‹ Le complot contre la familleChapitre 3 sur 3 · SUÈDE · texte numérisé non relu

SUÈDE

Ainsi, tandis que l'Allemagne gagne 800.000 habitants par an nou en gagnons moins de 40.000, soit vingt fois moins ! Quel triomph pour M. Paul Robin !

Iorme. Elle n’est nullement douloureuse, et pourant, c’est la mort ! »

« Mieux vaut prévenir que guérir, » dit, aux nathusiens comme aux autres, la sagesse des îations. Sans doute jusqu’à ces dernières années, m ne prétendait pas faire mieux que prévenir, nais c’était là du malthusianisme bien timoré et jléjà retardataire; pourquoi, si l’on n’a su prévoir e malheur de la grossesse, pourquoi ne pas la juérir? Telle est la question qu’une fois engagés 3n si beau chemin les néo-malthusiens ne pouvaient manquer de se poser, et de résoudre dans le sens qu’on devine. Il y a huit mois, à la fin de 1906, paraissait sous la signature d’un médecin, une brochure, intitulée : « le Droit à l’Avortement, » que certaines revues bibliographiques commencent sans défaveur. M. Joseph Renaud, l’auteur le la Faillite du mariage , revendique, « avec simplicité, le droit officiel à l’avortement ». Les progrès de la science pharmaceutique et de la chirurgie, complaisamment mis en relief par les innombrables publications dont les néo-malthusiens inondent le pays, ont rendu l’avortement quasi usuel dans beaucoup de milieux, même socialement élevés ; si bien qu’une constatation irréfutable (1), et qui n’a du paradoxe que l’apparence, a pu enregistrer que le nombre élevé des naissances illégitimes se rencontre désormais seulement parmi les populations réputées probes et honnêtes. Dans une thèse, enfin, rédigée il y a déjà plusieurs années,- le docteur Canu assure que « l’ovariotomie a fait plus de mal à la France en dix ans que les balles en 1870 » ; et M. Georges Fonsegrive (2) affirme, d’après les témoignages

(1) La Crise morale, M. Bureau (Bloud, 1907)«

(2) Mariage et union libre , G. Fonsegrive (Plon, 1901 p.

les plus autorisés, « qu’on a ovariotomisé à Paris depuis quinze ans trente à quarante mille femmes et qu’il existe enFrance cinq cent milleopérées... » N’en disons pas davantage sur "d’aussi malpropres misères, mais ne regrettons point d’en avoir déjà tant dit — malgré notre répugnance à remuer une telle boue, nous sommes persuadés qu’il n’aura pas été inutile de rappeler à quelquesuns, de révéler au plus grand nombre, les ravages de cette entreprise antimorale, antihumaine et antifrançaise. Entre tant d’ennemis, la famille, la race et l’ame françaises n’en ont jamais rencontré non seulement de plus ignoble, mais encore de plus dangereux.

Déclin de l’autorité paternelle, féminisme, divorce, union libre, dérèglement des mœurs, malthusianisme, voilà donc les principales manifestations de la guerre menée contre la famille par l’individualisme malsain et par le besoin d’affranchissement et de jouissance qui en découlent. Est-il besoin de dire que là ne devraient pas se borner nos constatations? Si nous avions le loisir d’étendre notre enquête, ne devrions-nous pas dénoncer les méfaits du socialisme d’Etat, les théories sur le droit de tester, la progression de l’impôt sur les successions, les assauts donnés à la propriété, les tendances vexatoires et spoliatrices des projets annoncés portant réforme de l’impôt, les menaces du collectivisme et les grondements précurseurs du bouleversement social, qui complotent bien contre la famille, puisqu’ils

enlèvent au père tout stimulant à construire ou à embellir un foyer menacé par la légalité même qui se prépare.

A côté des lois, ne faudrait-il pas dénoncer les mœurs? cette soif inextinguible d’argent, cette incroyable manie de paraître, ce démoralisant besoin d’être envié, qui sévissent à tous les degrés de l’échelle sociale ; — cette intensité de vie mondaine qui arrache la mère à son foyer et livre l’éducation des enfants à des soins mercenaires ; €ies scandales qui attristent les hautes classes, ces unions qui y mêlent les nationalités et les races, qui y corrompent le sang jusqu’ici le plus généreux de l’Europe ; — cette étroitesse et cette mesquinerie de l’esprit bourgeois qui sacrifient tout à la sécurité parcimonieuse, qui acceptent toutes ; les médiocrités de la vie et souhaitent toutes les limitations, y compris celles du nombre d’enfants ; — cette peur de vivre enfin, qui a été si éloquemment dénoncée comme une des plus tristes tares de notre temps, et qui, des fils des compagnons j de Dupleix ou de Napoléon, finirait bien parfaire je ne sais quelle tourbe piteuse de boutiquiers ou de fonctionnaires.

