CHAPITRE HUiTIEMF
Vfie reficoBtre.
On déjeuna chez le gardien du petit parc.
Rouillard, qui jouissait d'un formidable appétit, n'ouvrit absolument la bouche pendant iè fè'pas que pour nianger éi îpàuf boire.
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Il s'en suivit que la conversation fut un peu languissante.
Champcarré, placé vis-à-vis de Cécile, prenait soin qu'elle ne manquât de rien et cherchait à prévenir ses moindres désirs, mais l'insoucieuse enfant ne remarquait pas les attentions de son cavalier. Elle s'occupait plus particulièrement des oiseaux qui se becquetaient dans une cage d'osier placée au-dessus de la porte du garde.
Deux ou trois fois elle se leva de table pour aller donner du pain ou des miettes de pâté à ces harmonieux prisonniers.
— Tonnerre!... grommelait le général, au
Ll' CO.MPKRli LÎ'ROCX. 281
lieu de songer à te marier j'ai bien envie de l'acheter une poupée. Tu es aussi enfant qu'il y a deux ans.
Le mot de mariage n'avait pas même le privilège défaire rougir la naïve pensionnaire.
— J*aime beaucoup les oiseaux, réponditelle en souriant. Si j'étais mariée, je suppose que mon mari me permettrait d'en avoir.
— Ma fille, fit gravement le vieux soldat, les enfants sont les oiseaux des gens mariés ; une fois dans les liens de l'hyménée, il faut renon-
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cer à toutes les puérilités des jeunes filles.
— Alors, j*aime mieux ne pas me marier.
-^ C*est bon, fit le général en hochant la tète d'une façon mystérieusement significative.
Rouillard,qui avait la bouche pleine, crut devoir laisser tomber de ses lèvres un aphorisme.
— tJn Soldât marié n'est pas uiî soldat, ditil -c'est dfl ôâniîfi'iéf.
LE COMPÈRE LERODX. 283
— Qu'est-ce que cela signifie, Rouillard? Est-ce que tu crois que je veux donner ma fille à un caporal d'ordinaire ?
— Je m'y opposerais, mon général.
— Comment ! tu as le toupet de dire que tu t'opposerais?...
— Oui, mon général ! c'est-à-dire, non ! Je ne m'y opposerais pas... Si! cependant, je m'y opposerais. Enfin je ne serais pas content.
— A la bonne heure! tonnerre!... Mais n'aie pas peur, Rouillard !
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— Je n'ai pas peur, mon général î
Cécile s'était levée encore. Cette fois, elle décrocha la cage et se mit à donner aux oiseaux une soucoupe pleine de crème fouettée; mais l'un d'eux profitant de l'ouverture de la porte s'envola.
Le rouge monta au visage de la jeune fille.
— Oh! le pauvre petit, dit-elle; quel malheur!...
— Ce n'est rien, allez, mademoiselle Ce-
LE COMPÈni: LFRMUX. 285
cile, fit le gardien. Celle linoUe-là s'est déjà envolée trois fois. Elle reviendra. Tenez! vous allez voir.
Le garde plaça la cage sur le rebord extérieur de la fenêtre, et ferma la porte.
Cécile, le visage collé conlrela vitre, épiait avec un intérêt profond le retour de la fugitive.
Le linot prisonnier se mit d'abord à siffler sur un ton lent et coupé d'intervalles, puis le sifflement devint plus vif, plus pressé.
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— Mais, mille bombes ! il siffle la Marseillaise ! fit le général qui prenait lui-même intérêt à cette petite scène gracieuse comme une idylle de Théocrite.
— C'est moi qui leur ai appris cet air-là, dit le garde.
Au moment où l'oiseau captif exécutait les dernières modulations de l'air républicain, une autre voix répéta comme un écho le final.
' — Voici la linotte 1 fit le garde. Regardez, mam'selle Cécile. La voilà perchée sur cet arbre là-bas.
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La fugitive ne s'était en effet pas éloignée. ÎVlais, comme un enfant qui fait l'école buissonnière, elle ne voulait rentrer dans sa cage que le plus tard possible. En attendant, elle jetait au vent les notes joyeuses de son répertoire de chansons.
Peu à peu, cependant, elle se rapprocha. Elle voletait autour de la façade de la maison.
— Elle rentrera ! elle ne rentrera pas ! elle rentrera ! murmurait le général, que ce spectacle avait attiré près de la fenêtre.
Bientôt la linotte se mit à tournoyer autour
^88 LE COMPÈRE LFROUX.
(le la cage. Le garde ouvrit doucement la fenêtre, et à l'aide d'une petite baguette il poussa la porte de la cage.
Un soupir de satisfaction souleva le sein de la jeune fille. L'oiseau fugitif venait de rentrer toujours sifflant,
— Vous voyez, dit-elle au général, que Ton peut être père et s'amuser avec des oiseaux.
