Le communisme [microforme]
LA SEULE SOLUTION POUR LES DÉSŒUVRÉS — RETOUR- NER AUX CHAMPS, GAGNER SA VIE À LA SUEUR DE SON FRONT,
Le communisme existe déja, pour beaucoup, parmi nous—Nous ne l’avons jamais cru pour ne nous l'être jaais dit.
Bon gré, malgré, nous le mettons tous les jours en pratique ; non pas sous la forme exagérée, outrée voulue par les socialistes, mais de la manière indiquée par les enseignements de l’évangile, et que nous mettrions en pratique même si ces enseignements n’existaient point; car s'il y a en l’homme uu sentiment inné, c’est bien celui du mien et du tien, et ce sentiment est aussi fort chez le païen que chez le chrétien, chez le barbare, le sauvage que chez l’homme civilisé; et il l’est, à fortiori, chez l'homme, puisqu'il existe chez la brute, qui sait qu’elle fait mal lorsqu'elle s'empare de la proie d’autrui, à preuve que pour le faire elle se sert ou de sa force ou de son astuce.
En effet c’est de nuit, c'est à la faveur de la noirceur, des ténèbres que le loup enlève l’agneau et va le cacher dans la forêt, fort qu'ii est du sentiment, de l'instinct qu’il a mal fait, et qu’un autre de son espèce, ou de la gente féroce peut lui rendre la pareille, en lui dérobant à son tour sa proie malhon-
nêtement acquise. C’est en feignant la mort ou par quelqu’autre truc que le renard (et voiià ce qui lui mérite le nom de “ fin ”’) surprend le lapin, l'oiseau de basse-cour ; et de même l’homme par la ruse, par la force, vole son semblable et sachant qu’il fait mal, se donne tant de peine pour se soustraire à la justice, à la punition de son crime.
Mais pour la bête, il n’y a point de futur, tandis que pour l’homme il y en a un, qui le force de faire restitution de ses biens mal acquis ou de subir les conséquences d’un refus de ce faire, ou même d’une impossibilité de s1 part de rendre à qui de droit, ce qu’il lui a pris. Toutes les nations, toutes les religions comprennent ceci, et celui là même qui ne connait point Dieu, qui n’a jamais oui parler des lois de la propriété, est tout aussi fort d’une injustice commise, d’un vol au détriment de son voisin, que l’est le philosophe le mieux au fait des ens:ignements de la justice des hommes, comme de celle de l’Etre éternel pour les croyants, dun faux dieu pour les incrédules.
Proudhon a dit: “la proprift', c'est le vol.” Ceci n’est pas aussi éloigné d’être vrai. qu'on se donne Pair dé le croire. Dieu nous l'a dit par la boucae du Sauveur : “ En vérité, en vérité, je vous le dis : il est plus difficile pour l’homme riche d’entrer dans le royaume des cieux, que pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille.” Que veulent dire ces mots—non pas que la richesse, la possession de la fortune soit répréhensible en elle-même—mais que ces richesses ont été en général acquises par des
me
moyons plus ou moins avouables on dont la probité est au moins douteuse. Le riche lui-même le dit, ou sans le diré, l’admet, en s'en dépouillant pour beaucoup, sa vie durante, ou à la fin de sa carrière, avant de mourir ou par son testament, après sa mort. “(C'est à la charité” (dit Royal dans son mémoire sur le “ Socialisme ” lu devant la Société Royale du Canada en mai 1894) que nous devons tous les hospices, asiles, hopitaux, crèches, institutions de sourds et muets qui se rencontrent dans les grandes villes de la province de Québec. (Que n'a-t-1l dit : de par le monde entier, civilisé au moins). C’est pour l’ouvrier, c’est pour le pauvre, c'est pour la viellesse, c’est pour toutes les infirmités dont la pauvre humanité est affligée, et qui se rencontrent surtout chez les classes travaillantes, que ces refuges ont été fondés, qu’ils sont entretenus et qu’ils prospèrent.”
Oui, sans doute que Ja philanthropie est une chose réelle, une des qualités innées chez l’homme ; mais il y a dans la philanthropie des degrés, comme dans toutes autres choses —c’est-à-dire, qu’elle peut être plus ou moins pure ou mêlée de considérations humaines, de considérations ayant trait à la vie future. Elle peut être plus ou moins spontanée.
