DES FOLIOS ET DES TITRES GOURANTS
Les folios, accompagnés de titres courants, se placent à l'extrémité de la ligne, du côté de la marge extérieure, c'est-à-dire à droite sur les rectos, à gauche sur les versos. Les folios impairs correspondent invariablement aux pages rectos. En l'absence de titres courants, les folios occupent le milieu de la ligne, soit entre deux tirets, soit isolés ; l'usage de les mettre entre parenthèses a disparu. On les compose en chiffres arabes pour le corps de l'ouvrage, à partir de la première page du texte, lorsqu'on n'imprime qu'en dernier lieu, comme il arrive presque toujours, les titres, dédicace, préface, notice, etc. , dont l'auteur n'arrête souvent la rédaction définitive qu'aux limites extrêmes, et qui donneront un nombre de pages encore inconnu. Les folios de ces parties préliminaires, ne pouvant plus alors se fondre avec ceux du texte, s'expriment en chiffres romains, petites capitales ou bas de casse, suivant le tableau que nous en avons donné page 4 04. Mais, lorsqu'il s'agit d'une réimpression, on doit appliquer, ainsi qu'on le fait pour les signatures, le même système à ces parties préliminaires et au texte,
et employer dès le début les chiffres arabes qui se continueront du commencement à la fin du volume. C'est une erreur de beaucoup de typographes de croire que la différence de pagination doit être maintenue dans ce dernier cas; aucune considération émanant des diverses natures de texte ne motive cette divergence, en dehors de la nécessité imposée par Tordre illogique suivi forcément dans l'impression des feuilles d^un volume. On devra donc considérer conune une faute de paginer les pièces préliminaires d'un ouvrage autrement que le texte, dès lors que, par suite d'une réimpression ou en raison * d'une rédaction manuscrite irrévocable, on suit la marche régulière qui consiste à commencer par le commencement et à finir par la fin.
Les folios pairs devant, à la retiration, tomber exactement sur les folios impairs, il faut avoir soin de les placer juste au milieu de la ligne lorsqu'il n'y a pas de titres courants. Il peut arriver toutefois qu'il soit nécessaire de jeter une espace fine en plus d'un côté ; alors il faudra corriger cette irrégularité en jetant la même espace du côté opposé du folio correspondant; autrement, le registre ne saurait être établi correctement.
Quand, par suite de l'introduction d'un tableau ou d'une opération quelconque; on est forcé d'élargir accidentellement la justification, le folio n'en doit pas moins conserver sa place ordinaire, pour tomber exactement sur celui de sa retiration.
Le caractère qu'il convient d'adopter pour les folios est subordonné à celui du texte. De trop gros chiffres seraient disgracieux ; de trop petits seraient ridicules. On peut estimer, dans des proportions normales de fonte, qu'un caractère inférieur de deux points s'allie généra-
REGLES RELATIVES A LA MISE EIS PAGES. 16t
lemenl bien avec le texte. Ce que nous disons pour les folios est juste également pouf les titres courants, qui se composent le plus souvent en grandes capitales espacées. Toutefois, lorsque les titres courants ont une certaine étendue, on pourra choisir un caractère serré du même corps que le texte ou d'un point inférieur, et employer les petites capitales non espacées, car il faut toujours ménager un certain blanc à droite et à gauche. Le titre courant doit occuper exactement le milieu de la ligne, le folio se trouvant compris dans Tun des deux blancs latéraux ; il en est de même des dates entre crochets que Ton fait figurer quelquefois dans la ligne de titre courant, du côté opposé au folio.
Dans le choix du caractère, il faut considérer la rencontre possible du titre courant et d'un titre intérieur, qui ne sauraient être du même œil. Pour éviter ce défaut du plus mauvais effet, il convient d'employer pour les titres coûtants un type qui ne soit point un de ceux que Ton aura adoptés pourries titres des différentes divisions de l'ouvrage.
Toutes les fois que l'on ne sera point commandé par la longueur des titres courants, il sera préférable de se servir des grandes capitales espacées et des chiffres du même corps -, de cette façon, ces derniers n'ont pas l'œil trop gros, et l'aspect de la ligne est plus satisfaisant. Au contraire, les petites capitales et les chiffres du même corps offrent presque toujours une disproportion de force qui est précisément celle qu'il faut le plus éviter. On en jugera par ces deux exemples :