LE COUPE EE
/ s'explique sur cet article dans son Capitolo de /no:
' Tennero il forno già le donne foie / ^fi>?î ^ P<>' ^c certi ganonnacci
L'abbiân mandate poco mea ch'al aole SpazxÎBlo a posta lor« nessum non vacci.
Dicon pur ch'egli e umido e mal netto^ E sono ben cagion quelle sue stracci.
Lo per me rade Tolte altroTe il metfo ; Gon tnttoche'l mio pan sia piccolino El forno del Donne un p6 grandetto , Benche chi sa questo mestier divioo Sa ben trovar dove i'anno nascoto Gala dirieto an certo fornelUno.
Quelles grossièretés , en comparaison de relevante et délicate polissonene du philosophe grec! Cet archevéque était toutefois tin des plus polis écrivains de son temps y un des plus fameux poètes du siècle du Dante, de Tasse, de TArioste et du Guarini ; il était Témule du Berni , du Varchi, du Mauro , du fiino , du Moka y du Dolce , ainsi que du Firenzuola , du Pulci , du Caro, du Franco , du cardinal Rembo et de TArétin même (i), et tel enfin que TEurope n'en a point de pareil aujourd 'hui en fait de polissonneries y si vous en exceptez Piro n ? J*ai vu des grenadiers dans leurs corps-de-garde rougir en entendant lire certains de ses ouvrages.
J'aurais mille choses à rapporter là-dessus^ messieurs, si trois raisons ne m'obligeaint à finir : i*' Ce que je vi eus de dire n'étant qu'une simple réfutation de ce que mon confrère père Jean avait avancé sur l'ignorance d'Homère touchant la cuisine des anciens, et une légère preuve que les anciens étaient meilleurs poètes que nous (a) , mon discours deviendfiit^jlj^je m'étendais
(t) Tous poètes plus ou moins libres et polissons dans certains endroits de leurs ouvrages.
(a) Si j'eusse osé interrompre M. Vilulos, je lai aurais Utt
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davantage, une dissertation sérieuse et en forme, ou plutôt une plate et ennuyeuse rapsodic y une compilation indigeste qui vous fatiguerait sans vous instruire , car f soit dit en passant , je ne suis ni ërudit ni savant. a? Il est indécent à tout honhé.te homme de trop gloser sur le dernier article que je viens de toucher en parlant des amours de Platon , du goût particulier de 1 arche- A'éque de la Casa et de leurs semblables , et ridicule à moi de trop m'étendre sur les amours plus honnêtes d'Anacréonet de Sâpho, puisqu'il y a plus de deux ans que je ne me suis aperçu si je végète. N'allez pas dire que ma modestie me seit de louange ; car je vous jure en vérité que si Vénus tombait h ma discrétion , je me trouverais dans le cas de cet ermite dont l'Arioste dit :
Gia resupioane Tarena giacce* A tiitte voglie del vecchio rapace .
Egli l'abbraccia , et à placer la tocca , Et ella dorme, é non puo faire iscbermo, Hor le baccia, il bel petto, hora la bocca :
Non è cbi'l veggiain qnel loco aspro et ermo , Ma ne Tincootro il suo destrier trabocoa, Gb'al desio doo risponde il corpo infermo , Era maratto , perébe havea tropp*anni, E potra peggio , quanto pin i'affan ai , Tutté le vie , tutti li modi tenta ;
qne ce qu'il avauçait était vrai en partie, mais que les anciens n'ont jamais approcbé de nos meilleurs poètes dramatiques, encore moins du célèbre La Fontaine , dont les fables sont au^ tant au-dessus de ce que les ancieps ont fait en ce genre, que la HenriadedeVoItaireest an-dessus de la Pucelle de Cbapelain. Il parait que Vitnlos savait cela aussi bien que moi, car il puise les exemples qu'il cite ici dans quelques pièces où il y a plus de sentiment que d'esprit, et laisse là celles ob il faut Tun et l'autre ; j'ignore enfin pourquoi , en élevant généralement tous les poètes anciens jusqu'aux nues, il ne parle d'aucun poète latin.
