DBS OUVRAGES A DEUX OU PLUSIEURS COLONNES
Deux colonnes sur une même page se séparent entre elles soit par des filets maigres, soit par un blanc. A moins qu'il ne s'agisse de deux textes corrélatifs en regard, nous conseillons de toujours adopter la séparation par les filets, parce qu'elle produit meilleur effet et qu'en même temps elle établit, dans la perspective des lignes horizontales, une division plus tranchée et plus conforme à la logique. Les filets doivent être, autant que possible, d'un seul morceau et fondus sur cicéro afin de maintenir solidement la composition. Suivant les formats, le blanc qui doit Ogurer de chaque côté de Tœil des filets varie entre deux points et le cadratin du corps de l'ouvrage.
Mais on agira différemment avec un texte accompagné de sa traduction en regard -, on les séparera seulement par un blanc équivalant au moins à un cadratin, parce
1. Il faut avoir soin de laver très superficiellement Tœil des dessins, afin de ne pas mouiller les bois ; autrement, ils se ffcndoleraient et perdraient leur quadrature.
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t76 PREMIERE PARTIE : COMPOSITION.
qu'il existe entre eux un rapport intime qu'il importe de laisser très apparent.
La disposition à deux ou plusieurs colonnes comporte des titres généraux qui doivent régner sur la justification totale, et quelquefois des sous-titres ou des sommaires particuliers qui, n'ayant trait qu'à un chapitre, se composent sur la justification partielle.
Soit qu'une grande division tombe en tète ou dans Fintérieur d'une page, la fin du texte qui précède doît être partagée également entre les colonnes, et, en cas d'impossibilité eu égard au nombre de lignes et de colonnes, c^est la dernière colonne seule qu'il &ut faire plus courte d'une ou de deux lignes. C'est ce qu'on appelle une colonne hoitease.
Lorsqu'il s'agit d^un texte accompagné de sa traduction en regard, comme très souvent l'un est régulièrement plus court que l'autre, il est bon de prendre deux justifications différentes pour compenser l'inégalité des deux matières et éviter un trop grand blanc qui se reproduirait à la fin de chaque alinéa, les premières lignes des alinéas correspondants devant rigoureusement se trouver sur le même niveau. Si Ton adopte ce système, qui est certainement le meilleur pour le coup d'œil, il faut placer, uniformément à toutes les pages, la colonne la plus large à la marge extérieure et la plus étroite à la marge de fond, afin qu'il y ait concordance à la retiration. Mais, quand les colonnes sont égales en largeur, le texte se place toujours à gauche et la traduction à droite sur les rectos comme sur les versos.
Cette égalité de justification peut se conserver avec les deux systèmes suivants qui ont aussi pour objet d'éviter les blancs dans les colonnes. Le premier consiste à em-
ployer la forme en hache dont nous ayons montré l'application aux manchettes (p. i 73) ; c'eat-à-Kiire que l'on fait régner Texeédent de matière sur les deux colonnes à la fois en le composant sur la justification totale. Le second consiste à adopter pour la maljère la plus longue un caractère d'un corps inférieur ou un œil plus serré, ou encore à lui donner un interlignage moins fort. C'est à Tun des modes de ce dernier système que l'on a recours lorsqu'au lieu d'être présentés en regard sur la même page, le texte occupe la page verso et ta traduction la page recto.
Si un tableau vient à couper des colonnes, il est assimilable à un bois intercalé-, le texte n'enjambera le tableau qu'après que les fragments de colonnes auront été remplis, à moins que le tableau, laissant un blanc sufQsant à gauche et à droite, ne permette de continuer le texte sur une justification réduite.
Dans les ouvrages à plusieurs colonnes, les notes se composent sur la justification partielle, et le numérotage recommence à chaque colonne. Mais, si les notes suivent immédiatement un tableau régnant sur l'ensemble des colonnes, il faudra les composer sur la justification totale, en n'employant qu'un numérotage pour la page entière.