‹ Le compagnon du tour de France (volume 5)Chapitre 32 sur 40 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

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M. Isidore Lerebours, l'employé aux poiilset-chaussées , était depuis quelque temps l'habitaut à poste fixe du château de Yillepreux. Sou père préteudait qu'il avait eu quelques désagréments avec son iuspecteur, et que, dégoûté de la j)artie, il avait donné sa démissiou. Mais le fail est que la sottise et l'ignorance d'Isidore avaient été insupportables à son chef, (|uil y avait eu des paroles très-vives échangées entre

eux, et que, sur le rapport auquel cette discussion avait donné lieu, il avait été destitué. Il était hébergé au château, en attendant qu'on lui trouvât un nouvel emploi , et demeurait dans la tour que son père occupait au fond de la grande cour, et qui faisait vis-à-vis à la Tour carrée de la Savinienne.

Voyant donc de safenêtre tout ce qui se passait là , il s'était bientôt convaincu que la belle veuve n'avait d'intrigue amoureuse ni avec Pierre ni avec le Corinthien ; etnedoutantpasque sesbeaux habits et sa bonne mine ne fissent de l'effet sur cette femme simple et condamnée au travail, il se hasarda à co({ueter autour d'elle. La Savinienne ne songea pas d'abord à s'en effrayer, et ne ressentit pas pour lui cet éloignement qu'il inspirait à toutes les femmes de la maison. La Mère des conijiagnons avait vu tant et de si rudes natures gronder autour d'elle, qu'elle ne s'étonnait plus guère de rien , et ne connaissait pas d'ailleurs cette peur anticipée et puérile (pii tient de près à la co(pietlerie agaçante.

Charmé de n'être pas brusqué par elle comme il avait l'habitude de l'être par Julie et les autres soubrettes , Isidore crut que la Savinieune serait de meilleure composition , et s'enhardit auprès d'elle au point de vouloir folâtrer dans la cour, lorsqu'elle la traversait le soir après avoir porté son linge au château. Ces gentillesses n'étaient pas du goût de la Savinienne : elle le menaça de lui donner un soufflet, ce qu'elle eût fait aussi tranquillement qu'elle le disait. Mais il était écrit dans le ciel qu'Isidore serait réprimé par une main un peu plus robuste.

Un soir, étant ivre, Isidore vit la Savinienne chercher au bas de la Tour carrée un jeune pigeon qui venait de tomber du nid. Il s'élança ^vers elle, sans voir que Pierre Hugueuin éiait à deux pas de là ; et il recommença ses grossières importunités avec des expressions si triviales et des manières si peu respectueuses, que Pierre indigné s'approcha et lui ordonna de s'éloigner. Isidore, qui n'était pourtant pas brave, mais à qui le vin donnait de l'audace, voulut insister, et,

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