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M« qo^iX pigro Roouon noo peso salu»
ladarno il fr«o eli scote, e lo tormenta ^ B noQ puo fâr che tenga la testa alta.
Enfin il est temps que je me taise y et il est juste que chacun ait son tour à pa^er.
^— Ma foi f dît père Jean, voilà ce que tu as dit de plus raisonnable depuis une heure que tu brailles | et que tu nous étourclis. J'avais cru dans le commencement que ce n'aurait été que pour quelques minutes, mais lorsque tu entreprends une fois de prouver quelque chose, tu entasses fait sur fait, tu parles grec, latin I italien , allemand , espagnol , hébreu , arabe chinois I et tu ne songes point que tu assommes c^ux.qui t'ecoutent. Ça buvona à la santé de nos hôtes qui nous ont si bien régalés.
Lorsque cette santé fut bue , père Jeaa dit au compère: Et toi I mon neveu , tu ne dis rien ; tu es là comme un hébété : régalcs-nous donc d'un plat de ta philosophie. L'un des conviés, qui était uuvHollandais^ ayant entendu parler de philosophie, demanda au compère s'il n'était rien autre que philosophe , et si par hasard il n'était point aussi Coccéien ou Voëlien (i). -^ Je
(i) GesmotB désieoeDt les sectateurs de deux fameux tbàologiens protestans, dont l'un se nomme Gocceins et l'autre Yoëtius : le premier fut professeur d'hébrçu à Brème sa patrie, puisa Fraackcr* et finit par enseigner lajlhéulogie àLeyde, où il mourut en 1669. ^'^ ^ ^ '^ ^^ ioi^g^)» longSt longs commentaires sur la Bible « et d'autres ouvrages imprimés en dix volumes in-foiio: qui ont fait autant de bruit en Hollande que s'ils en eussent valu la peine. Samanière singulière d'interpréter l'Écriture lui attira plusieurs adversaires dont les principaux furent Voëtius et les Voëtiens,
GeVoëtiuM était de Heu&den ; il assista au synode de Dordrecht , et fut professeur en théologie et en langues orientales à Utrecht , où il était aussi ministre. On a dçliû un grand
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tn'enibarasso fort peu de ee» importantes opinions ^ui divisent Tos savans^ et qui repaiident leur ridioule jus que dans vos écoles. Je suis un philosophe q«i,par -mes profondes réflexions sur la nature des choses , me suis élevé autant au-dessus des préjugés des autres homiftes.que Le soleil est au-dessus des étoiles par sa clarté. J'ai étendu mes regards sor tous les objets dont je suis environné (i); j'ai pénétré dans les rephs les plus ca-
nombre d'ouvrages, dans lesquels il dît des injures si atroces à ses ennemis, et fait paraître une passion et une fureur si extraordinaires qu'on le prendrait pour un énergumène» ai l'on ne savait que c'est un théologien qui dispute contre un autre. Cet esprit brouiflon et opiniâtre ayant été fait recteur de l'Université d'Utrccht, qui était cartésienoo , y fît défendre la philosophie de Descartes > et fit paraître tant d'emportement contre ce grand homme , que s'il eût eu autant de crédit en Hollande que Calvin en avaif k Gejaère , lorsqu'il fit brûler Servet en faisant la grimace dlntercéder pour lui «illqi aurait ùàt sabûr le même sort, et pis encore , s'a eût été poissihle.
(1) Quoique k ne sois qn'un sot, il me semble qae Charron insinue dans le liv. a, ch. », d^ la Sagette , qu'il a entrevu les découvertes que le compère Mathieu a faites en philosophie. Ce Charron était un pyrrhonien fieffé ,. et du pvrrhonisme à îasflôqe philosophie il n'y aqn'ùnpas;etlorsqiru n'y a qu'un pa^ d'une chose à une autre , l'on n'a ordinairement point besoin de lunettes pour voir de l'une à l'autre. Ayant établi au commencement du chapitre susdit qull faut recevoir avec tonte humilité et soumission les vérités que la sagesse étemelle a révélées, se conformer aux usages, aux coutumes ^ se soumettre aux lois, etc., en un mot s'accommoder extérieurement è tont , parce qu'il en faut rendre compte à autrui, mais que Us pensées, opinion», jugemens sont nôtres et libres; voici comme if propose les fonderoensde son système d'indifférence et de scîepticisme :
« Or, le vray moyen de se maintenir en une belle liberté de jneement ,, et qui sera encore une autre belle leçon et disposition à là sagesse, c'est d'avoir un esprit universel, jetant sa venue et coBsidéj^etion sur tout l'univeiis , et non l'asseoir eu
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chés de l'esprit et du cœur de Thomme, et j'ai tu que l'univers entier était plongé dans l'illusion , Terreur | la malice et le mensonge.
