Drei Jahre, 111. Emléklapok
2, Lettre de novembre ou décembre 1860, Emléklapok, 367.
Le Diplôme d'octobre a été définitivement condamné par l’insuccès. Pendant longtemps, les Slaves cisleithans ont paru appeler de leurs vœux un régime qui en restaurerait les principes ; ils semblent, aujourd'hui, avoir reconnu et que ce désir n’est pas réalisable, et que, même s'il l'était, un régime fondé sur le Diplôme ne donnerait pas satisfaction à leurs besoins essentiels. Le Diplôme figure toujours, après la Pragmatique Sanction, en tête des lois constitutionnelles cisleithanes ; mais c'est surtout à titre historique, et comme introduction à la Patente de février, dont il explique les dispositions essentielles. Il n'a plus aujourd'hui de valeur pratique en Autriche.
Rechercher les causes de son échec, c’est donc ouvrir une discussion tout académique, un débat purement rétrospectif. Il vaut la peine, cependant, d'ouvrir cette discussion et ce débat. Le Diplôme, après dix ans de folle réaction, représente la première tentative faite pour donner à la monarchie autrichienne une unité constitutionnelle, pour résoudre le problème qui se posait à elle au lendemain de Vilägos. Si l’on veut comprendre le cours des événements qui ont suivi, s'expliquer la Patente, le Compromis, l’histoire politique de la monarchie depuis 1867, il importe de discerner exactement les causes qui, faisant échouer cette tentative, ont entraîné l'échec inévitable des tentatives suivantes, et par là placé la monarchie dans un état de crise chronique.
Pour juger le Diplôme, il convient de ne pas se laisser entrainer par l’imagination et la conjecture ; il faut rester sur le terrain des faits. Sans doute, l'histoire de l'Autriche aurait pris une autre tournure, si, en 1859, une politique résolue et hardie avait octroyé à toute la monarchie la Constitution de Kremsier, ou encore convoqué une Constituante autrichienne : les Magyars, isolés au milieu des autres nationalités, qui toutes auraient défendu énergiquement l'unité de la monarchie, n'auraient point eu d'autre ressource que de s’y résigner bientôt !. Mais toutes les traditions de l'Autriche, sa nature même, s'opposent à ces brusques changements de direction, à ces résolutions éxtrèmes et presque désespérées. Le gouvernement de cette monarchie composite, bigarrée,sensitive, qui subit la répercussion des événements extérieurs auxquels