qui, au début de la période, était cinq fois moindre que celle de ’Autriche-Hongrie, ne lui est donc plus, à la fin de la période, que de fort peu de choses inférieure. Elles semblent cependant à peu près égales et. l’on peut dire que les variations qui se sont produites dans l’une

et dans l’autre n’ont eu comme conclusion que d’amener la France

(r) En outre, les Etats-Unis nous adressaient d’autres bois communs dans l’année 1881, que nous ne faisons pas entrer dans le tableau ci-dessus.

oo

Quantité. Valeur.

MAS PR ne ne ohrie ce n oder rer 13 pièces. 4.600 HÉDanS Deer roues: TES BE SORT | TR 57.700 Avirons et rames....,., M DE Th ta PDC LT 171.313 kilogr. 72.000 134.300

aapEZEEEEZEZEZE——…—…——.—…—….…"…"…—….……—…—…—…—…—…—….—————————— Ce total, joint au total des bois communs que nous indiquons ci-dessus, nous donne

le chiffre de 8 millions et demi, que nous avons indiqué d’autre part. (2) Quantités exprimées en tonnes.

à partager entre ces deux fournisseurs les achats qu’elle leur faisait et dont l'importance n’a guère varié (1).

Les articles sur lesquels les. principales variations se sont opérées sont les merrains de chêne.

Les Etats-Unis, qui nous en envoyaient 1 million, nous en livrent 10,5 à présent, tandis que l’Autriche-Hongrie, au lieu de 32 millions, n’en fournit plus que 12 (le total a donc diminué de 11 millions.) |

Si importante que soit la modification apportée par ce changement dans la situation respective de nos deux fournisseurs, il ne l'explique pas entièrement.

Il faudrait, en effet, justifier encore d’un accroissement de 3 millions de francs pour l’importation des Etats-Unis, et pour l'Autriche-Hongrie d’un accroissement de 4 millions, sans lequel la diminution de 20 millions subie par l’Autriche-Hongrie sur les merrains aurait fait passer son chiffre de 4o à 20 millions.

L’Autriche, en effet, sur presque toutes les autres branches de son exportation, accuse des développements qui, pour n’être pas aussi importants que ceux que l’on voit dans le commerce américain, n’en sont pas moins réels.

Toutefois, ces légères variations peuvent être négligées ; elles correspondent en effet à des modifications qui n’ont rien que de normal et nous pourrons nous borner à la recherche des causes qui ont amené dans nos achats de merrains la perturbation que nous avons indiquée.

Or, en considérant ces achats isolément, nous voyons tout d’abord que pendant notre période ils se sont resserrés. Ils étaient en effet de 4o (2) millions en 1887 et ne sont plus, en 1905, que de 30 millions. Nous ne pouvons d’ailleurs savoir exactement quelles sont les quantités à quoi correspondent ces chiffres, car

(1) Il faut noter que la variation que l’on reconnaît là indique une décroissance. Le total des achats faits par la France en 1881 à nos deux pays était de 48 millions; il rest plus que 45 millions en 190b.

(2) Chiffre total des importations de merrains sur lequel l'Autriche figure en 1881 pour 32 millions, et les Etats-Unis pour 10 millions en 1905.

en 1881 les merrains sont estimés à la pièce (1 franc) au lieu qu’en 1905 ils le sont au mètre cube (210 francs).

L’on pourrait être tenté de conclure de là que cette diminution dans l’achat des bois de tonnellerie correspond à une diminution de leur emploi, et qu’elle est en relation consécutive avec une baisse de la production vinicole, Or, au contraire, la production vinicole accuse une hausse durant cette période et elle a passé de 34 millions d’hectolitres, en 188r,à 57 millions d’hectolitres en 1905 (1).

Si, d'autre part, les chiffres de l’exportation française des vins n’indiquent pasde variations trèssensibles au cours de cette période, puisqu'elle est de 2.525.000 hecto. en 1881 et qu’elle est en 1905 de 2. 350.000 hect., valant 235 millions, il y a cependant une différence entre ces deux exportations qui intéresse particulièrement notre matière.