certain lieu , loy, coaatome et manière de Tie (avec la modifi cation susdite , tant au croire qu'au faire) ; estre citoyen du monde, comme Socrate,ct non il'nne Tille; embrassant par affection tout le genre humain. C'est sottise et faiblesse que dépenser que l'on doibt croire et vivre par-tout comme en «on village, en son pays, et que les acciclens qui adviennent icy touchent et sont communs au reste du monde. Le sot, si Ton récite y avoir autres créances , constumes, luix , toutes contraires à celles qu'il voit tenir et usiter, il les abomine et condamne promptement comme barbarie, ou bien il mescroit tels récits , tabt elle a l'Ame asservie aux siennes municipales, qu'il estime estre les seules vrayes , naturelles , universelles, vihacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son gonst et usage , et semble que nous n'avons antre touche delà vérité et de la raison , que l'exemple et l'idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Or, il se faut affranchir de cette brutalité , et se faut présenter comme en un tableau cette grande image de nostre mère nature , et son entière majesté , remarquer là-dedans un royaume, un empire, et peut-estre ce monde (car c'est une grande et authentique opinion qu'il y en a plusieurs)j comme le traict d'une pointe très-délicate, et y lire une si générale et constante variété en toutes choses, tant d'humeurs, de jugemens, créances, constumes loix ; tant de remuemens d'Ëstat, changemensde fortune; tant de victoires et conquestes ensevelies; tant de pompes, cours, grandeurs esvanouies : par-là l'on apprendii se cognoistre, n'admirer rien , ne trouver rien noeveau ni estrange, s'affermir et résoudre par-tout.
• Pour acquérir et obtenir cet esprit universel , galant , libre , et ouvert ( car il est rare et diEBcile , et tous n'en sont capable non plus que de sagesse), plusieurs choses y servent: premièrement ce qui a été dict au livre premier, de la grande variété , différence et inégalité des hommes ; ce qui se dira cestuy-ci,de la grande diversité des loix et coustuines qui sont au monde , puis ce que disent les anciens, de l'âge, estais et changemens du monde. Les prestres Égyptiens dirent à Herode, que depuis leur premier roi (dont y avait plus d*oDze
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J'ai consulte Thistoire générale de toutes les nations policées, et je n'y ai vu qu'un mékinge bizarpé de
mille ans , duquel et de tous les suyvans iny firent voir les effîl%8 en statues tirées au vif] , le seleii avait changé quatre fois le route. Les Ghaldéens, du temps de Diodorc, comme il dict , et Gicéron , tenaient registre de quatre cent mille tant, d'ans. Platon dit que ceux de la ville de Saîi> avaient des mémoires par écrit de Irait mille ans, et que la ville d'Athènes fut bfttic mille ans avant iadicte ville de Sais. Aristote, Pline et autres ont dict que Zorsastre vivait bix mille ans avant l'âge de Platon. Aucuns ont dict que le monde est de tonte éternité mortel et renaissant à plusieurs vicissitudes; d'autres, et les plus nobles philosophes, ont tenu le monde pour un Dieu fait par un autre Dieu plus grand, ou bien, comme Platon asseure et. autres, et y a très-grande apparence en ses mouvemens que c'est un animal composé de corps et d'esprit, lequel esprit, logeant en son centre, s'espand par nombre de musique en sa circonférence, et ses pièces aussi, le ciel, les estoiles, composées de corps et d'âme, mortelles à cause de leur composition, immortelles par la détermination du Créateur. Platon dict que le monde change de visage en tout sens ; quele ciel, les estoiles le changent et renversent par fois en leur mouvement, tellement que le devantvieat derrière, l'orient se fait occident et, selon l'opitiion