SCENE XIV
MAXIMILIEN
Tradéri, déra, la, là! Boum, boum !*
Je te dois à mon tour une confidence sérieuse. Tu sais que j’ai toujours dit que, si tu me donnais l’exemple...
MAXIMILIEN
Oh ! oh! Je sens venir mademoiselle Irma de Rocheplantin...
ANTÉNOR
Comment la trouves-tu ?
MAXIMILIEN
Eblouissante de grâce et de fraîcheur.
ANTÉNOR
N’est-ce pas? Si elle voulait se décolleter, elle ferait encore beaucoup d’effet... Elle a une propriété dans la Bourgogne, deux maisons à Lyon et des rentes sur l’Etat. De mon côté, je me suis arrondi... Tout cela, tu penses bien, vous reviendra un jour à sa nièce et à toi ; car, à mon âge, il n’est pas probable...
MAXIMILIEN
Anténor, j’accepte d’avance toutes les conséquences de votre union et je bois à votre fiancée, à votre belle fiancée !
ANTÉNOR
Ah ! si tu n’étais pas marié... La nièce est fort jolie, j’aurais pu devenir ton oncle.
MAXIMILIEN
Qui sait ? Je puis avoir le malheur de perdre ma femme.
ANTÉNOR
Ne l’en flatte pas, ces Italiennes ont la 'vie dure en diable !
MAXIMILIEN, lui présentant des cigares.
Fumes-tu?
ANTÉNOR
Non, merci... Ainsi, tu me conseilles de ne plus attendre ?
MAXIMILIEN
Eh malheureux ! tu n’as que trop attendu.
ANTÉNOR
Eh bien I morbleu... je ferai ma demande aujourd’hui môme.
MAXIMILIEN
Bravo ! mais qu’en dira Toinon?
ANTÉNOR
Elle en dira ce qu’elle voudra, parbleu... Donne-moi cigare.
MAXIMILIEN
Bravissimo ! Je ne désespère pas de te former !
ANTÉNOR, qui vient d’allumer son çigarc.
un
Air : Quand on est mort.
Oui, plus j’y pense, plus je vois Qu’il est sage
* Anténor, Maximilien.
D’entrer en ménage. *
Du mariage Il faut, je crois,
Une fois
Subir les saintes lois.