Kényi, Dedk, II
2, Kônyi, Deük, III, 327.
qu'elle fût acceptée. L'empereur passa trois jours à Pest, du 6 au Q juin. Il avait fait supprimer les mesures de précaution dont on l'entourait d'ordinaire, interdit les démonstrations usuelles arrangées par les autorités‘. Aux députations qui, par la bouche du cardinal primat, vinrent lui présenter leur hommage, il adressa un discours qui annonçait tout un changement de système : (Comme toujours, c'est présentement ma volonté bien arrêtée de contenter autant que possible les peuples de ma couronne de Hongrie, et la confiance avec laquelle ils s'adressent à moi prouve qu'ils reconnaissent mes intentions paternelles et qu'ils peuvent espérer un avenir heureux. € La Diète se réunira bientôt, pour concilier les désirs légitimes de la population avec les conditions nécessaires de la puissance de la monarchie ?. « C’est avec une double joie que je paraîtrai de nouveau parmi vous, pour pouvoir, dans une occasion solennelle *, sanctionner ce qui dès maintenant est un des principaux objets de mes désirs paternels. » Une décision impériale, signée à Pest, supprima la compétence exceptionnelle des tribunaux militaires en Hongrie. Mais il n’y avait pas besoin de souligner ainsi le sens et la portée de ces déclarations et de ces avances. L'absence dans les allocutions impériales des mots « Constitution de l’Empire », Qunité de l'Empire », l'emploi exclusif du terme «puissance de la monarchie », le soin que prenait l'empereur de se poser à Pest uniquement en roi de Hongrie, étaient des signes assez clairs. C'était la réponse aflirmative du souverain aux articles-programmes de Déak, et c'était la reconnaissance, sous conditions, mais assurée en principe, du dualisme.
Schmerling n'était pas préparé à ce coup, à ce désaveu de toute sa politique. Il se nourrissait encore de l'espoir de venir à bout, par sa méthode, de la question hongroise. Le 27 mai, il faisait convoquer la Diète de Croatie pour le 19 juillet: et il comptait bien que, cette fois, le Reichsrath verrait sur ses bancs les députés croates. Le 31 mai, il exposait encore à Frübel tout un plan de politique hongroise : & La Diète hongroise se réunira en octobre. Un message royal lui présentera la Constitution de février, et l’invitera à la reconnaître comme loi constitutionvelle hongroise. Elle protestera, et on lui répondra. Mais les Hongrois accepteront le principe du traitement des affaires communes par un Parlement commun. Le Reichsrath est là pour cela. Les Hongrois n’en vou-