Dieu a dit: “tu gagneras ta vie à la sueur de ton front.” Que veulent dire ces paroles ? qu’il n’y a d’autres moyens de devenir riche que par le dur travail du corps ou de l'esprit; car ce ne sont point les seules sueurs du travail manuel—sueurs chaudes —il y à encore les sueurs froides de l’anxiété, du chagrin, des préocupations humaines.
ss: À
La parole de Dieu prouve qu’il ne veut point que pendant que certains se roulent dans les richesses, le luxe et l’abondonce, d’autres n'aient pas même les nécessaires de la vie; aussi, noue dit-il souvent, nous repète-t-il sans cesse, par sa voix et celle de ses ministres “ donnez aux nécessiteux ” logez, vêtissez, soignez les malheureux.
Royal, comme beaucoup d'autres qui ont éctit sur le sujet qui fait les frais de cet entretien, veut sauver la chèvre et le choux. En effet, après sa déclaration suscitée de ce qu’a fait la charité pour l” humanité souffrante il ajoute : cependant si la charité est un devoir, elle ne donne à l’ouvrier aucun droit contre le maître qui loue son travail. Puis il en revient à la thèse que nous épousons en ajoutant : “ elle (la charité) crée senlement pour le patron et pour le riche le wecoir de venir au secours de leurs frères dans le malheur, devoir que la religion se charge de faire remplir par son admirable conception. ”.
De fait, les donateurs, les philanthropes se comptent par milliers. De tout temps il y en a eu. Les institutions de charité, de bienfaisance, de par le monde en font foi. Donc comme nous l’avors dit, le communisme existe déjà ; car donner de son avoir aux autres, le dépenser pour le bien-être, d'autrui ; qu'est-ce autre chose, après tout,que du communisme ; et, du communisme particulier, à à l’axercise de cette sorte de charité par tous ceux qui en ont Je moyen, il n’y a qu’un pas. |
Nul ne se gêne pour le dire, l’affrmer;, que c’est
un devoir, et pourquoi un devoir ? parce que pour tous ceux qui sont riches, et qu’ils aient acquis ces richesses par leur travail, leurs spéculations, ou qu'ils en aient hérité, le doute est encore là, ln presque certitude que leur acquisition n’est pas due à des moyens en tout et partout avouables. Oui! un devoir de s’en départir, pour le surplus, en faveur de ceux à qui Dieu n’a pas donné le talent, l’occasion de s'en pourvoir. On ne s’extasie point d’ordinuare à la nouvelle qu'un tel a fait acte de philanthropie. Il est rre que ce soit un pur acte de charité. Le donateur à ses réserves mentales à ce sujet. Il y a pour le chrétien, à propitier, Dieu le Sauveur, par la restitution du bien mal acquis — pour le païen, ses dieux pour la même raison. Et, encore une fois, on ne se gêne aucunement pour dire tout haut à l’acquit de celui qui ne le fait point et qui devrait le faire : il a fait son argent par pres-ion usurière, et au lieu ae tout laisser ainsi à son fils, à son neveu, il eut dû en donner une notable partie aux pauvres, ou à queljue istitution de bienfaisance — d’un autre : la preuve qu'il n'avait point besoin d’un octroi, d’une subvention de l’état, pour tel service — océanique ou autre — c'est qu'il a pu laisser à sa famille une fortune égale à la somme de ces subventions annuelles et qu'il a donc volé l'Etat d'autant, en faisant contribuer sous de faux piétextes à la population, un argent auquel aujourd hui {à son décès) il est démontrabie, qu’il n'avait aucun droit et n’a pu obtenir que par des. déclarations fausses, exagérées ou de quelque autre manière inavouables.
L’anarchie est le moyen qu’emploie le commu-
MS D Ne nisme pour s’accentuer: terroriser les gens pour leur faire faire de force ce qu'ils devraient faire de bon. gré, de bonne volonté— Louise Michel, l’a dit, carré-. ment l'an dernier, lors qu’interpellée à ce sujet, elle répondit: “ ce que veut l'anarchie, c'est que les riches qui en ont pe sé partagent avec les pauvres qui n’en ont pas assez ? j
Les communistes non outrés ne demandent point l'égalité; car existât-elle, que ce ne serait que pour un instart, une seconde à peine. Pour l’homme il n’y a point de statu-quo—il est né inégal de talents, d'aptitudes, d'activité; et, l'égalité p‘euniaire se fitelle un moment, par la distribution, la division des biens, des richesses par parts égales ; que la paresse, l’insouciance de l’un les lui verrait diminuer, pendant que le talent, le travail, l’activité de l’autre les lui ferait frnctifier; et les extrêmes de l’opulence et de la pauvreté reparaîtraient encore après un temps donné plus ou moins éloigné : une génération, un siècle, plusieurs siècles si vous voulez; mais l’inégalité redeviendrait encore un jour ce qu’elle est aujourd’hui.
