DES BOIS INTERCALÉS
La condition essentielle à remplir, lorsqu'un bois doit figurer sur la justification totale du texte, est de laisser, à droite et à gauche, en tête et en pied, des blancs égaux et de maintenir l'axe horizontal de la figure parallèle aux lignes du texte. Or, il est assez rare que les bois arrivent à l'imprimerie parfaitement d'équerre; on est obligé souvent d'employer la lime et la scie pour obtenir ce résultat, ou encore de corriger de légères défectuosités
par l'addition de morceaux de clinquant ou d'interlignes sur les parois du cliché.
Si les bois n'occupent pas la justification entière, l'usage le plus général veut qu'on les place sur le bord des marges extérieures, en alignant les traits latéraux avec l'extrémité du texte. Ainsi, aux pages paires, ils figureront au commencement des lignes, et, aux pages impaires, à la fin. Toutefois, si le trop grand rapprochement de plusieurs bois ne permettait pas de placer entre eux au moins quatre ou cinq lignes, mieux vaudrait les alterner, pour éviter le fâcheux effet d'une succession de dessins sur un même côté.
Un bois peut dépasser la largeur de la justification. Il faut alors le parangonner dans les garnitures, de façon que les traits du dessin ressortent également des deux côtés.
Quand un bois occupe toute la page en travers, il faut le placer de manière que le pied soit à la marge de fond des pages paires et à la marge extérieure des pages impaires. Tous les dessins se trouvent ainsi dans le même sens, et c'est celui qui convient le mieux pour l'examen, parce que, lorsqu'il s'agit de tourner un livre, la main droite se ramène instinctivement et avec aisance vers le corps, tandis que la main gauche s'en éloigne. C'est le mouvement le plus naturel.
Les légendes qui servent d'explication aux bois intercalés se composent d'un corps plus petit que celui du texte, soit en bas de casse, soit en petites capitales» Mais il n'en est pas de même pour les figures hors texte ou qui occupent la page entière-, on en composera les légendes en grandes capitales espacées, d'une force proportionnée au format.
Lorsque, dans un ouvrage à plusieurs colonnes, un bois occupe toute la largeur de la justification, le texte ne doit enjamber le bois qu'après que les fragments supérieurs des colonnes ont été comblés ; alors il repasse de la dernière colonne supérieure à la première inférieure. Mais, si la figure est placée au centre de la justification, ainsi qu'on le fait préférablement pour les bois de dimension moyenne, le texte, remanié sur le passage du bois, se poursuit du haut en bas de chaque colonne, à tour de rôle *.