LIVRE SECONDE
GHAi>ITRE IV.
PARAGRAPHE YII.
Si Ton fait usage, pour les paragraphes, de petites capitales au lieu de grandes, on aura égard à la différence d'oeil, et Ton emploiera un corps plus fort, par exemple du Dix ou du Onze.
Ces divisions n'existent pas toujours concurremment 5 quelquefois même îl n'en est pas fait mention et on leur substitue des titres spéciaux de l'ouvrage ; mais ceux-ci n'ont pas moins entre eux une gradation bien déterminée, qui les assimile, pour l'application de la règle, aux divisions élémentaires qui nous servent de base.
On règle ordinairement sur l'importance relative de ces divisions les blancs où elles figurent, en tenant compte du plus ou du moins d'économie de place que commande l'étendue de l'ouvrage. Ainsi, suivant le cas, ^on placera les grandes divisions soit au milieu du recto d'un feuillet dont le verso restera blanc ; soit uniformément en tête d'une page recto, c'est-à-dire en bellepage^ mais en disposant la composition de façon à ne pas
1 . Remarquons, en passant, que second représente une idée d'ordre et se dit également soit qu'il n'y ait que deux objets, soit qu'il y en ait un plus grand nombre : Cet ouvrage se divise en deux parties^ dont voici la seconde; celuici en comprend cinq^ dont nous possédons la seconde et la troisième. Tandis que deuxième représente une idée de série et suppose toujours plus de deux objets; ainsi, on ne dira pas : Cet ouvrage a deux volumesy voici le deuxième.
laisser blanc le verso précédent ; soit encore en tête d'un verso ou d'un recto indifféremment, c'est-à-dire en page, en se conformant aux exigences fortuites du texte. Les subdivisions suivront la gradation et figureront soit en page, soit dans l'intérieur du texte. A défaut de grandes divisions que l'ouvrage ne comporterait pas, les chapitres deviennent les principales divisions, et le plus souvent on les fait tomber en page ou en belle page. Si on les place dans le texte, on les en sépare par un filet maigre régnant sur tout ou partie de la justification, ou même on se dispense de tout filet. Dans les deux cas, on laisse au-dessus de la ligne de .titre légèrement plus de blanc qu'au-dessous, en se basant sur l'œil de la lettre, car il ne faut pas oublier que les capitales ont tout leur talus en pied, tandis quil est également réparti en tête et en pied dans les initiales.
Il est impossible de fixer à l'avance le blanc qu'il convient de consacrer à chaque division. La règle consiste surtout à garder les mêmes proportions entre les différents titres et à conserver aussi rigoureusement que possible les mêmes blancs dans toutes les divisions analoguesy lorsque les exigences de la mise en pages ne s'y opposent pas. On peut dire, toutefois, que, dans un ouvrage régulièrement fait, on consacre ordinairement le tiers de la page aux divisions tombant en page. On comprend dans ce blanc la place exigée par les soustitres composés en petits caractères, pourvu qu'ils ne fassent pas plus de trois ou quatre lignes. Car, si ces sous-titres forment des sommaires détaillés, il devient impossible de conserver ces proportions, et l'on doit alors considérer ces sommaires comme le départ du texte, sauf à restreindre un peu le blanc supérieur. C'est sur ce
dernier que se régleront les blancs des divisions subordonnées intercalées dans le texte.
Le titre de départ, qui est la reproduction du titre de Touvrage, doit aussi occuper environ le tiers de la première page du texte. Les titres de divisions qui le suivent immédiatement s'en séparent soit par un filet maigre ou tremblé, soit par un filet double-maigre, régnant le plus souvent sur la longueur de la justification. Ge titre de départ doit autant que possible affecter la même forme que le grand titre, c'est-à-dire que les coupures doivent être les mêmes et les caractères à peu près identiques, mais toujours de plusieurs points inférieurs.
Les titres des grandes divisions d'un labeur peuvent en outre être séparés du texte qui suit par un filet maigre ou un filet anglais. Il n'est point de règle à cet égard; c'est affaire d'appréciation. Mais on doit, sur ce point, être très sobre et très prudent, car il suflQt d'un filet de cette nature placé ou choisi mal à propos pour déparer l'ensemble d'un titre ou lui donner un air de lourdeur.