Eh bien, pourquoi les nations ne liquideraient elles point comme les individus? Vous mettez :un homme en banqueroute, vous lui faites faire cession de ses biens, vous le forcez à liquider, à partager avec ceux à qui il doit. Vous ne lui enlevez point ce qu’il lui faut pour vivre; mais il a trop véeu, trop bien vécu; ila roulé voiture comme l’on dit, s’est nourri lui et sa famille de ce qu’il y a de mieux, et fait libre usage des meilleurs vins; conduit tous les soirs sa femme et ses enfants à l’opére, vêtues de
PR
soieries, visité à grands frais les places d’eau, voir même un dispendieux voyage d’outremer ; il l’a fait aux dépens de ses créanciers; il n’a pas gagné de quoi le faire, à la sueur de son front, comme le veut l'Evangile. 11 a, au lieu de dévouer ses recettes à payer ses marchandises, tout ou presque tout dépensé à s'acheter des propriétés, à payer de fortes primes d'assurances sur sa vie, pour pourvoir, aux dépens de ses créanciers, à la subsistance de sa famille après sa mort, à doter sa femme d’un fort douaire.
Tout cela serait très bien, sil avait pu le faire, s’il pouvait continuer de le faire à même les profits de son commerce; mais si comme Ça se fait le plus souvent, il a pris pour ce faire, l'argent qu’il devait affecter au paiement de son stock; il a agi malhonnêtement en pourvoyant ainsi à son futur, à celui des siens, aux dépens des autres, au détriment de ses creanciers et il à à faire restitution.
Ce qui ne veut point dire que toutes les banqueroute sont malhonnêtes, frauduleuses; car on peut être entrainé par I chute d’un autre; mais à part cela, on peut, on doit l’«viter en faisant à l'avance le bilan de ses dépenses pour loyer, nourriture, vêtement, chauffage, éclairage, redevances municipales, salaire des commis, etc, en regard des profits que l’on peut évaluer, et vivre en conséquence.
Oui, la liquidation est aussi une sorte de communisme forcé, un communisme local ou dans un certain rayon; mais dont il y a tous les jours de par le monde des milliers de cas, et en cela la distribution, le partage est déjà reparti sur une assez grande étendue du globe.
F es 8 ER
Il y a encore ceux qui donnent et donnent sans cesse de leur vivant pour venir en aide aux nécessiteux. Il y a les produits ou recettes de quêtes publiques, de bazars. kermesses, toinbolas, souscriptions pour ceci, cela. Voilà autant de petits actes communistiques, ou par lesquels on fait cession de son avoir, et cette cession est toujours un peu forcée ; car à part l’amour de Dieu, il y a la crainte du châtiment, puisque Dieu en menace tous ceux auxquels peut s'adresser ces mots: “ j'ai eu soif; J'ai eu faim; j'étais nu et sans abri, j'étais malade et souffrant et tu n’a pas pourvu à mes besoins. ”
Les contributions forcées de tous les pays comme le sont celles qui se prélèvent en Angleterre sous l’entête de “ poor laws ” pour la sustension des hospices des pauvres, des aliénés, des veuves et des orphelins; les cotisations annuelles pour subvenir aux besoins des hôpitaux publics, maisons de travail (work-houses) ne sont autre chose que du communisme Pourquoi donc ne pas généraliser le système et forcer tout le monde à contribuer dans la mesure de son avoir, avec exemption peut-être pour les salaires audessous d’un certain chiffre. Si, disait l’autre jour un journal de New York, le million de piastres donné tous les ans par les habitants de cette vill en aumônes, était affecté à établir les récipiendaires sur les terres non concédées du Kansas; il en serait bientôt fait des pauvres de cette grande ville. Et pourquoi n’en serait-il pas ainsi de toutes les villes du monde où il y a des désœuvrés, des nécessiteux ; unñe coutribution forcée ; non pas pour les faire vivre dans l’oisiveté, à la charge de leurs concitoyens;
SV
mais pour les éliminer, disposer du surplus, de tous ceux pour lesquels il n’y a point de travail, en établissant des colonies çà et là, à peu près suivant notre système actuel de “ homesteads ” sur la voie du chemin de fer du Pacifique au Canada.
= L'Anarchie a atteint tous les pays du monde civilisé. Nous avon: déjà dit, que ses moyens, ses armes : les grèves d'ouvriers, la dynamite, la destructon, la ruine, le meurtre ont pour but de sémer partout la crainte, l'inquiétude, la terreur ; non pas pour le simple plaisir de la chose, non pas pour aucun avantage direct pouvant résulter de cette action dévastatrice, sauf peut être le remède partiel de l'emploi de quelques uns des désœuvrés à la réhabilitation des bâtisses, des ateliers, des installations ainsi mis en ruine ; mais surtout pour en faire venir lés gouvernements à un procédé de communisme forcé par lequel, chacun serait mis en mesure de gagner le pain de sa famille.