ancienne fort authentique, et des plus fameux esprits en raison, il y a plusieurs mondes, d'autant. qu'il n'y a rien, un et seul en ce monde : toutes espèces sont multipliées en nombre, par où semble n'estre pas vray-semblable que Dieu aye faict ce seul ouvrage sans compagnon, et que tout soit épuisé en cet individu. Que l'on considère aussi ce que la découverte du monde nouveau, Indes Orientales, et Occidentales, nous a apprins ; car nous voyons premièrement que tous les anciens se sont mécotiptés, pensant avoir trouvé la mesure de la terre habitable et comprins toute la cosmoffraphie, sauf quelques isles escartées, mescroyant les antipodes; car voilà un monde à peu près comme le nostre. tout en terre ferme, habité^ peuplé, policé, distingué par royaumes et empires, garny de villes, qui surpassent en beauté, grandeur, opulence, tontes celles qui sont en Asie, Afrique, Europe, il y a plusieurs milliers d'années. Et qui doute que d'icy à qneU
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gnuideuret èe misère, d'orgueil et de bassesse, de pfos* périte et d^infoetviie^ d« courage et de lâcheté; je nj
que temps il ne t'en découvre encoce d'autres? Si Ptolomée et les anciens se sont trompés autrefois,, pourquoi ne se peut tromper encore ceUiy qui dirait que maintenant tout est dèscouvert et trouvé t Je m'en voudrais bien fier en luil Secondement , noua trouvons qu'en ces- nouvelles teires presque toutes les choses que nous estimonaicy tan t^ et les tenons uoua avoir esté premièrement révéiéeact envoyées daeieU esteient en cré^ anoe et observance commune plusieurs mille ans auparavant qu'en eussions ony^ lea premières nouvelles, soit au faict de rehgions, comme In créance d'un seul premier homme père de tous, du déluge universeU d'un Dieu qui vesquit autrefois en homme vierge et sainct, du four du jugement, du purgatoire, résurrection dea morts,, observation deajensnes» caresmes, célibat deaprestres, oroemnnsd'ègUse^surpfis, mirte^ean-bénite, adoration de la cxoia, circoncision pareille à la pufve et nuhométante eC contre^circoncision , par lajqmeUe iU tiennent soigneusement et religieusement couvert le bout de Innr memhre, estirant 1« peau avec dea cordoas^ afiaqu'îlne veye et ne sente l'ak. Aufai^t delà poUce, comme tes aûnéasnccèdent à tout le. bien; qpie le ponrvanu a un beau «t un grand grade^ prend un neuveannomet quitie le sien ; subsides tyranniqnes, aimoirîes» tant de hattekurs, nosiqn* d'instrnmens, imprimerie. Par %ou9 ces discours» nous tirons aisément ces coinclusians: Que ce grand corps, qne nous appelons le. monde,,n'est pas ce que noas pensons et jugeon*; que nyea son tout, ny en «ea parties, il n'est pas toujours mesme^ aias en perpétuel flux et reflua^ qu'il n'y a rien qict^ tena ereo, en un temps et lieu, qui ne soit pareillement dict» tenu, creu, et aussi Cjontredict) réprouvé, condamné ailleurs, estant l'esprit bumain capable de toutes choses, roulant toujours ainsi le monde,, tanto&t le mesme, tantost divers; que toutes choses sopt enfermées et comprioses dedans ce cours et révolution de nature, subiectà la naissance, changement, fin, à la mutation de» temps, lieux^ climats, ciels i, abrs, terroirs: et de ces conclusions» nous apprendrons à n'épouser rienj À ne jurer rien, à n'admirer rien, ne se troubler de liea ; mais quoy qu'il advienne, que l'on crie, «empeste, se résoudre à ce poinct,. que c'est le cours du moode, c'est nature qui fait des siennes, mais pourvoir par pro-
ttA^FHlSU j4i
1 va <qii^«A .ass«tayl»la^ monstraéux; d'epimôns qui se leurtent , d'i»téi^èts qui se cmse&t, «Le préjugés y de laine, de ttrahisonfi, de vexations, de tyraïuiiesy -âe Kvua^feés, de guerres, de nieurbres^^B un mot de tous es in»«x -qu'on puisse îmagiBer.