Et l’aveulissement de la moralité publique, dont nous avons dit un mot, mais sur qui l’on ne saurait faire de trop longues ni de trop amères réflexions, et qui, à la fois cause et effet, détend et ronge tous les ressorts de notre race — l’imbécillité du roman d’adultère et la malpropreté du théâtre d’alcôve ; l’invasion de la rue par tous les dévergondages ; la profusion des publications ordurières : brochures, illustrations, photographies, cartes postales ; la complaisance inouïe à tout voir, tout entendre, tout accepter, et à rire de tout î

Est-ce que tout cela ne fait pas aussi partie du complot que j’ai essayé de décrire? est-ce que

tout cela n’empoisonne pas sûrement et méthodiquement le sang français, la race française, la famille française ?

Je m'étonne , dit Périclès à Socrate, que notre ville ait ainsi décliné.

Pour moi, je pense, dit Socrate, que, de même qu'on voit certains athlètes, qui V emportent de beaucoup sur d'autres par la supériorité de leur force, s' abandonner à la nonchalance et descen - ' dre au-dessous de leurs adversaires, de même les Athéniens, se sentant supérieurs aux autres, se sont négligés et ont dégénéré.

— Et maintenant que pourraient-ils faire pour recouvrer leur ancienne vertu ?

— Alors, Socrate : Il n’y a point ici de mystère : il faut qu'ils reprennent les mœurs de leurs ancêtres, qu'ils n'y soient pas moins attachés qu’eux, et alors ils ne seront pas moins vaillants (1).

Socrate nous donne le bon conseil, le seul capable de nous sauver : Revenir aux mœurs de nos ancêtres, tout est là.

Mais, ces bonnes et solides mœurs d’antan, fondées sur le respect des autres et de soi-même, la priorité du devoir sur le droit, la discipline et le sacrifice, sur la morale traditionnelle et chrétienne, en un mot, faut-il doncque nouscherchions si loin de nous pour les retrouver? Et nous est-il défendu de clore cette étude, âpre série de constatations désolantes, sur une note de réconfort et d’espérance?Ne connaissons-nouspas, submergés sans doute par la vague d’immoralité qui déferle sur le monde moderne, mais fermes cependant et inébranlables comme le roc en vain battu par

(.1) Xénophon : Mémoires de Socrate, m, 5.

la tempête, mille exemples vivants de la bonne, saine, intacte famille de jadis ?

Mais précisément, qu’il nous soit permis de le dire en terminant, exemples pas assez réconfortants parce que trop discrets. C’est, sans conteste, une grande vertu que la modestie ! aujourd’hui, pourtant, il sied à la vertu de n’être point trop modeste ! Le vice tient plus de place qu’elle et fait plus de bruit qu’elle — pourquoi ? Parce que, par excès de discrétion, par respect humain, par egoïsme même ou par nonchalance, le bien fuit le grand jour et qu’on n’y voit plus que le mal. {Soyons donc un peu plus fanfarons des vertus qui nous restent ! tout compte fait, je ne crois pas qu’il nous en reste beaucoup moins qu’aux autres, et, à la famille française, à celle du moins qui voit plus loin que la vie présente et fixe parfois ses regards ailleurs que sur la terre, je suis bien sûr qu’il en reste autant et plus qu’à toute autre.

Les meneurs du vilain jeu, dont nous venons d’abattre les malpropres cartes, le savent bien ; et, si leurs audaces sacrilèges ont cet acharnement, c’est qu’ils sentent bien que leurs entreprises d’universelle destruction seront vaines tant qu’ils n’auront pas ébranlé la famille, surtout la lamille chrétienne, pierre angulaire de notre vieil édifice national.

Malgré toutes les tristes misères que nous venons de fouiller, dans les pages qui précèdent, nous ne devons pas gémir comme ceux qui sont sans confiance et sans-espérance ; car, nous autres hommes, malhabiles et faibles en cette nécessaire défense de nos foyers, nous avons des alliées que nous savons habiles et qui doivent être toutespuissantes; et les ennemis de la famille doivent échouer dans leur ignominieuse besogne s’ils trouvent les femmes, et d’abord les femmes chrétiennes, sur leur chemin. Nous ne valons,

avouons-le, que par ce que nos femmes font de nous, et nos familles sont ce qu’elles sont. Si notre labeur entretient le foyer, c’est leur amour qui le réchauffe. Si notre tête et nos bras nourrissent la famille, c’est leur cœur qui la défend. — Et voilà bien pourquoi nous voulons être, malgré tout, si confiants ; nous nous rappelons l’auguste douceur de nos mères, nous nous reposons sur la ferme et fidèle tendresse de nos femmes, nous lisons l’avenir qui sourit dans le clair regard de nos filles. C’est à la femme de France que nous confions la famille française. Contre tant et de si graves périls, rien ni personne ne saurait, Dieu aidant, la mieux garder.

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