DBS PAGES PROPREMENT DITES ET DES TITRES
INTERIEURS.
En mettant de côté la raison d'économie, on doit toujours chercher à proportionner au format le caractère du texte principal d'un labeur. Ce point primordial décidera de la force des caractères à employer pour les autres parties qui lui sont subordonnées, et dont nous parlerons à leur place. Ainsi, un corps Huit ou Neuf, en sup-
posant un œil ordinaire, conviendra au texte d'un in-dixhuit Jésus ou d'un petit in-octavo, mais nullement à celui d'un in-octavo jésus ou d'un in-quarto, pour lesquels on choisira les corps Dix, Onze ou Douze. Un in-folio exigera des corps supérieurs. L'interlignage devra suivre également la même progression et être d'autant plus fort que l'œil sera plus gros.
La grandeur du format se règle sur Pimportance de la matière. Les petits formats, tels que Tin-dix-huit jésus, conviennent aux sujets de fantaisie, romans, récits de voyages, etc.; les moyens formats, conmie l'in-octavo raisin , sont préférables pour les ouvrages d'un genre sérieux; quant aux grands formats, à partir de l'inoctavo Jésus, ils s'adaptent avec avantage aux publications qui comportent des illustrations, des planches ou des fac-similés.
On doit chercher aussi à obtenir un volume d'une épaisseur proportionnée au format. Si un ouvrage de peu d'étendue peut être présenté sans inconvénient sous forme de plaquette en un format quelconque, il n'en est pas de même d'un travail d'une certaine importance, qu'on ne saurait offrir convenablement sous les dehors d'un gros volume de petit format ou d'un mince volume de grand format. La force du papier, susceptible de varier beaucoup, devra entrer en ligne de compte dans l'évaluation qui aura pour objet ces justes proportions.
Le choix du caractère et du format d'après ces bases occupe le premier rang dans la question de goût. De lui dépend la nature du sentiment de satisfaction ou de déplaisir que l'on éprouve en ouvrant un livre. Toutefois, à cet égard, nous n'entendons pas parler de certaines publications , telles que les revues périodiques,
les lexiques, les ouvrages didactiques, pour lesquels on cherche plutôt à condenser la matière qu'à sacrifier à rélégance.
La longueur des pages doit être également proportionnée au format, et leur largeur doit l'être à leur longueur. De grandes marges sont préférables à de petites, mais il y a une mesure à conserver, sous peine d'être ridicule par exagération. En se tenant en garde contre tout excès, on saura s'arrêter à une justification et à une hauteur de page qui, tout en laissant des marges raisonnables, ne donneront point à l'ensemble un .aspect lourd ou étriqué.
On a vu que les marges de tête et de fond doivent être avec celle de pied et la marge extérieure dans la proportion de 2 à 3 ; mais il n'existe point de rapport précis entre la marge de tête et celle de fond, ni entre la marge de pjpd et la marge extérieure. Toutefois, l'usage le plus constamment suivi veut que les marges de tête et de pied soient maintenues un peu plus grandes que les deux autres. La différence ne doit pas être très sensible : le maximum que puisse avoir la marge de tête équivaut au blanc de la marge extérieure.
Considérons maintenant un ouvrage dans ses divisions naturelles, qui correspondent généralement aux titres suivants : Partie, Livre, Chapitre, Paragraphe. La gradation de ces divisions subordonnées les unes aux autres doit être exprimée par la force de corps des caractères qui leur sont affectés. Ainsi, dans un in-octavo raisin dont le texte serait en Dix, les parties pourront être composées sur corps Seize ou Dix-huit ; les livres sur Douze ou Quatorze-, les chapitres sur Dix, et les paragraphes sur Sept, comme nous les figurons ici :
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