De l’une à l’autre, en effet, l’exportation des vins en bouteilles a diminué de 317.000 hectolitres. Puisque la quantité totale de l’exportation est restée la même, cette diminution a donc lieu au profit des vins expédiés en fûts ou futailles et l’on pourrait s’attendre en conséquence à voir un accroissement des achats de bois merrains.

Et cela d’autant plus que, si l'exportation n’a pour ainsi dire pas varié, la production en sens contraire a considérablement augmenté passant de 4o millions d’hectolitres en 1882 (sans indication de valeur) à 57 millions d’hectolitres, valant 765 millions en 1905.

Puisque nous voyons cependant la valeur .de nos achats de merrains diminuer, il nous faut rechercher si cette diminution est réelle, où si elle n’est pas en relation avec un abaissement de la valeur du produit que nous importons.

On serait aisément porté à penser qu’il en est ainsi en constatant que la seule production des vins bon marché (2) s’est accrue

(1) Bulletin de statistique et de législation comparée, 1881-1905. — Sialistique agricole annuelle (ministère de l'Agriculture, 1882-1905). (2) Nous rangeons dans cette catégorie ceux dont la valeur à l’hectolitre est infé-

de 10 millions d’hectolitres, passant de 29 à 30 millions entre les deux dates extrêmes de notre période.

Or, il va sans dire que cette sorte de vins ne nécessite pas les mêmes soins que celles qui sont d'une qualité plus précieuse, et l’on peut employer, pour sa conservation comme pour la transporter, des bois qui eux aussi sont de qualité plus médiocre.

Il nous faut donc examiner quel a été le cours des merrains pendant la période que nous examinons. Le mode de leur évaluation a changé deux fois au cours de cette période. En 1881, nous l'avons vu, ils sont évalués à la pièce, en 1905, ils le sont à la tonne. Entre ces deux dates, de 1892 à 1900, ils le sont au kilog. Or, en 1892, c’est-à-dire dans l’année où l'évaluation cesse d’être prise à la pièce pour l’être au kilog., le montant de cet achat tombe à 17 millions, de 66 millions de francs qu'il atteignait dans l’année précédente (1).

Cette chute de valeur est considérable. Il ne faudrait pas croire qu’elle se soit en fait produite ainsi d’un an à l’autre. Ce qui dut avoir lieu’ fut évidemment une introduction toujours croissante de bois de moindre qualité. Les chiffres fournis par la commission des valeurs ne sont en effet que des moyennes; l’on ne peut pas admettre l’idée que toutes les catégories (2) d’un même article baissent de prix à la fois, et si l’on voit une modification dans l'une des indications qu’elle donne, il faut l'expliquer par un mouvement dans les quantités, non pas dans les qualités. Ces mouvements-là d’ailleurs sont beaucoup plus difficilement appréciables, et le jour où l’on constate la nécessité de les enregistrer rieure à la valeur moyenne de 13 francs l’hectolitre, qui est fixée comme valeur moyenne de la production française par la statistique agricole de 1905.

(1) Pendant la période 1881 à 1891, les merrains sont évalués o fr. 90 la pièce, sauf en 1881 et en 1891, où ils sont évalués 1 franc.

En 1892 ils sont évalués à o fr. 22 la pièce, or le tableau comparatif des taux moyens d'évaluations fixés par la commission permanente des valeurs ne semble pas faire de différence entre un merrain et un kilog. de bois pour merrain. Il semblerait donc que cet article ait en effet baissé de 78 centimes,

À la fin de notre période le merrain vaut 210 francs les 1.000 kilogr.,ce qui est toujours un prix inférieur à celui qu'il avait en 1892.

(2) En admettant même que les catégories soient composées exactement des mêmes

articles, on ne pourrait accepter de les voir baisser simultanément dans toutes les provenances.

par une tarification, c’est qu'ils se sont accomplis déjà depuis quelque temps.

Quoi qu'il en soit, à cette diminution officielle du prix d’achat des merrains en France, correspond un énorme accroissement de l'importation des merrains américains.

Ce n’est point d’ailleurs un fait isolé. Dans les deux années qui suivent la nouvelle évaluation, l'importation des merrains voit sa valeur passer de 17 à 36 millions de francs (1), chiffre qu’elle n’a pas conservé en 1905. Mais, dans le détail de ce chiffre, les envois des différents fournisseurs sont loin d’accuser une augmentation proportionnelle.