Eisa figure, habituellement rêveuse, avait pris une expression de douce malignité.
— Ah ! méchante, fit le vieux soldat, en riant.
Et, prenant sa fille entre ses bras, il l'embrassa à plusieurs reprises.
En ce moment, le pas d'un cheval retentit sur la route qui passe devant le petit parc et qui conduit à Villiers.
Champcarré, qui sortait de la maison du garde, rentra précipitamment ; mais Cécile, qui n'avait pas quitté la fenêtre, venait de remarquer l'objet qui avait déterminé ce brusque mouvement du jeune homme.
Cet objet n'était autre chose qu'une jeune femme montée sur un magniûque cheval noir
290 ].i: CDMi'î'îu; i.ERorx.
qu'elle paraissait manier avec la dextérité d'une écuyère du Cirque.
— Oh ! la belle amazone! s'écria la jeune fille. Venez donc voir, mon père !
Le général s'avança, suivi par le garde.
— Je la connais, fit celui-ci. Il y a une huitaine de jours qu'elle habite le château de madame deRubey ; c'est une charmante dame, très-charitable. Elle a versé quatre mille francs pour les pauvres le jour de son arrivée, entre les mains du maire de Villiers.
—Vous savez son nom? demanda anxieusement Champcarré.
— Oui ! c'est la baronne d'Elvino, une noble Italienne. Elle vient chez moi tous les jours chercher les gazettes qui lui sont adressées.
— Ah ! Et comment se fait-il qu'elle ne les reçoive pas au château ?
— Elle n'est pas encore tout à fait installée, à ce qu'il paraît.
L'amazone s'arrêta en effet à la porte du parc ; un regard jeté sur la voiture de Champcarré la fit hériter un instant. Mais, soit curiosité, soit autre sontiment, elle mit pied à terre avec légèreté et entra dans la maison après avoir attaché elle-même la bride de son chevn! à un anneau scellé dans le mur.
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— Veuillez vous asseoir, madame la baronne, lui dit le garde.
— Ce n*est pas la peine, répondit-elle Je retourne immédiatement au château.
Et elle avait salué gracieusement toutes les personnes qui étaient réunies dansFhumble demeure.
Cécile s'approcha de la baronne :
— Oh ! madame, lui dit-elle, vous montez admirablement à cheval. Si vous vouliez bien me le permettre, et que mon père y consentît, je prendrais votre place jusqu'au château, et vous prendriez la mienne dans la voiture de M. de Champcarré.
Lli COMPKBK LLROUX. 293
Mathieu maudissait iiitérieu renient la naïve imprudence de sa fiancée. Cependant il crut devoir s'incliner et laissa un sourire errer sur ses lèvres.
— J'accepte bien volontiers, mademoiselle, répondit la Borghetta (tous nos lecteurs l'ont déjà reconnue) ; vous êtes grande ; vous serez une délicieuse amazone.
Ces paroles avaient été dites avec un accent de tristesse qui n'échappa point au jeune homme, mais que le général ne remarqua point. Il était ravi du désir de sa fille.
Rouillard, qui savait par cœur tout ce que signifiaientles jeux de la physionomie de M. de
Vadans, se chargea d'interpréter ce sentiment à sa manière.
— Ah! dit-il, je crois bien, que ça botte monsieur votre père, cetie idée-là, mam'zelle Cécile i... Tonnerre ! c'est beau, pour une fille de soldat, d'avoir du courage. Moi qui vous parle, j'ai été flanqué par terre plus de trente fois avant de savoir me tenir en équilibre sur un cheval.
La perspective d'une chute n*émut nullement la jeune fille. Mais le père eut peur.
— Votre cheval n'est pas ombrageux, madame ? demanda-t-il à l'ancienne actrice.
--' G*est un vrai mouton, répondit-elle.
~- Dans tous les cas, dit Chaiiipcarré, heureux (l'échapper par ce moyen à la conversation dehi Borghelta, inévitable s'il avait dû rester dans la voiture avec elle, dans tous les cas, il faut prendre des précautions. Je suis assez bon cavalier. Je monterai un de mes chevaux et je suivrai mademoiselle Cécile.
— Ah ! c'est cela ! fit la jeune fille toute joyeuse.
Et se penchant à Toreille de Champcarré, sans prendre garde à ce qu'un fait pareil pouvait avoir de léger :
— Vous nous ferez courir un peu, n'est-ce pas ? iiemanda~t-elle.^
Champcarré fit un signe de tête affîrmatif.
La jeune fille aidée par Rouillard se mil en selle avec beaucoup d'aisance, mais non sans découvrir aux yeux de Champcarré un pied de Cendrillon et la naissance d'une jambe délicieusement ronde.