Or, ce moyen, quel est-il. On a tenté en France en 1848 sous le gouvernement provisoire, de trouver de l’ouvrage, d’en créer par l’établissement d'ateliers nationaux. On s’est fait fort de garantir par ce moyen de l’ouvrage à chaque citoyen. L'entreprise fut lancée sous les conditions les plus favorables et au milieu d’un cri d'enthousiasme populaire. Ceux qui désiraient de l'ouvrage, s’adrcssaient aux employés municipaux, et s’il y avait de l'ouvrage à donner, on assignait à chacun son département spécial. S'il n’y avait point d'ouvrage à donner, dans le temps, le désœuvré retirait ses trente sous par jour, jusqu’à ce qu’il y en eut. Sous peu de temps, il y eut ainsi
mn TÉ
125,000 hommes d’enrôlés à Paris, représentant avec leurs familles 600,000 âmes ou la moitié de la population de la ville à cette époque.
Comme l’a dit un écrivain de l’époque ; jamais la pauvreté n’a été abolie à un pareil prix; mais les profits, l’industrie, le respect de soi même subirent le même sort, et même à 30 sous par jour, le gouvernement ne fut pas lent à trouver qu'il payait trop cher le millennium. Finalement on trouva que l'ouvrage accompli sous le système n’était que nominal: Les hommes de fait, ne faisaient que chômer, paresser sous prétexte de faire de l'ouvrage. Le gouvernement fut forcé, pour éviter la banqueroute de se désister de sa folle entreprise. Sur fermeture des ateliers, les ouvriers se mirent en insurrection et une gigantesque expérience en socialisme ne prit fin qu'avec le sacrifice la mort de 12000 hommes, avant la réhabilitation du sens commun et de la raison. |
Sous le coup de la dépression ass z générale des dernières années le Gouvernement Impérial, nomma nne commission pour s'enquérir et faire rapport sur la condition du travail dans le Royaume-Uni. Il y eut deux rapports dont eelui de la minorité respirait à pleins poumons le socialisme. Cette section de la commission opta pour l'abolition des contrats, pour l'exécution “à la journée ” des travaux publics, l’adoption de 8 heures de travail, 'a cessation de tout ouvrage par les femmes à dor'icile, et l'emploi des désœuvrés par le gouvernement. Il suffit de l'expérience de la France relatée plus haut, pour pouver de suite l’illusoire du projet. Le projet de trouver
Us Er
ainsi de l’ouvrage pour tous les désæuvrés, a déjà souvent été mis à l'étude mais sans aucun résultat pratique.
‘ Sous l'en-tête “ Détresse en Angleterre ” le Daily Telegraph du 26 décembre 1893, reproduisait un article d’un journal de Londres du 2° de ce mois à l'effet que les meneurs se pluignaient de ce que les autorités locales ne s'étaient point prévalues de l’autorisation à elles acquise par le Gouverneinent Impérial de dépenser de l'argent sur des travaux de secours pour les pauvres gens sans emploi, avec le résultat que la détresse s’accentuait dans la plupart des grandes villes, et cela à la grande satisfaction des agitateurs socialistes et anarchistes. Cependant poursuit, l’article, 1l est dificile de voir, ce que le gouvernement peut faire de plus, si non un socialisme d'état sur une échelle gigantesqne, et pour ceci l’opinion publique n’est pas encore mûre. ”
‘“ La dernière proposition est que le gouvernement garantisse £50,000,900 sterling ($250,000,000) pour permettre l’exécution d’un système de réclamer à la mer, une lisière de terrsin sur tout le parcours des côtes de l'Angleterre. Il est vrai que de semblables entreprises entre les mains de particuliers out donné des profits, et la Hollande en a démontré le caractère pratique et rémunératif pour le gouvernement. Nulle raison de douter non plus que dans le seul district de Londres, la réclamatior des battures de la Thamise, de la ville à la mer, est pirfaitement praticable et donnerait de l’ouvrage à des milliers d'hommes d’ici à plusieurs années, serait
d’un bienfait immense, et rapporterait de bons profits, sur la mise; mais le gouvernement hésite assez naturellement à faire le premier pas dans nne aussi vaste entreprise. ”
Mais trouvât-on de ces moyens d'employer des milliers d'hommes, jamais on ne saurait utiliser tous les nécessiteux dont le nombre parait croître sans cesse, et les emp'oyât-on que ce ne serait que pour peu d’années puisque les plus vastes projets se réalisent aujourd'hui en de 5 à dix ans au plus, comme le chemin de fer Pacifique Canadien qui de l'Atlantique au Pacifiique déroula dans 5 ans ses 5000 milles de pareours—celui de la Sibérie qui long de plusde 6000 milles de Moscow à Vladivostok sur le Pacifique se verra aussi terminer en cinq ans. Eh bien, suppusez encore un chemin de la sorte traversant l'Afrique, la réclamation du Sahara en en faisant un lac, le percement de l’Isthme de Panaina, et donnât-on même suite au projet de racheter par des endiguements les battures encore improductives des côtes maritimes et riveraines des divers continents, que tout cela n’emploierait point peut-être pour 30 ans tous les désœuvrés s1l fallait à tous de l’emploi ; et d’ailieurs, ehose certaine, tous les trésors du monde n’y suflraient point, et ce serait toujours à recommencer.
