CoLLECT. Lamoignon, t. XXXVIII, f
les autres se placeront eux-mêmes sans pouvoir se faire placer par aucun compagnon, sous quelque prétexte que ce puisse être.
Un autre arrêt du 10 janvier 176j (recueil précité des statuts des chapeliers, p. 230) ordonne qu'à l'avenir « aucun garçon chapelier de Paris ne pourra être placé chez un maître ([uc par le clerc de la communauté, auquel sera alloué pour chaque placement un droit de vingt sols, sans pouvoir exiger par ledit clerc autre et plus grand droit; en conséquence fait défense aux garçons chapeliers de se mêler de se placer les uns les autres chez les maîtres et à cet effet de s'assembler et cabaler entre eux à peine d'amende arbitraire. «
Enlîn le règlement provisoire des communautés d'arts et métiers du ressort de Paris, reconstituées par l'Édit d'avril 1777 défend à tous apprentis, compagnons et ouvriers de s'assembler en corps sous prétexte de confrérie ou auti'ement, de cabaler entre eux pour se placer chez d'autres maîtres ou pour en sortir '■.
Tous ces édits, arrêts, règlements, statuts et ordonnances eurent le même sort que tous ceux qui les avaient précédés. II est une force supérieure aux pouvoirs publics, à la justice, à la police et à la maréchaussée ; c'est la force de résistance qu'une association puise dans un instinct social, dans l'appui que lui donne tout un peuple dont elle défend la cause et sert les intérêts. Au surplus les maîtres eux-mêmes secondaient mal les efforts des autorités de police et nombre d'entre eux, pour s'éviter toute difficulté, lorsqu'ils avaient besoin d'un compagnon, persistaient à s'adresser au routeur au lieu de réclamer les bons offices du bureau de la communauté -.
En 1754, cependant, les maîtres serruriers de Bordeaux tentèrent un effort collectif en vue de mettre un terme aux
1. Voir encore des dispositions semblables concernant les maîtres maçons, couvreurs et plombiers do Blois {Archives de Blois, FF, 3), les compagnons savetiers do Paris [Archives de la préfecture de police, fonds Lamoignon, vol. 27, f 131), les cordonniers de Paris (ibid., t. XXVIl, f 91), les tailleurs (Arch. Nat., F'% 50").