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de beaux cheveu^ doré$, et je menton e^ompie une pêche ; avec cela, fort et solide. On dit qu^il a du talent?
— Sinon plus, du moins autant que rAmî-du-trait^ et pas pl\is de rivalité entrç eux pour le talent que pour Famour.
— Parlez plus bas^ dit TEnfant-du-^énie, qui, placé à côté d'euy, les avait entendus ; voici le Dîçnîtaire, et;§^ on parlait légèrement de la Mère devaj(?l iui, ca jpoyrrajt mener plus loin ^u'on ne veut.
r- Per&pwç n'en parle légèjreBjiejçM;, moja ckep pay«, répondit Sans-crainte..
Lie Dipiitâke «e^tra. En recoiMiaîssaj)!; Ron^mêf i^ Bon- Sùuti&fiy Pierre Huguenin ^ç lev^^ «it jUs s^ re^tirèr^ dans .u^e !^ut^e pièce pour écbangcir liCs ^aji^ ^'^ui^sii^ % pàx iU étaiei^t Dignitaires H^us iies deux, et poi^vaient ntaf^er de pair. Gepejadaat la dignité .4e i'A^-4u-lrfiit; ^'étaU j»]im qu'bonariâque. €'est un règne qm œ dure que si^ mois^ et que deux compagnons Me pourraient 4' ailleurs lexercer à .k {ois dam^ Ju^e ville. L',autorM^ ifi fàk. de &omanet le Boa-Soutien pouvait donc^'étendre^ dan« fia résideace, sur Pierre Huguenii^ çoimme sur un «ijo^le compagnon .
Lorsqu'ils rentrèr^tit dans la saHe et^e te Di^itake fle Blois aperçut Amaury le Corintiiien, il devint paie, et ils s'embrassèrent avec émotion.
•^ Soyez le bien arrivé, dit le Dignitaire au Jeune bomme. Je vous ai fait appeler pour le concours, et je vois avec satisfaction que vous avez accepté. Je vous en remercie au nom de la société. Mes pays, ce jeune homme ^t un des plus agréables talents que je connaisse : vous ,ç^ ^ugejçez. Pays Corin^ttûen, ajouta-t-il en s'adressant à Amaury flus fwirtiettlièrement, et en s Wor^ant de ne pais paraître mettre trop d'impprtanceà sa éemafide^ saviez*-
DU TOUR m Fa ANGE. if^
vcm que nm^ avions perdu notre exeeUeni père Savinieuf
— Je ne le savais pas, et j'en suis triste, répondit Amaury d'un ton de franchise qui rassura le Dignitaire.,
— Et vous^ le pays, reprit le Bon-Soutien en s*adressant à Pierre Huguenin, quand on s'appelle rAmi-dutrait, on est un savant modeste. Si nous avions su où vous prendre, nous vous aurions invité au coneours ; mais puisque vous témoignez par votre présence que ^ous n*avez point abandonné le saint Devoir de liberté, nous vous prions et vous engageons à vous mettre aussi sur les rangs. Nous n*avonspas beaucoup dTârtiste^ de yotre force^
— Je vous remercie cordialement, répondit Huguenin ; mais je ne viens pas peur le concours. J'ai des engagements qui ne me permettent pas de séjourner ici., J'ai besoin d'aides> et je vi^ns, au nom de mon père, qui est Maître, pour embaucher ici deux compagnqns,
— Peut-être pourriez- vous les embaucher et les envoyer à votre père à votre place. Quand il s'agit de l'honneur du Devoir de liberté, il est peu d'engagements qu'on ne puisse et qu'on ne veuille rompre.
— Les miens sont de telle nature, répondit Pierre, que je ne saurais m'y soustraire. Il y va de l'honneur de mon père et du mien.
— En ce cas, vous êtes libre, dit le Dignitaire.
Il y eut UQ moment de silence, La table était composée de compagnons des trois ordres : compagnons reçu$, oompagnoDs /îwtV, compagnons initiés^ Il y avait aussi bon nombre de simples affiliés; car chez les gavois règne un grand principe d'égalité. Tous les ordres mangenty discutent et votent confondus* Or, parmi teu» ces jeunes gens, il n'y en avait pas un seul qui ne sotihaitàt vivécdénf dié cotidôùrlf*. Cotmne àû devait éhôMt énti'e
k lien dPouvrir im rris différent de eetili de la séeiéiéi Si von» avez q^ei^oes bennes mén stir ifos àiTaires, tous avez le droit et la liberté dé les exposer demain devant rassemblée; «t je vèvs ^xmrelqacf, certain davaticeque s! VG^re avis est b<my on s'y rendra^ et qoë i'il est mauvais^ enat TOUS pardonnera vetr^ erreur.
