‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 119 sur 369 · Acht Jahre · texte numérisé non relu

Acht Jahre

2 Ainsi nommés à cause de leur uniforme hongrois. 3. AchtJahre, 46. À mag. nemzel tort., X. 431-3.

Pour n'être pas tout à fait aussi graves, les effets du système de Bach dans l'Autriche occidentale n’en furent pas moins déplorables. IL détruisit le plus heureux des résultats de la Révolution. le rapprochement qui s'était opéré à Kremsier, entre les Allemands et les Tchèques. Parmi les Slaves cisleithans, les Tchèques tiennent la première place par le nombre comme par le développement matériel et moral. Les pays où ils se rencontrent avec les Allemands, Bohême, Moravie et Silésie, sont un champ historique de luttes nationales acharnées. La question tchèque-allemande, depuis que se pose en Cisleithanie le problème national, en est la clef, et par là la clef du problème politique en Autriche. Le projet de Constitution de Kremsier en donnait une solution acceptée par les deux parties; c'était le commencement de l'entente. Pour qu’elle se complétât et s’affermit, il suffisait de laisser opérer les moyens qui, à Kremsier, avaient rapproché les deux nationalités : la rencontre dans les assemblées, la libre discussion, la participation égale aux affaires d'intérêt commun, la responsabilité des décisions à prendre. La bureaucratie au contraire les plia toutes deux sous sa tutelle : elle leur interdit également toute activité politique et administrative, elle détruisit leurs points de contact, leurs centres de réunion ; par là, elle leur fit perdre l'expérience politique qu'elles venaient d'acquérir, ranima leur ancienne hostilité, y joignit de nouvelles rancunes, les irrita et les aigrit. Les Tchèques ne furent pas vraiment atteints par la germanisation : la jeune génération apprit sans doute l’allemand, mais, bien loin qu’elle oubliât le tchèque, la connaissance de la langue nationale fit sous Bach de grands progrès ‘. Mais ils se remirent à vivre dans le passé, puisqu'on les empêchait de vivre dans le présent ; ils recommencèrent à s’enthousiasmer pour des idéals « historiques » et, de nouveau, ils se forgèrent des chimères d'avenir. Lorsque se rouvrit, en 1860, l'ère constitutionnelle, ils ne se plaçaient plus, comme à Kremsier, sur le terrain de la Cisleithanie, mais de nouveau, comme en mars 1848. sur celui du droit d'État de la Bohème ; et leur opposition de principe arrête depuis lors le développement normal de la politique intérieure en Autriche. Ils sentirent plus durement que tous les autres peuples — sans exception même pour les Magyars — le poids des dix ans de l'absolutisme. Ils n'avaient pas, comme les Magyars, une haute noblesse nationale, qui mît au service de la nation son influence à la cour : l'aristocratie de Bohême a le sentiment provincial au

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