Non, ee ne sont point de ces moyens spéciaux qu'il faut rêver pour utiliser les bras des millions qui sont sans ouvrage : il faut quelque chose de plus efficace, plus durable, plus simple et qui se trouve partout à la main, sans frais pour faire exister, créer des terrains qui n'existent point, pour les racheter du lit-
toral des mers, des lacs, des rivières, pendant qu’il en exi-te des millions, des centaines de millions d'acres à l'intérieur, tout prêts à livrer leurs trésors à la bonne volonté de ceux qui veulent gagner honnêtement leur vie, aux gens de cœur qui sont prêts à remplir l’injonction du créateur : t1 gagneras ta vie à la sueur de ton front ; sueurs bienfaisantes qui soulagent le fort travailleur du trop plein de son être dû à un appêtit activé par son labeur, aidant ainsi à et motivant une hâtive et sanitaire digestion.
Mais si on ne peut creer du travail pour chacun, pour ceux des villes surtout qui ont une certaine somme de connaissances acquises qui les rendent propres à autre chose qu’à : iltiver la terre, tout digne et honorable que soit cet emploi; si disonsnous, on ne peut aviser aux moyens d'augmenter le travail en créant de nouvelles industries, de nouveaux besoins qui engagent les riches à angmenter le nombre de leurs employés—de grâce au moins ne nous étudions point à les simplifier davantage, à en diminuer le nombre pour augmenter ainsi l’armée de ceux qui ne peuvent trouver à utliser leurs bras, leur bon vouloir.
La classe ouvrière se plaint déjà amèrement que les machines dans toutes les manufactures, dans toutes les industries sont venues se substituer au travail manuel, en enlevant ainsi à des millions de bras leur juste part du travail. Mais ceci n’est peutêtre qu'apparent, et au contraire, le nombre des travailleurs n’en a peut-être point été diminué—peutêtre même, la somme de tra il n’en a-t-elle été
qu’aagmentée ; car ça n’a été qu’un déplacement du travail, une substitution d’une classe de travailleurs à une autre.
En effet les chemins de fer urbains et autres ont ilest vrai mis hors de concours, des milliers de charretiers, cochers, voituriers, charrons ; mais par contre que de milliers, centaines de milliers d'hommes aujourd'hui, sont employés depuis l’ère de la vapeur : les journaliers où manœuvres à faire les terrassements, remblais et déblais, de ces voies ferrées, à en percer les tunnels, à en couper dans la forêt les bois nécessaires à servir de supports,de coussinets aux rails, aux doubles rails ou voies dont le parcours aux seuls Etats-Unis d'Amérique atteint l'incroyable étendue collective d’autant de mille milles, qu’il y a de jours dans l’année: oui, pour cette seule nation d’une population de 70 millions d'âmes, il est vrai, mais d’un vingtième seulement de la pop lation terrestre, 365,000 milles de voies ferrées, capables de faire 15 fois le tour du globe. Ajoutons à ce chiffre qui dépasse déjà l'imagination, les autres miiliers de milles de ces chemins du monde entier, et l’on ne sera pas lent à voir que les charretiers n'ont pas gain de cause dans leur plaintes mal fondées de la diminution du travail manuel, motivé par la substitntion des convois électricques et autres à l’ancien mode de transport ; car n’y a-t-1l point encore, avec la découverte de la vapeur, le développement inattendu de toutes les houillières du monde, et pour cette seule industrie, combien déjà de centaines de mille bras employés à extraire le charbon, le combustible pour produire cette vapeur, pour la réduc-