‹ Le compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses ritesChapitre 1 sur 107 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le compagnonnage est aujourd'hui presque ignoré du public, et son nom même s'efîacc peu à peu du souvenir du peuple. Sauf dans trois ou quatre corporations où, sous l'influence de causes diverses, il a pu se perpétuer jusqu'à nos jours et conserver quelques vestiges de son ancienne influence, le compagnonnage est mort ou se meurt. Il ne groupe plus qu'un nombre presque insignifiant d'adhérents. Les sources de son recrutement sont taries. Ses coutumes, jadis si invariablement gardées, ses règlements, véritable code de la vie professionnelle d'autrefois, ses rites qui furent entourés d'un si religieux respect, tout cela se dissout peu à peu, se fond lentement et s'évanouit di'jà plus qu'à demi dans la nuit du passé. C'est à peine si quelques rameaux verdoient encore au sommet de l'arbre antique dont la sève se retire et dont le tronc creux et desséché ne résistera plus longtemps aux orages.

Et cependant le compagnonnage a été, pendant plus de cinq siècles, et jusqu'à une époque relativement récente, l'une des institutions les plus puissantes de notre pays. Contre la corporation de métier devenue, dès le xv®, mais surtout au xvir et au xviii" siècle, au lieu de la libre et fraternelle association du temps de saint Louis, l'instrument d'une oligarchie marchande égoïste et jalouse, au lieu d'une coopération, un monopole, au lieu d'un vaste édifice largement ouvert à tous les travailleurs, une petite

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