Il est interdit de commeqcer une page par une ligne à cadrats de fin d'alinéa, à moins que cette ligne ne constitue à elle seule l'alinéa. Lorsqu'on se trouve en présence de cette difficulté, on a recours à plusieurs moyens. S'il s'en faut de peu que la ligne ne soit pleine, on la complète en jetant quelques espaces entre les mots, pourvu que l'espacement reste convenable ; autrement, on est forcé de gagner ou de doubler une ligne à la fin d'un alinéa antérieur, soit pour faire rentrer la ligne à cadrats au bas de la page précédente, soit pour reporter l'avant-dernière ligne de l'alinéa en tête de la page; enfin, comme dernière extrémité, si ce remaniement
■■VaV^'V ■■• "■ • »'-^r"l«PVIipqpwaiMHW^m^«i^««Hil«^««MIVM^HmBHBiPPIIVHVBaWB«iaB«HiB«a«Mi
n'est pas possible, on fera longues ou courtes d'une ligne les deux pages en regard, ainsi que nous l'expliquerons tout à l'heure.
L'usage qui a dicté cette règle ne défend pas de terminer une page par une ligne commençant un alinéa. Mais nous pensons qu'il vaudra toujours mieux chercher à l'éviter. On devra aussi faire en sorte de ne pas terminer une page recto par un mot divisé dont la fin serait reportée en tête du verso.
Dans une composition en vers, on évitera de séparer d'une page à une autre deux vers rimant ensemble, ce qui peut se faire lorsque les rimes ne sont pas croisées, en adoptant pour chaque page un nombre pair de lignes. Mais cette règle ne saurait être rigoureuse, car bien des causes peuvent s'opposer à son exécution, comme l'introduction d'un nombre impair de lignes de blanc dans une même page.
Dans un ouvrage où des titres doivent tomber en page, la page de texte qui précède ne peut se composer de moins de cinq lignes. Le blanc restant est ce qu'on appelle une queue. Si l'on arrivait à n'avoir que quatre lignes ou moins, il faudrait de toute nécessité remanier quelques fins d'alinéa, s'oit pour regagner cette page, soit pour obtenir le minimum de lignes exigé.
Il faut cependant éviter aussi de fkîre pleine la page qui précède un titre tombant en page, ce qui détruit toute idée de convention de cette nature ^ car il est bon que tout détail d'ordre et de marche soit, quand il y a lieu, corroboré par le détail corrélatif. On laissera donc au moins un blanc de quatre ou cinq lignes.
On garnit ordinairement le vide de ces blancs soit par un filet maigre, soit par un filet anglais, soit par une
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vignette ou un fleuron en cul-de-Iampe. Cet ornement, quel qu'il soit, doit se placer entre le premier tiers et le deuxième tiers du blanc total, et parfaitement au milieu de la justification ; il est donc essentiel de le justifier exactement à droite et à gauche, afin qu'il ne varie pas au tirage. Toutefois, lorsque le blanc sera réduit à moins d'un quart de la page, le filet ou le fleuron devra se rapprocher du centre en proportion de la réduction du blanc.
Il est de bon goût de placer aux mêmes divisions les mêmes genres d'ornement. Par exemple, si, aux divisions des parties, on emploie le cul-de-lampe, on le mettra à toutes les mêmes divisions sans exception; alors les divisions des livres prendront régulièrement le filet anglais, et celles des chapitres le filet simple. De cette façon la relation des divisions de Fouvrage sera exprimée matériellement, et Fesprit sera satisfait de Fordre en quelque sorte hiérarchique qui aura présidé à la disposition de ces détails.
La dernière page d'un ouvrage se termine ordinairement par le mot Fin, qui tient lieu de filet ou de cul-delampe et que Fon place aussi sur la ligne séparative du premier et du second tiers du blanc de queue.
Il était d'un usage assez général autrefois de placer en tête des divisions tombant en page soit un filet simple ou double, soit une vignette régnant sur la longueur de la justification. On se borne le plus souvent aujourd'hui à laisser un blanc de quelques lignes. Toutefois, dans les volumes de poésie, dans les reproductions d'anciens textes, et en général dans toutes les œuvres auxquelles on veut donner un cachet d'antiquité, et que l'on imprime en caractères elzéviriens, on fait souvent usage à
RÈGLES RELATIVES A LA MISE EN PAGES. t55
cette place de vignettes appelées pour ce motif têtes de pages ou bandés. Le dessin de ces ornements varie beaucoup et doit être approprié autant que possible au genre grave ou léger du texte qu'ils accompagnent.