DE LA PONCTUATION ROMAINE ET ITALIQUE
La ponctuation, quelle qu'elle soit, doit être romaine après le romain, italique après l'italique.
Lorsque, entre un mot en italique et la ponctuation,
REGLBS RELATIVES A LA COMPOSITION, m
se trouve un appel de note en chiffre supérieur romaki, la ponctuation n'en reste pas moins italique; mais, si l'appel de note est un chiffre ordinaire ou supérieur entre parenthèses romaines, la ponctuation doit être romaine :
avenir^; permettre^ F commandite {^) : pachyderme {2) \
La ponctuation reste italique après un guillemet, après un point d'abréviation ou des points de suspension, mais elle sera romaine après un crochet :
€ farniente 9, € gageure 9 : loe. cit,; majordome,,.? [irucJiement] I
Quelquefois, dans un texte en italique, on emploie des chiffres romains, à défaut de chiffres italiques (anomalie qui ne devrait pas exister) . La ponctuation qui suit ces chiffres sera naturellement romaine :
M. de Sybel Tient de publier une quatrième édition de son Histoire de VEurope pendant la Révolution française de 1789 à 1795; cette édition forme trois volumes.
La règle qui nous occupe est une de celles qui ont pour objet la satisfaction du coup d'œil ; mais elle ne s'accorde pas toujours avec la raison , car bien souvent la ponctuation que l'on met en italique est amenée par un texte romain. Aussi, tout en réclamant, dans la majeure partie des cas, la rigoureuse application de la règle, sommes-nous forcé d'admettre une exception en faveur des textes traitant spécialement de linguistique, c'est-àdire de la science des langues et de leurs rapports, et dans lesquels Pitalique vise presque toujours uniquement les mots à l'exclusion de la ponctuation. Il devient nécessaire d'établir alors une distinction, dont l'exemple suivant pourra servir de type :
La forme la plas usitée est, non pas figera mais fegier : on troaye plus tard fegé) n'est-on pas induit à croire que la forme avec i est assez ancienne, d'après ce qu'en disent Littré et Sainte-Palaye au mot figé^
En ce qui concerne remploi des virgules italiques, il règne malheureusement, dans la plupart des imprimeries, pour ne pas dire dans toutes, une trop grande indifférence de la part du compositeur. L'expérience nous prouve tous les jours combien il est difficile d'atteindre ici la perfection. Le mélange des virgules italiques et des virgules romaines est, nous le savons, un détail qui paraît bien minutieux aux gens qui ne sont pas du métier, mais il fera toujours la désolation de Fhomme de goût. L'observation de la règle sur ce point a pour nous une réelle importance, parce que Fécueil est à chaque pas, parce qu'il ne se présente que deux chemins également faciles à suivre, l'un bon, l'autre mauvais, et que le choix de l'un ou de l'autre est trop souvent soumis aux caprices du hasard, source d'un désordre perpétuel.
C'est la difiBculté d'obvier à ce mélange qui a Ëiit adopter depuis quelque temps, dans certaines fontes, un genre de virgules mixtes dont l'œil n'est ni tout à fait romain, ni tout à fait italique. Nous approuvons fort ce système, qui, n'ayant rien de choquant en lui-même, a l'immense avantage de parer à l'inconvénient que nous signalons ^
DE l'appel de note.
On peut exprimer Pappel de note de trois façons : par un chiffre supérieur sans parenthèses, par un chiffre
1. La septième édition da Dictionnaire de l'Académie (1877) a été composée entièrement avec des vii^ules mixtes.
supérieur entre pareuthèses, par un chiffre ordinaire entre parenthèses. De ces trois manières, la plus usitée aujourd'hui est le chiffre supérieur sans parenthèses, parce qu'il se dissimule davantage et ne produit pas dan^ le texte Teffet disgracieux des deux autres :
Nous avons retracé plus haut^ l'origine de cette abbaye. Nous ayons retracé plus baut(i) l'origine de cette abbaye. Nous ayons retracé plus baut(l) l'origine de celle abbaye.
Il est certains ouvrages pour lesquels on fera avec avantage exception à cette préférence^ ce sont ceux qui comportent par leur nature un grand nombre de chiffres, avec lesquels seraient susceptibles de se confondre des appels de notes placés inimédiatement à leur suite. Les deux derniers modes coupent court à cet inconvénient, et le meilleur des deux est le chiffre supérieur entre parenthèses :
Cette principauté a 80 kil. sur 16 (i) et compte 110,000 habitants.
En ce qui concerne l'emploi des parenthèses, l'expression des numéros d'ordre des notes doit concorder avec le système adopté dans le texte pour les renvois. Si, dans celui-ci, on emploie le chiffre supérieur sans parenthèses, on mettra aux notes le chiffre ordinaire aussi sans parenthèses, suivi d'un point-, ce n'est que rarement qu'on met à cette place le chiffre supérieur,, qui est d'un effet un peu mesquin : ce dernier ne doit pas être suivi du point. Si l'on fait usage des parenthèses daiis le texte, on les mettra également aux notes, en conformant alors les deux espèces de chiffres, supérieurs ou ordinaires. On n'emploie pas non plus le point avec les parenthèses. Les exemples suivants feront mieux ressortir ces concordances :
t24 PREMIERE PARTIE : COMPOSITION.
Le grand maître ^ étoit au désespoir : on Ta fait duc.
1. Le comte du Lude, grand nudtre de r&rtUlerie. 1 Le comte da Lade, grand maître de TartUlerie.
Le grand maître (^) étoit au désespoir : on l'a fait duc.
(1) Le comte da Lude, grand maître de l'artillerie.
Le grand maître (1) étoit au désespoir : on l'a fait duc.
(1) Le comte du Lode, grand maître de l'artillerie.
On employait jadis comme renvois de notes de petites lettres italiques supérieures fondues sur le corps, appelées lettrines. Elles ne servent plus aujourd'hui que pour renvoyer à des variantes ou à des notes de notes ; et, a&n d'éviter la multiplicité des sortes accessoires déjà si nombreuses, on leur substitue le plus souvent des lettres bas de casse italiques, que Ton place entre parenthèses, sans point :
L'honneur des bois (a) et la campagne.
(a) Var. : L'horreur des bois.
L'espace qui suit le numéro d'ordre des notes doit être la même à toutes les notes, quel que soit Fespacement de la ligne, afin d'obtenir l'alignement des premiers mots, détail essentiel généralement trop négligé :