On Se Mpsfrà Sur cette stige déefléfon. Une partie des ëéttnpagnôiiêl t)téseÈfts logeait chez la Mère; Une petite ebariitbTè à^hii été préjrtirée pour fittgùeirifl et Amâtfihf , qui y furent conduits par la servante. La Mère s^é'tâit i^ëtfréé avatit la ûti du Mtipév.
dùani féà SiêHi àiâis fufënt coucbés dâiis le niétôé fit Suivant TaM^ùè usàgè' dès geùs du pétiple, ïlugtiéiilti, cédant à la fatigué, àflâlt Â'endôfritir ; mais i*ag!tàtièn de Son ami iié le liil péi-mlt pus. — ftëtè, dit le jeune îioihmè, je f ai dit (jù'ùn Jour viendrait peut-être où Je pourrais te cobfîér mon sèèret. Eh bien, ce jour est veiiu plus tôt que je hé le prévoyais. Je suis atfuôui^eut de 1| Savinienne.
— Je m'en suie aperçu ce soir, répondit i^terré.
— Je n'ai pu, reprit le Corinthien, maîtriser mon émotion en apprenant qu'elle était libre, et up instant de folle joie a dû me trahir. Mais biçntèt la voix de ma conscience m'a reproché ce sentintent coupable, car j'étais l'ami de Savinien; €e digne homme avait pour moi une aifection particulière. Tu sais qu'il m'appelait son Benjamin, son saint Jean-Baptiste< son Raphaël : il n'était pas ignorant, et il avait des expressions et des idées poétiques. E>^lient Savinien! j'eusse donné ma vie pour lui, et je la donnerais encore pour le rappeler sur la terre ; car la Savinienne l'aimait, et il la rendait heureuse. C'était un honun^ plus pr^eux et plus utile que moi en ce monde.
-r jF'ai compris tout ce qui se passait dans ton cœur» répondit VÂnai-^u-tralt-
— Èét-ii possible 1
-T* Qo lit aisément dans le cœur de ceux qu'on aime. Éh bien^ roalutenant qu'espères-tu î La Savinienne coiinaît ton amour , et je crois qu'elle y répond. Mai^ es-fu le mari qu'elle choisirait? Ne te trouvera^t-elIe pas bien jeune et bien pauyre pour être le soutien de sa maison, le père de ses enfants?
— I^oilà ce que je me dis et ce qui m'accable. ï^ourt^nt je suis laborieux ; je n'ai pas perdu mou temps sur le tour de France, je connais mou état, lu sais que je n'ai pas dé mauvais penchants, et je l'aime tant^ qu'il ne me semble pas qu'elle puisse être malheureuse avec mdj. Me crois-tu indigne d'elle ?
^- Bien au contraire, et, si elle me consultait, je dissiparais les craintes qu'elle peut avoir.
-^ dh! faites-le, mon ami, s'écria le Corinthien, parez-lui de moi. Tdcbez de savoir ce qu'elle pense de moi.
-T II faudrait mieux savoir d'avance jusqu ou va votre liaison, répondit Pierre en souriant, te rôle que tu me eunflés serait moins embarrassant pour elle et pour moi.
— Je te dirai tout, répondit Âmaury avec abandon. J'ai passé ici près d'une année. J'avais à peine dix-sept ans (j'en ai dix-neuf maintenant), j'étais alors simple afflh'é, et je passai au grade de Compagnon-reçu après un court séjour, ce qui donna de moi une bonne opinion à Savinien et et sa femme. Je travaillais à là préfecture, que l'on réparait. Tu sais tout cela, puisque c'est toi qui m'avais fait afQIier à mon arrivée, et que tu ne nous quittas que six mois après. J'ai toutes ces dates présentes; car c'est le jour de ton départ pour Chartres que je m'aperçus de l'amour que j'avais pour la Savinienne. Je me souviens de la belle conduite que nous te Ames sur la cbaussée.
