SCÈNE XIII Mariette, puis Robert Mariette, seule. — La peau de qui
Robert, entrant de gauche, 1" plan. Il a une lettre à la main cl une valise. — Madame Monicourt n'est pas rentrée? (// pose sa valise sur le canapé.)
Mariette. — Non, Monsieur.
llobert. — Ecoutez, Mariette, voici une lettre pour elle.
Mariette. — Bien, Monsieur.
Roljcrt. — Mais vous ne la lui remettrez que lorsqu'elle sera seule dans sa chambre...
Mariette. — Seule... dans sa chambre?
Robert. — Enfin, vous ne la lui donnerez ni devant sa fille ni devant Monsieur Monicourt. C'est bien compris?
Mariette. — Oui, Monsieur.
Robert, à part, tout en prenant de l'argent dans sa poche. — Une lettre nous évite à tous les deux une scène pénible... Et puis, la Comtesse m'attend. (Donnant de l'argent à Mariette.) Tenez, Mariette.
Mariette. — Merci, Monsieur.
Robert. — Si vous vous mariez jamais, autant que possible n'épousez pas votre père.
Mariette, ahurie. — Epouser mon père?
Robert, regardant autour de lui. — Adieu, villa dans laquelle devait se passer ma lune...
Mariette. — Quelle lune?
Robert. — De miel, Mariette, ma lune de miel ! (Regardant la chambre de droite, l^r plan.) Adieu, ma chère petite Nicole.
Mariette, avec intérêt. — Monsieur pense toujours à Madame ?
Robert. — Si j'y pense? Oh! oui, mais pas comme je devrais y penser ! (Changeant de ton.) Je vais retrouver ma maîtresse.
Mariette. — C'est dégoûtant, Monsieur.
Robert. — C'est la vie!... Plus vous avancerez en âge, plus vous verrez que la vie n'est qu'une succession d'actions dégoûtantes.
Mariette. — Ah! ben...
Robert, à part. — Et maintenant, n'ayons pas l'air triste de partir.
(// prend sa valise, qu'il avait posée sur le canapé, et sort par le fond d'un pas dégagé, tout en sifflant.)