La Borghetta monta dans la voiture avec le général et son brosseur, Champcarré enfourcha à nu l'un de ses mecklembourgeois et Von partit.
D'abord le carrosse prit l'avance. Si Mathieu eût été plus hardi et Cécile moi?î5 simple, ils eussent mis à profit ce temps où, seuls au milieu d'une campagne solitaire, avec des champs
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pleins de parfums d'un côté, de l'autre les grands arbres de Neuilly pleins de chansons d'oiseaux, ils chevauchaient l'un auprès de l'autre sous ce ciel du printemps qui inspire les amours.
Mais Cécile ne songeait qu'à sa monture ; elle paraissait prendre tant de plaisir à cette cavalcade que c'eût été vraiment dommage de faire naître une autre idée dans son cerveau.
Tantôt elle se retournait du côté de la croupe, tantôt elle se penchait sur le garrot de l'animal pour admirer sa tète intelligente et fine ; elle passait ses mains dans sa longue crinière el poussait mille petits cris enfantins chaque fois que le quadrupède faisait mine d'aban-
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donnerrallure de ramble pourcelle du galop.
Chacun de ces mouvements pleins de coquetterie involontaire, de souplesse féline, montrait au jeune homme une nouvelle perfection de Cécile. 11 la dévorait des yeux ; il aurait voulu couvrir de baisers ses joues roses et son cou blanc.
— Oh! s'écria-t-il, vous êtes encore plus belle que... l'autre.
— Vous trouvez ? fit la jeune fille avec une petite moue charmante ; mais je ne me tiens pas aussi bien qu'elle !
— Il ne vous faudrait pas beaucoupde leçons.
— Si VOUS vouliez, mon cousin (mon père m'a dit que nous étions unpeu cousins ; j'aime mieux vous appeler ainsi), si vous vouliez, vous viendriez nous voir souvent et je monterais à cheval avec vous. Je saurais bientôt.
— Ce serait pour moi un grand plaisir ; mais que dirait le monde ?
— Que dirait-il? Est-ce qu'on regarde d'un mauvais œil une jeune fille parce qu'elle monte à cheval ?
— Ce n'est pas parce qu'elle y monte, mais c'est parce qu'elle se fait accompagner par un jeune homme.
— Le monde est bien bête alors. Qu'est- ce
que cela fait que l'oo m'accompagne? Du reste moD père viendrait tivec nous.
L'étonnement de Champcarré croissait dj3 plus en plus.
— Décidément, se dit-il, voilà la vertu. Et moi qui croyais bonnement que toutes les filles qui sortent de pension étaient bégueules ou corrompues.
Celte virginité qu'il rencontrait sur son chemin lui faisait plus vivement regretter le temps qu'il avait dissipé en folles amours. L'image de la Borghetta et celle de Moustache étaient bien loin de son esprit et commençaient à sortir de sou cœur.
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Pour se distraire des pensées qui venaient l'assaillir, et aussi pour avoir l'occasion de se rapprocher de Cécile, il lui demanda si elle était assez habituée à sa monture pour supporter un temps de trot.
— Je ne sais, répondit-elle; mais vous me soutiendrez un peu, n'est-ce pas?
C'était ce que désirait Champcarré.
— Tenez, chère cousine, lui dit-il ; prenez les rênes de la main droite et vous me donnerez la main gauche. Je crois que ce sera suffisant.
N'êtes vous pas trop éloigné de moi?
— Nous allons rapprocher la distance.
îl tira son mouchoir de sa poche. — Il le tordit en corde et il l'attacha à la bride de sa monture et à la bride de celle de Cécile.
— Nous sommes bien maintenant, ditelle.
Puis elle tendit sa petite main à son conducteur.
Celui-ci fit claquer sa langue et les deux chevaux partirent au grand trot.
A mesure qu'ils se rapprochaient de la voiture, Mathieu donnait aux ehevaux une allure
LE (^OMl'ÈRE LRROUX. 303
, plus rapide, si bien qu'ils dépassèrent le véhicule, sans que ceux qui étaient dedans eussent aperçu autre chose qu'un lourbillon de poussière.
Quand il furent hors de la portée de la vue, Champcarré ralentit la vitesse de la course et regarda sa gracieuse élève.
Cécile était d'un rose vif comme celui d'une cerise ; ses beaux cheveux blonds dénoués flottaient épars sur ses épaules, le corsage blanc de sa robe se soulevait et s'abaissait comme la surface de la mer.
Elle était ainsi merveilleusement belle.
Champcarré ne lâcha point sa main sans l'avoir baisée avec ardeur :
— Eh bien? lui demanda-t-il.
— Oh ! répondit-elle , je suis bien contente. J'ai cru que c'était un hippogriffe qui m'emportait. Que les hommes sont donc heureux d'avoir des chevaux. J'en veux un; et si personne ne. m'accompagne, j'irai seule comme madame d'F.lvino.