Nous avions nos cannes et nos rubans , et nous te suivions sur deux lignes, nous arrêtant à chaque pas pour boire à ta santé. Le rouleur portait ta canne et ton paquet sur son épaule. C'est moi qui entonnais les chants de départ, auxquels répondaient en chœur tous nos pays. La solennité de cette cérémonie si honorable pour ceux à qui on la décerne, et dont j'étais fier de te voir le héros, me donna de l'enthousiasme et du courage. Je f em-* brassai sans faiblesse, et je revins en ville avec la Cm," duite, chantant toujours et ne songeant pas à Tisolement où j'allais me trouver, loin de l'ami qui m'avait instruit et protégé. J'étais, je crois, un peu exalté par nos fréquentes libations, auxquelles je n'étais pas accoutumé et auxquelles je crains fort de ne m'habituer jamais. Quand les futnées du vin se furent dissipées, et que je me re« trouvai sans toi chez la Mère, sous le manteau de la cheminée, tandis que nos frères continuaient la fête autour de la table, je tombai dans une profonde tristesse. Je résistai longtemps à mon chagrin ; mais je n'en fus pas le maître, et je fondis en larmes. La Mère était alors auprès de moi , occupée à préparer le souper des compagnons. Elle fut attendrie de me voir pleurer ; et pressant ma tête dans ses mains de la même manière qu'elle caresse ses enfants : Pauvre petit Nantais, me dit-elle, c'est toi qui as le meilleur cœnr. Quand les autres perdent un ami, ils ne savent que chanter et boire jusqu'à ce qu'ils n'aient plus de voix et ne puissent plus tenir sur leurs jambes. Toi, tu as le cœur d'une femme, et celle que tu auras un jour sera bien aimée. En attendant, prends courage, mon pauvre enfant. Tu ne restes pas abandonné. Tous tes pays t'aiment, parce que tu es un bon sujet et un bon ouvrier. Ton père Savinien dit qu'il voudrait avoir un lils tout pareil à toi. Et quant à moi, je suis ta mère, enteuds^tu? non pas seulement comme je suis cellç de toys
DU TOUR DE FRANGE. i^^
les^ compagnons, mais comme celle qui t'a mis au monde. Tu me confieras tous tes embarras , tu me diras tes pei* nés, et je tâcherai de faider et de te consoler.
En parlant ainsi, cette bonne femme m'embrassa sur la tête, et je sentis une larme de ses beaux yeux noirs tomber sur mon front. Je vivrais autant que le juif errant que Je n'oublierais pas cela. Je sentis mon cœur se fondre de tendresse pour elle, et, je te Tavoue, pendant le reste de ce jour-là, je ne pensai presque plus à toi. J'avais toujours les yeux sur la Savinienne. Je suivais chacun de ses pas. Elle me permettait de l'aider aux soins de la maison, et le brave Savinien disait en, me regardant faire : — Comme ce garçon est complaisant I quel bon enfant! quel cœur il a ! — Savinien ne se doutait pas que dès ce jour-là j'étais son rival, Tamoureux de sa femme.
Il ne s'en douta jamais; et plus j'étais amoureux, plus il avait de confiance. Lui qui avait la cinquantaine, il ne pouvait sans doute pas s^imaginer qu'un enfant comme moi eût d'autres yeux pour la Savinienne que ceux d'un fils. Mais il oubliait que la Savinienne eût pu être sa fille, et qu'elle n'eût pas pu être ma mère. Cette Mère chérie vit bien l'état de mon cœur. Jamais je n'osai le lui dire; je sentais bien que cela eût été coupable, puisque Savinien était si bon pour moi. Et puis je savais combien elle est honnête. Il n'y aurait pas eu un seul compagnon, même parmi les plus hardis, qui se fût hasardé, fût-ce dans le vin^ à lui manquer de respect. Mais je n'avais pas besoin de parler; mes yeux lui disaient malgré moi mon attachement. A peine avais-je fini ma jouniée que je courais chez la Mère, et j'arrivais toujours le premier. J'avais un amour et des soins pour ses enfants comme ceux d'une femme qui les aurait nourris. Dans ce tempslà elle sevrait son garçon.. Elle fut malade, et ses cris l'empêchaient de reposer. Elle ne voulait pas le confier
fis tu GOmMNW