D'une part, tout d’abord, on voit un pays, la Norwège, qui adressait à la France 1 million de mètres cubes, supprimer complètement ses envois ; l'Allemagne elle aussi lesrestreint. Les producteurs les moins favorisés (nous appelons ainsi ceux dont les produits sont plus chers, que ce soit à une difficulté de production ou à un supplément de qualité que cette cherté soit due) se sont vus obligés de se retirer du marché. En effet, quoique le nouveau prix soit lui aussi un prix moyen, il va de soi que la baisse d’une moyenne est en relation avec une modification des prix extrêmes qui servent à la constituer.

D'autre part, les producteurs plus favorisés s’étant vus appelés à fournir davantage, l’on voit les Etats-Unis passer immédiatement au second rang après l’Autriche, rang qu’ils n’occupaient pas auparavant et qu’ils n’ont pas cessé d'occuper depuis, encore qu'à un beaucoup moins long intervalle (2).

Si nous voulons tirer une conclusion de ces observations, voici comment nous pouvons les résumer :

A l’intérieur d’une importation dont la valeur est décroissante,

les principaux importateurs voient leurs expéditions varier dans

(1) Ces chiffres, comme ceux qui précèdent, ne sont relatifs qu'aux merrains de chêne, les seuls dont l'importance soit à considérer.

(2) Dans les années qui suivent la fourniture faite par l’Autriche se double en passant de 66 à 128 millions de tonnes, tandis que celle des Etats-Unis, passant de 2 à 25 millions de tonnes, s'accroît dans une proportion beaucoup plus considérable,

des proportions qui n’ont point de rapport avec les variations de l'importation elle-même.

Leurs positions respectives sont complètement transformées.

L’un d’eux, l'Autriche, qui, au début de la période, n’a point de rival sur le marché, en voit un, les Etats-Unis, qui, à la fin de la période, en partage avec lui l’approvisionnement.

À cet état de choses correspond l’abaissement du prix de l’objet importé. D'autre part, si l’on considère l’industrie des vins qui utilise notre objet, l’on constate une baisse dans la qualité moyenne de ses produits.

Il semble, dès lors, possible de relier ces faits entre eux et de dire par exemple que le développement de la production des vins bon marché a eu pour conséquence l’utilisation des merrains de moindre qualité, et que les Etats-Unis se sont trouvés mieux que nul autre pays en position de nous les fournir.

Confrontant maintenant cette proposition avec les faits, nous voyons qu’elle se trouve confirmée par eux. Les bois de provenance américaine sont en effet toujours à identité de classement d’une qualité inférieure à celle des bois de provenance autrichienne. Nos documents statistiques ne l'indiquent point puisqu'ils ne considèrent pas la provenance dans les différentes applications de prix qu’ils font.

Il est donc légitime d’affirmer que la consommation de merrains américains implique une plus grande utilisation de bois de moindre qualité.

L'on voit donc que le déplacement qui a eu lieu dans les achats faits par la France à l'Autriche etaux Etats-Unis tient moins à une concurrence effective qui s’est exercée entre ces deux pays qu'à une modification survenue dans les conditions de la consommation française.

Faut-il dire d’ailleurs que ce soit la seule raison du changement que nous avons observé ici. Evidemment non. Les faits économiques ont des causes trop complexes pour qu’on puisse les ramener à une raison unique.

Sur le point particulier qui nous occupe, on peut faire encore

QE | Li CE

SL SE PR D ER LEA A ne

remarquer que le développement de la consommation des bois américains n’est pas dû à la seule nécessité d’employer des bois bon marché, mais aussi à celui de ne pas employer que des bois dont le prix est sans cesse croissant.

En effet, durant toute notre période, le prix des bois d'Autriche s’est continuellement élevé. Il en est résulté une tendance naturelle à restreindre leurs emplois et par conséquent à leur substituer aussi souvent que cela s’est trouvé possible les bois américains dont le prix demeurait moins élevé.

Dans cette mesure seulement on peut dire que les bois américains ont concurrencé les bois autrichiens, mais cette concurrence n’a eu pour effet que celui-ci, que nous avons indiqué plus haut : retarder et rendre moins sensible une hausse inévitable des pri

Page 1