>- Je vous répondrai toujours : que dira le monde?
— Mais le monde souffle donc le chaud ot le froid comme l'homme de la fable ? Il ne veut pas qu'on m'accompagne et il ne veut pas que j'aille seule.
• C'est ainsi...
LE COMPÈRE LEROUX. 30.j
Cécile fit un mouvement si brusque de mau • vaise humeur que son cheval se déroba. Ellf serait tombéesi Champcarré qui la surveillait avec une inquiète sollicitude ne l'eut reçue dans ses bras et replacée immédiatement en selle.
Au contact de ces mains qui avaient soutenu son corps léger et ondoyant avec la souplesse d'un serpent, Cécile avait tressailli, mais sans savoir pourquoi.
— Merci, dit-elle à son cavalier! Nous voici je crois, arrivés à notre destination.
— Il est temps, répliqua le jeune homme.~
Le ciel se brouille un peu; je pense que nous
agirons sagement en retournant à Paris, ou
tout au moins à Neuilly.
30G LE COMPÈRE LEROUX.j
La voiture les rejoignit en ce mome|it.
Pendant tout ce petit voyage, 1^ Borghetta avait causé avec le général , et naturellement la conversation était tombée sur Cécile ; trop honnête pour avoir rien à cacher, M. de Vadans avait mis l'étrangère dans la confidence de ses projets.
— Champcarré est d'une bonne famille avaitil dit, rien ne s'oppose à ce qu'il s'unisse à ma fille ; mais je ne veux pas contrarier les idées, de celle-ci, et j'attends que l'amour ait parlé.
— Ah! général ! les jeunes filles spnt bien singulières ; et les inclinations naissent souvent d'une façon fortuite.
LE COMPÈUE LEROUX . ^03
— Bah ! nous mènerons cela militairement. Cécile l'.e verra que son fiancé; par conséquent elle n'en aimera pas d'autres, à moins qu'elle ne s'éprenne de Rouillard, ajouta-t-il en riant.
— Mon temps est passé, murmura l'ex-caporal; dans ma jeunesse je faisais pas mal tourner de têtes !... tel que vous me voyez !
Lorsqu'on eût rejoint les deux jeunes gens et que chacun eut mis pied à terre, l'inquiétude revint àChampcarré.
— Qu'a-t-elle dit au général? pensait-il.
La Borghetta devina l'objet des préoccupalions de son ancien amant. Elle passa discrèiément auprès de lui et lui dit à voix basse :
— La baronne d'Elvino ne vous connaît pas*
Il comprit ; et son visage se rasséréna.
Cependant le ciel se couvrait de plus en plus. Quelques gouttes de pluie fort larges commençaient à tomber, et des faisceaux de lignes blanchâtres se dessinant à l'horizon, au-dessus de Champéray, indiquaient qu'il pleuvait dans cette direction.
Rouillard, dont le rhumatisme s'accommodait assezmal des intempéries des saisons, maudissait déjà le voyage qu'ils avaient entrepris.
— Vous ne pouvez vous remettre en route par un temps pareil ! fit la Borghetta en s'ad ressaut au général.
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~ Nous y sommes bien obligés, balbutia celui-ci.
— Vous êtes sur mon territoire, reprit l'actrice ; je ne vous permettrai pas de retourner à Paris sans avoir accepté au moins mon * hospitalité jusqu'à la fin de l'orage.
— Ma foi, madame la baronne, fit M. de Vadans, votre invitation est trop charmante pour que nous la déclinions. Qu'en penses-tu, Rouillard?
— J'en pense tout le bien possible , mon général.
- Entrez donc.
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La Borghetta ouvrit avec un passe-partout la porte grillée qui donnait accès dans la cour du château, puis, prenant un petit sifflet d'argent pendu au corsage de sa robe d'amazone, elle siffla son palefrenier.
Celui-cf fit entrer les chevaux dans une grande écurie et plaça la voiture sous la remise;
— Je n'ai que ce domestique, dit la baronne, mais je suis bien servie; je n'ai aussi qu'une seule femme qui cumule toutes sortes de fonctions.
Ces mots servirent à expliquer la présence d'une grosse paysanne bourguignonne, aux
LE COMPÈRE LEROrX. 31 1
maiDs et à la figure rouge, laquelle vint ouvrir la porte du corps de logis principal.
— Tonnerre ! la belle femme, pensa Rouillard 'en voyant app^araîlre cette énorme dondon.
La servante eut sans doute à l'égard de Rouillard une idée analogue, car c'est lui qu'elle examina avec la plus grande curiosité.
On passa dans le salon, tandis que Rouillard resttut sur le seuil, sous le vain prétexte de surveiller le palefrenier.