DES SOURCES
Certains auteurs se soucient peu de présenter les sources suivant un ordre rationnel. Cet ordre est pourtant suffisamment déterminé par Timportance relative des divers éléments dont elles sont composées. On peut, en général, rattacher ces éléments à trois points : 4^ le titre et ses subdivisions \ T le lieu et la date de Fimpression ; 3<^ les renseignements accessoires relatifs au format, au nombre de pages, à la division en tomes, au prix, etc. Exemples :
Proverbes et dictons de la BcLSse-Bretagne, recueillis et traduits par L.-F. Sauyjî. Paris, H. Champion, libraire , 15, quai MalaquaiSy 1878. In-8 de yii-168 pages.
Collection des principaux cartulaires du diocèse de Troyes ; II, Cartulaire de Vahhaye du Paraclet, par M. l'abbé Lalobb. Paris, Thorin; Troyes, Dufey-Robert , 1878. In-8 de xxxviii- 364 pages. Prix : 9 fr.
Ad. VuiTRY, de l'Institut. Études mr le régime financier de la France avant la Révolution de 1789. — Les impôts romains dans la Gaule du y au x' siècle. — Le régime financier de la monarchie féodale aux xi«, xii« et xiu» siècles. Paris, Guillaumin, 1878. Un vol. in-8 de 540 pages.
On voit, par ces exemples, qu'il faut mettre en italique tout titre d'ouvrage ^ il en est de même des titres de sections, tels que Pièces justificatives , Documents, Appen-dice, Notes, etc. Toutefois, il est quelquefois dérogé à la règle sur ce dernier point lorsque Ton veut, en raison d'une trop fréquente répétition, restreindre l'emploi de
ritalique, ou encore et surtout lorsque ces sections n'occupent qu'une part très limitée dans Timportance de Touvrage.
Remarquons que le point d'abréviation n'exclut pas la virgule dans l'expression des sources. Ainsi, on n'écrira pas, comme on le voit trop souvent :
Tile-Live, EpU, libr. XX; Cf. Id. ibid. libr. XI ; etc.;
mais bien
Tite-yye, Epit, Ubr. XX j Cf. Id., ibid., libr. XI.
Les mots idem, ibidem, abrégés ou non, se mettent en bas de casse, en italique, en petites ou en grandes capitales suivant qu'ils représentent un ou plusieurs mots exprimés en bas de casse, en italique, en petites ou en grandes capitales. Ainsi, dans l'exemple qui précède, il eût fallu mettre Id. en petites capitales si Tite-Live qu'il remplace avait été mis en petites capitales.
En principe, le premier mot d'un titre doit toujours prendre la majuscule. Mais, là surtout, il importe de bien comprendre Tesprit qui dicte la règle. Faute de s'en rendre compte, beaucoup de typographes flottent dans l'indécision, et, chaque fois qu'il s'agit d'un titre de la nature du suivant, loin de s'être tracé une marche logique et immuable, ils sont amenés, suivant leur impulsion première, à l'écrire indistinctement de Tune des trois façons que voici :
Jean-Jacques Rousseau, la Nouvelle Hélolse.
Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloîse.
Je^n-Jacques Rousseau, La nouvelle Hélolse,
Or, la seule bonne manière est la première : l bas de casse, parce que l'article le, la, les ne fait partie d'un
titre que pour la régularité de Texpression ; N grande capitale, parce que, dans l'espèce et dans tous les cas analogues, le mot qui suit Tarticle doit être considéré comme le premier mot essentiel. Gela est si yraî, que, ainsi que nous le prouverons tout à l'heure, il faudra, dans certains cas, ne pas exprimer l'article en italique, bien qu'il figure sur le grand titre d'un ouvrage. Les deux dernières manières d'écrire sont également défectueuses, même si, au lieu de la virgule, on fait précéder le titre d'un deux-points ; par exemple :
Jean-Jacques Rousseau : la Nouvelle HéloUe.
