SCÈNE XII
Herniinie, puis Mme Ladurel, puis Mme Dupontiii et Mme Lcbrunois, puis le Marquis; puis Mme Le Petil-Ronein, puis Nicole.
Herminie, seule. — Cette comtesse de contrebande finira marquise de Carabas.
Madame Ladurel, entrant et allant à Herminie. — Ma chère amie, je viens vous dire au revoir.
Herminie. — Comment, ma chère, vous partez déjà?
Madame Ladurel. — Excusez-moi... ma couturière m'attend.
Herminie. — Oli ! alors !...
(Elles remontent en causant, et ]\Imr Ladurel sort par le fond.)
Madame Lebrunois, entrant de droite, 2'' plan, avec Mme Dupontin, tout en causant. — Délicieuses, ces tartelettes au riz...
Madame Méridol. — N'est-ce pas? Et faciles à faire... Je connais la recette.
Madame Lebrunois. — Oh ! donnez-la moi, je suis si gourmande.
^fadame Méridol. — Voici : vous prenez cent grammes de riz... vous le faites crever.
Le Marquis, qui vient d'entrer. — Je parie. Mesdames, (jue vous causez chiffons?
Madame Lebrunois. — Non, Marquis !
Le Marquis. — Sans indiscrétion, de quoi parliez-vous?
Madame Méridol. — De faire crever...
Le Marquis, sursautant et l'interrompant. — Encore 1 Mais elles n'ont donc toutes que ce mot à la bouche !...
Herminie. qui est redescendue. — Eh bien, Marquis, qu'avez-vous?
Le Marquis. — J'ai... que je crois décidément que je ne suis plus dans le train ! Certes, les femmes d'aujourd'hui sont aussi jolies cfue celles de mon temps, mais je suis resté de cette vieille école qui trouve que, des lèvres d'une jolie femme, ne devraient tomber que des mots de tendresse et d'amour! (Saluant.) Mesdames!...
(7/ sort par le fond.)
Herminie, étonnée. — Pourquoi dit-il ça?
Madame Lebrunois. — Je ne sais pas !
Madame Méridol, à Mme Ladiirel. — Je vous donnerai la recette en voiture. (A Herminie, prenant congé.) Ma chère amie...
Herminie. — Quoi, vous partez aussi?
Madame Méridol. — Hélas ! un tas de courses à faire...
Herminie. — Mais c'est une désertion !
Madame Lebrunois. — Au revoir, chère amie...
Herminie. — Je vous reconduis...
Madame Méridol. — Je vais m'installer demain à Saint- Cyr...
Madame Le Petit-Iîoncln, qui vient d'entrer sans être aperçue, à part, avec émotion. — Saint-Cyr ! Encore Saint-Cyr 1
(Herminie, Mme Méridol et Mme Lebrunois sortent par le fond, tout en causant et sons la voir.)
Nicole, entrant de gauche, 2^ plan. — Ah ! Madame Le Petit-Roncin, votre mari vous clierche.
Madame Le Petit-Ronein. — Où est-il?
Xieole. — ■ Dans le bureau de papa...
(Elle indique la gauche, 2^ plan.) Madame Le Petit-Ronein. — Merci !
Nicole. — Mais vous paraissez tout émue ! Qu'avez-vous, chère Madame ? ^ .--'^ ; • »
Madame Le Petit-Ronein. — Rien, chère mignonne, rien... Un souvenir... (Souriant.) Je vais rejoindre mon mari... (Sortant, à part.) Ah! pourquoi faut-il que j'entende toujours parler de Saint-Cyr !
(Elle disparaît par la gauche, 2^ plan.)