INTRODUCTION XIII
ment fort inléiessants bien qu'anonymes. Mais ces révélalions étaient loin d'épuiser un si vaste sujet. 11 nous a été donné, à notre tour, de recueillir nombre de documents inédits qui complètent, à bien des égards, les données antérieurement acquises. Nous citerons notamment : le rituel de réception de l'Union compagnonnique, la reconnaissance des compagnons vitriers, le règlement intérieur des compagnons boulangers, l'Instruction compagnonnique où se trouve formulé l'enseignement secret donné aux nouveaux initiés, etc. On comprendra aisément que nous ne puissions indiquer la voie par laquelle nous sont parvenus ces renseignements. Il n'eût pas suffi au surplus d'être instruit des rites et des formules du compagnonnage pour se rendre véritablement maître du sujet. Le compagnonnage n'est pas seulement une société secrète, une sorte de religion, dont les symboles, le cérémonial, la liturgie peuvent à juste titre éveiller l'intérêt du lecteur ou tout au moins exciter sa curiosité; c'est encore une société ouvrière dont le rôle social a été jadis fort important et dont l'inlluence a survécu dans quelques corporations, alors que dans quelques autres elle groupe encore un petit nombre d'adhérents. Ces sociétés ont leurs statuts particuliers, leurs usages propres, leur hiérarchie. Elles ont organisé et elles gèrent des institutions de mutualité, de prévoyance ou d'enseignement. Elles s'occupent avec zèle du placement de leurs membres. Une enquête s'imposait à l'etîet d'étudier, à tous ces points de vue, l'organisation et le fonctionnement des compagnonnages encore existants. Nous avons donc adressé à toutes les sociétés de compagnons une lettre exposant le but que nous poursuivions et sollicitant un rendez-vous. Il nous faut rendre compte, brièvement, de ces démarches et citer les noms de nos témoins.
UUnion compagnonnique nous a réservé le plus aimable accueil et nous a libéralement communiqué les renseignements les plus complets sur son histoire, ses règlements, ses coutumes (à l'exception, bien entendu, des rites réservés qui nous ont été divulgués d'autre part). Nous remercions ici tout spécialement M. Lucien Blanc, chevalier de la Légion d'honneur, maire de Grézieu-la-Varenne (Rhône), ancien compagnon bourrelier et président de l'Union compagnonnique; M. Pichard (Parisien la Bonne Conduite),