L.'bistoire poUtkfiie me montre jwsqu'à quel point <le fausseté, de souplesse, d*imposture , de méchanceté^ d'anfbition , un homme seul o« plusieurs hommes réunis peuvent parvemT pour cooimander aux autres, et à quel point d'ignoramee, d'impuissance ou de lâcheté^ ces autres peurent (être réduit pour se laîssisr mettre sous ïe joug. Indépendamnientae lous les maux quHine teUe autorité et une telle sujétion entraineot dans Yia^ téneisr -d'une soetété quel«onque>9 cette histoire me . moiktre encore •cetqrx qui déooalent^s dissensions, des querelles , des guerres eiitre elles et d'a«tp«s sociétés semiblables» pour^es intévéis de prétentions, de propriété, de possessioB , 'de iroraneri», on par d»6 «motifs de ^point d'hoàneur, ide jtilousie, de capriee et d^smbition,
L'hîsto^ired^ia juoispntdenieene démoolre rinotilité , le ridicule , 1^ miisi9»le du <drok de iprof riéfaé : depuis Vétahlissemefit de ce droit, les hommes n'ont encore pu déterminer la façon de Tentendre, ni la manière de rappliquer. Chaque nation a eu ses lois particulières là'^dessus, chaque pajs «es coutumes , chaque légis)a* teur t chaque jurisconsulte , ses opinions dtlféreotes ; d'où sont résultés les fraudât, les injustices, l^s hahtes, les aaimosités , le dédale de la chicane , la fortune des uns sur la ruine des autres^ en imi mot une grande partie des maux que Ponconoalt , dans le détail desqisels il est inutile d entrer.
■i imni i * I l If m I i l ii r m i î i iii t i m
dence qu'aacune chose ne nous blesse par notre fbtbhsste et ootie hschetë* »
l43 LE COMPERE
L'histoire de la philosophie, j'entends ici la philosophie ordinaire, et non la mienne ; l'histoire^ dis-je, de la philosophie m'apprend que l'esprit humain infatué de ses préjuges y assujéti à se conformer aux opinions des autres, ou menacé des fureurs de la persécution , n'est capable que d'enfanter des absurdités et des chimères.
L'histoire de la médecine me fait voir à combien d'accidens, d'infirmités, de maladies, l'homme civDisé est sujet, en comparaison de l'homme sauvage, et à combien de plus grands maux il s'expose encore, lorsqu'il se met entre les mains^de cette engeance d'ignorans que Ion appelle médecins, qui depuis trois mille ans de disputes sur les causes des maladies et la nature de leurs remèdes, ne sont point encore d'accord sur la roaniière de traiter une simple fièvre.
Enfin l'histoire de la religion m'ouvre en entier le cœur et l'esprit humain, et je découvre d'un coup- d'oeil à quel point d'erreur, de coîilradiction, d'ignorance et de barbarie même, l'homme peut atteindre , lorsqu'en sortant de son état naturel il prétend pouvoir étendre sa curiosité téméraire sur l'auteur de la nature (i). Les
(i] Ud fameux écriTain docinqnième siècle, qai n'avait eo Toe que la différence des opinions des philosophes païens sur la nature delà IMYioité , en parle ainsi :
«Ce que je viens de dire n'est point étonnant, puisque nous connaissons leurs divisions sur la nature des ùienx , et les argnmens par lesquels ils seoablent s'efforcer d'anéantir la puissance delà divinité. Les uns disent qu'il n'y a point de Dieux; 4'autres qu'il y en a ^ naais qu'ils ne se mêlent de rien; et d'autres, qu'ils se mêlent de tout ce qui nous ragarde... D'autres leur forgent des figures déterminées, leur assignent une demeure fixe , font une histoire de leur vie , de lenrs actions, et ajoutent que tout ce qui existe se règle, se gouverne sons leur bon plaisir... Tous enfin sontionneot leuroptnion par des
christianisme jusqu'à ce jour^ sont une preuve de ce quejavanee.