A l'égard du substantif qui suit l'adjectif, il prend toujours la majuscule, parce que, si l'adjectif est le premier mot essentiel, le substantif est le premier mot dominant. Les exemples suivants serviront de types pour les titres de cette nature et pour quelques autres qui se présentent sous une forme un peu différente :
Dante, la Divine Comédie.
Galland, les Mille et une Nuits.
Molière, les Précieuses ridicules.
Goldsmith, le Vicaire de Wake/ield.
Charles Sorel, la Vraie Histoire comique de Francion.
Dulaure, Nouvelle Description des curiosités de Paris.
A. de Musset, Une Soirée perdue.
Bescherelle, Grand Dictionnaire national.
Victor Foumel, Ce qu'on voit dans les rues de Paris.
L'Heureux Retour ^ histoire espagnole.
Les Petites Misères de la vie humaine.
Les Cent Nouvelles nouvelles.
Emile ou l'Éducation.
Le Pot~Pourri ou Préservatif de la mélancolie.
Si le titre commence par les mots De, Du, Des, De la, Sur, Pour, etc., il faut les mettre en italique et avec la
majuscule, parce qu'ils sont partie essentielle et insépa-. rable du titre :
Montesquieu, De Vesprit des lois.
Maréchal (Sylvain), Pour et contre la Bible.
Gicéron, De amicitiâ.
Quand le titre fait partie d'une phrase, il n'y a pas lieu toujours de mettre en italique l'article te, la, les. Il se présente alors deux cas distincts.
Lorsqu'il ressort de la construction de la phrase J 'intention évidente d'exprimer dans son essence la constitution même du titre, il faut mettre l'article en italique :
Le journal le Temps a publié un fragment de ce discours.
L'idée de ce conte est la même que. celle du conte de Perrault les Fées,
Ge Ters se trouve dans la comédie de Regnard intitulée le Légataire universel.
11 en sera de même de toute dénomination de cette nature que l'on met habituellement en italique, par exemple le nom d^un vaisseau :
Le brick l'Adonis a mis à la voile ce matin.
Le vaisseau la Surveillante est entré en rade.
On annonce pour demain l'arrivée de la goélette l'Éclair.
Mais, lorsque ces mêmes titres figurent dans l'intérieur d'une phrase en citation courante, et sans intention marquée d'en donner la forme complète, il est évident que l'article devient partie intégrante de la phrase et qu'il faut l'exprimer comme elle, c'est-à-dire en romain :
Le Temps a publié un fragment de ce discours.
On retrouve dans les Fées, de Perrault, l'idée de ce conte.
L'auteur a pris ce vers dans le Légataire universel, de Regnard.
Le départ de l'Adonis a été retardé.
La Surveillante est retenue par le mauvais temps.
On annonce pour demain l'arrivée de VÉdair,
i^^iw^ip
. La logique de cette règle ressort plus clairement lorsque, au lieu de présenter comme sujet ou r^ime direct un titre au pluriel, ou bien au singulier un titre masculin, on les exprime au régime indirect ou au cas génitif, comme dans ces exemples :
Ce vers est extrait du Légataire urUversd, de Regnard. Nous citons des passages des Plaideurs, des Femmes savantes et de^ Précieuses ridicules.
L'équipage du Pereire est en bonne santé.
L'article le, les est ici forcément confondu avec la préposition de, qui n'appartient pas au titre, mais à la phrase générale ; donc, pas plus qu'elle il ne fait partie du titre. Nous voyons là une preuve péremptoire de Fexcellence du principe que nous venons d*énoncer.
Écrire autrement, comme on le voit trop souvent, à savoir :
Le Temps a publié un fragment de ce discours ;
On retrouve dans les Fées, de Perrault, l'idée de ce conte ;
L'auteur a pris ce vers dans le Légataire universel, de Regnard ;
Le départ de V Adonis a été retardé ;
La Surveillante est retenue par le mauvais temps ;
On annonce pour demain l'arrivée de l'Éclair;
serait enlever à la phrase une partie de ses éléments essentiels, sous prétexte de donner à l'expression mise en italique un semblant de logique qui se dissipe devant le plus simple raisonnement.