SCENE VI
Herminie, puis Monieourt
Herminie, regardant sortir. — Ah 1 oui, j'en ferai quelque chose !
Monieourt, entrant de gauche, 2^ plan. — Je te prie de m'excuser, ma bonne amie; Auguste ne m'avait pas dit... J'irai moi-même.
Herminie. — Où ça?
Monieourt. — Chercher un flacon d'eau de mélisse.
Herminie. — Tu es malade?
Monieourt. — Non, c'est pour mettre dans le nécessaire de Nicole.
Herminie. — En voilà une idée !
Moiiicourt. — Souviens-toi, ma bonne amie, quand nous sommes partis en voyage de noces, ta mère avait mis dans ton nécessaire un flacon d'eau de mélisse.
Herminie. — Si je me souviens ! C'est toi qui l'as bue.
Monieourt. — C'est vrai! Peut-être que Robert?...
Herminie. — Un ancien officier de dragons! Tiens, tu es ridicule ! Et je te prie de ne point te mêler de ce qui ne te regarde pas.
Monieourt. — - Oui, ma bonne amie.
Herminie. — Je sais ce que j'ai à faire et n'ai besoin de l'aide de personne.
Monieourt. — Non, ma bonne amie.
Herminie. — Je me donne assez de mal pour votre bonheur à tous !
Monieourt. — Ça, c'est vrai !
Herminie. — Je suis heureuse que tu le reconnaisses, et, à l'avenir, je te prierai de ne jamais donner un ordre à un domestique avant de m'avoir consultée !
Monieourt. — Je n'y manquerai pas !
Herminie. — C'est bien ! (Sortant par la gauche, 1" plan, en leoant les épaules.) Un flacon d'eau de mélisse... un ancien dragon 1