uns f après ces recherches vaines ^ impuissantes ^ ont dit qu'il n'y avait point de Dieu ; d'autres ont dit qu'il j en avait un, et ceux-ci devaient s'en tenir là ; d'autres ont dit aussi qu'il n'y en avait qu'un, mais en trois personnes distinctes ; d autfes ont soutenu qu^il j en avait deux, un bon et mauvais ; d'autres ont prétendu qu'il J en avait quatre, six, dix, quinze, vingt, plus ou moins, mais de diverses espèces et de différens grades. Tous, enflés de leur découverte , ont prétendu définir la nature de la Divinité : les uns ont uiit de Dieu un être idolent et ne se mêlant de rien ; d'autres Ton fait faible et ridicule : d'autres avide et jaloux ; d'autres inconstant et capricieux, d'autres vain et cruel, et tous enfin lui ont rendu un culte analogue à la nature et aux qualités qu'ils lui attribuaient.
Mais entre tous ces gens-là, ceux qui ont admis qu'ils étaient les seuls qui eussent la véritable connaissance de la Divinité ; que le culte qu'ils lui rendaient était le culte qui lui fut agréable; que hors de leur crojance et de la pratique de ce culte l'on était en abomination aux yeux de Dieu; ceux-là, dis-je, sont devenus fanatiques; intolérans, persécuteurs, cruels* et féroces.
L'histoire des juifs , et principalement ce qui s'est passé parmi les chrétiens depuis l'établissement du
- râUonncmens qoi) ayant l'apparence de qvelqne vérité, sont d'autant plits pro près à faire impreBsion sur ceux qui les écoutent. »
Si l'en eût demandé à ce Firmicus Maternas quel était son sentiment sur la nature de Dieu , je crois qu'il n'en aurait pn donner une meilleure définition que ceux qu'il entreprend ici de condamner.
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£a€oii9^qiieivee de tentes ces «consttdératfoii»^ j'ai dit en moi-même que . puisaue les mœurs, les eoutnmes , les «sages, les lois, les rcltgiom dilMrentes^ attcquels k plus gnande partie du genre homain est soumise , eamsettt de tels dëso^res et de si grands mâuz, ces Àoses ne sont poi«ft dans l'ordre naturel, et j*«ai oenoki qtxe pour que l'homme soit anssi belirewc qu'il est suscep* tiMe de l'être, il ne devrait ètne soumis à rien de tout oela , ne 4evi*ait ^ivre que l'ittstînot de 4a n«tuye , et pourrait fronder o«verteniief«t tout ce qu'il trouverut deeontraire.
Voilà le sommaire des &ft8 et des «aiso&s , oot^timia le eompère , sur lesquels Tai fonde ma pkilesopbie. Si monsieur a quelqu'enyie de devenir philosophe afiis«i , je me ferai un plaisir d'entrer êfÇHi lui dtms de f^s grands détaib : il peat pour cet effet choisir tel jour qui lui plaira. — Très ohlig<^, dit le HcMaiidMs ; j'aime encore mieux ^tre Goccëien.
Père Jean ^ii s'étarH etàmé pendsint que Vitnlos et le ^compère 'discouraient , iltt aâ Hollanmis : CoHirku , l'ami , tu as tort de ne pas l^ocûoir dîter de lu philosophie. C'e^tt un tnisseau d'élan claire et linvptde, où tu d^arbeuillerais ton gros bon sAis^ c'est le sanottiaire de la raison , le tombeau ées opinions liutnaines , le fléau des préjuges du vulgaire, l'éponge de la constiie»ee, et le rocher inébrankl^ contre lequel les âsFts de la honte, de la crainte et 4es remords ne prodairont jamais que de l'écume. — Monsieur, dit le Hollandais , yd TOUS dis que j'iaîmeraia mieux ^e Coecéien. — - £n disant ces mots, il se le va et partit. Gomme il était fort tard, nous remerciâmes nos hôtes des politesses qti'ils lious avaient laites, et nous retournâmes à notre auberkge.