‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 127 sur 369 · DIN · texte numérisé non relu

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196 LA RÉVOLUTION ET LA RÉACTION la monarchie, lui rendre une force imposante, la relever au rang d'arbitre de l'Europe, c'était l’idée qui avaitinspiré Schwarzenberg ; et le système de Bach n'avait été adopté à l’intérieur que pour en faciliter la réalisation : c’est sous l’absolutisme plus que sous aucun autre régime qu'en Autriche la politique intérieure est naturellement la servante de l’extérieure. Schwarzenberg avait rétabli par des moyens souvent violents, mais du moins énergiques et habiles, la triple alliance conservatrice et légitimiste de l'Autriche, de la Prusse et de la Russie, que Metternich lui avait léguée, et qui avait en 1848 sauvé la monarchie, par le refus de la couronne impériale par le roi de Prusse et par l'intervention du tsar. Son successeur, le comte de Buol, grisé par la facilité de ces triomphes, laissa perdre cette alliance sans parvenir à la remplacer par une autre. Il avait repris de Schwarzenberg la méthode hautaine, brutale, violente, qui cherchait à en imposer à l'adversaire ; mais il n'était pas homme à l'appliquer comme avait fait son inventeur. « Un despotisme impérieux peut, dans certaines circonstances, faire impression et être un moyen de salut ; mais rien n’est plus dangereux que la tentative d'un maladroit imitateur pour continuer l’œuvre d’un pareil modèle. ! » La politique de Buol le démontre d’éclatante manière. Partout il se présente avec les plus hautes prétentions, et partout il finit par une reculade, souvent à peine déguisée. Nulle part la disproportion entre l'ambition de l'Autriche et sa force réelle, entre ce qu'elle voulait et ce qu’elle pouvait, nulle part le manque de jugement et l'incroyable aveuglement de ses hommes d’État ne parurent plus clairement que dans la crise de la guerre de Crimée. La monarchie avait le choix entre deux partis : fidélité à la triple alliance légitimiste ou revirement complet et alliance avec les puissances occidentales, Le premier l’exposait, en cas de victoire de la Russie, à l'avoir désormais pour voisine au Sud, et à devoir compter davantage avec son prestige et son action sur les Slaves autrichiens, mais il lui assurait sa neutralité en Allemagne dans le duel austro-prussien, et son appui en Italie. Le second la brouillait avec la Russie, mais une Russie affaiblie et devenue moins dangereuse. Hanté par l'idée d'être l'arbitre des deux camps et d’'encaisser les profits de ce rôle — c’est-à-dire d’annexer les principautés danubiennes — Buol ne sut pas choisir entre les deux partis: sa politique fut hésitante, avec un air de duplicité. Peut-être n’en était-il pas seul responsable: car il n'était

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