à sa servante^ pÉrée cpië Faroe lï<m «raôt te diOM0|«tt dt»« et Te^ ïm\ «Agùé^ ma^é ito lioiiiiie voloimé.' Mé fietmU que je prisse FenfàBl^ ààù^ nieto Ut ptêûdniit les nilîisk' Je ne poKTai^ fermer Fœil; mal» j'élâls h^tireiijb dé te bercer et de te promenetr dans mes bras aolenp de ta ebaitfliire^ ^ hii dxanlariit la ebansoH de la pdtile qpri powd vu esof d'argent pefmr tes loMs marinots. Gela durd detet mMi/ La Mère était guèrtey et te petit s'était huïfitmé à dov^s^ IraâqtiiltemeM avee moi* Quaiid elte toiQflut te repf'eB* dre, il ne voaliit pltfs Éae qailtef ^ éiiitt reposé dan» me^ bras toui le temps qœ |'at passé iei. JFei cfols qu'il n'y a pas de lieik pim tendre qtfô e^tii à'wm fëmme avec la personne qui aime son «i^nt et qufî en est aimée< Meus étions comfiàe frère et sœtir^ la Sairintenne et moi. f^and elle me parlait^ quand elte me regardait, il y a^t ait dàn$ sa toix et dans ses yét^% la douceur àtx pars^is^ et je n'étais smiciéox de rieiif quoiqu'il y eât auprès de nous quelqu'un qui eât pu donner bten de Finqùlétiide à Savinten et à moi. (i était Romanèt leBon^soutien^ atijourd'hw Bignitaire^ Quel bon eœiir l quel brave <ibm^agnoà eii^ eoreque eeiui-là I II ainçiait ta Savinienne eomme }ë raîme, et je crois bien qu'il Taimera toute sa vie. Dans ce tcabap»li, tes affaires de Savinien étaient asse» (embarrassées. Il avait du crédit^ mais pa^ d'argent ; et il était obligé de payer ebaque année une partie de ee qu'il dvait emprunté sur parole pour aebeter son fonds. Et comme il ne ga* gnait pas beaucotip { il était trop bonnète homme podr cela)y il voyait ayec efïrol arriver le moment où il ser«ét obligé de oéder son auberge à un autre. Sa j'avais eu qnielr que ebosey eombten j'aurais ^té beureux de l'aider ! Mais je ne possédais alors que lé vêtement que j'avais sur te dos ; et mres journées sidrilsatent à peine à m'aOquitter envers Savinten,/ qui m'avait nourri et tegé gratis dans teift »fmmeB<;eÉMMs/ Romitiiet te BçsHS^Uea était dans
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^ÊfÈ$ tteifieiwe j^os^n . U étaif; Hche. H ayailt «a faéfMa^ «k {riuswurs oiittiers d'éeus. il te veiidit> eb ie ont àtm les nains jdLe fiivinieiiy sams «ircNBioiff aeeeptor de biiie|tB^ nî recevoir â^intéréts, en kii jdisapt ifu'ii le lui fendrait daos dix ans s'il ne p6U4rait foiré mieux. li a agi aioist par amitié pour Savinien, je le veux Uben; miaÈB, sans nesL Uer à son bon ceetar, on pieut j||)ieB «devimer que la Sayisi^ae entrait poar beaucoup dans te plaisir «piMl avait à &irc cette bonae action. Le brave jeune boijoiile n'en itait q«e pius tiaxide avee die , et ^ oomoieiMH , H se fût fait un crime de manquer au dev^nr de l'amitié envers son mari. Nous Taimions donc tous les deux, et elle nous traitait tous les deux comme ses meilleurs amis. Mais Romanet, retei^ p^r ^ fnofd^^tie à cause de son bienfait, et demeurant en ville, la voyait moins souvent que oM. Enfin 9 jqiudle qu'en fàt la cause» la Mère avait pour moi uoe préférenee bien marquée. jEUe vénérait le Aon-souticn comme un àtt^, mais elle me choyait c^iaswe son enfant ; et 11 n'fr avait pas quatne personi^s plus unies et piua heureuse» sur la terr« ,quie Saviaien, «a femme, ie Bao-âoutien et moi.
Mais te temps vint enfin mi il fallut m'i^gner. Les travaux de te préfecture étaient terminés, et Touvrage allait manquer pour te nombre des compagnons réunis à filais. De jeunes compagnons ariivèrent ; ce fut aux plus anciennement airivés de leur ^rade à teur céder te {^ace. J'étais de ce noita^bre. On décréta qu'on noua ferait la teanduitte et qjo» Ton nous dirigerait mr P<N,tier6.
€*e8t alors que je ip'a]perçius de la force die mon aenti^ «ént. J'éteds comme fou, et h douJeur que j'éprMvaîs en apprit plus à la Savinienne que je n'iaurleiifi va^ulà lui len dire. C'est cite <qui vm donna la force d'^lnéir au 9e^ voir en me parlant de son honneiipr et du anlen ; et, dans cette exhortatitt», il y eut des paroles édtangé^s ifu.e neu$
ne pûmes pas reprendre après les avoir dites. Enfin, Je partis le cœur brisé, et je n'ai jamais pu aimer ou même regarder une autre femme que la Savinienne. Je suis encore aujourd'hui aussi pur que le jour où tu quittais Blois, et où la Savinienne m*embrassait au front sous le man*> teau de la cheminée.
Pierre, attendri par le récit de cette passion naïve et vertueuse, promit à son ami de le servir dans ses amours, et s'engagea à ne pas quitter Blois sans avoir pénétré les desseins de la Savinienne et soulevé le voile qui cachait ravenir du Corinthien.