‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 235 sur 369 · Le couronnement · texte numérisé non relu

Le couronnement

dront pas. Le gouvernement écoutera leurs objections. Elles ne pourront porter, le but étant admis, que sur le nom, la composilion, le mode de nomination, la compétence, Là dessus, on peut s’entendre, et on s'entendra ‘.» Les événements de Pest le surprirent, mais ne l'ôtèrent pas de son erreur. Zichy, le chancelier aulique, rédigea immédiatement sa démission. Schmerling, qui ne croyait pas encore la partie perdue, le pria de garder son portefeuille. IL conserva ses illusions jusqu’au moment où un signe non équivoque de la disgrâce impériale vint brutalement l'en tirer.

Le 26 juin, Mensdorf, le ministre des affaires étrangères, demanda à Zichy, au nom de l’empereur, sa démission. Majläth, le lavernicus * de 1867, était nommé à sa place chancelier aulique de Hongrie : un changement analogue avait lieu à la chancellerie transylvaine. L'empereur avait peu à peu rendu à ses conseillers d'octobre une partie de la confiance qu'il leur avait enlevée alors : il ne l'avait rendue entière et sans réserves qu'à Majlith, le seul qui. selon lui, eût montré du courage en résistant aux entraînements de l'opinion publique : c'est à son discours d'août 1861 que Majläth dut sa nomination. Schmerling et ses collègues ne l'apprirent que par la publication à l'Oficiel. La démission qu'il ne leur restait plus qu'à offrir fut acceptée aussitôt ; mais ils durent un mois encore assurer l'expédition des affaires, tandis que le nouveau ministre d'État dressait la liste de ses collègues, et arrêtait son programme. Lasser, rencontrant à Vienne, à ce moment, le comte Belcredi, gouverneur de Bohème, lui reprocha de quitter son poste sans congé ; et le gouverneur répondit à son chef qu'il était à Vienne par ordre spécial de l'empereur, et avec recommandation de se cacher de lui. — Le jour de la clôture du Reichsrath, Belcredi fut nommé ministre d'État.

Il y a quelque chose de pénible à voir finir ainsi un épisode de l'histoire d'Autriche qui n'est pas sans grandeur. Quelques réserves qu'appelle. quelques critiques que suggère le système de Schmerling, quelque réprobation que mérite son régime électoral truqué et mensonger, si lourd que soit l'héritage de discordes et de haines qu'il a légué à l'Autriche, et qui pèse toujours sur elle, du moins son but était grand et haut, et son idéal, encore qu'il y ait mal proportionné et adapté ses moyens, était élevé. Il gagne à être comparé à ses successeurs, dont les moyens ne furent pas meilleurs, dont le but était moins haut, et dont l'héritage n’est pas

moins lourd.

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