‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 271 sur 369 · Srb, Pol. déj, I · texte numérisé non relu

Srb, Pol. déj, I

rité que la voix d'un serviteur à gages appelé de l'étranger ‘.» Une majorité de plus des deux tiers adopta l'adresse *. La députation chargée de la porter à Vienne fut arrêtée en route par le télégramme de Beust qui annonçait la dissolution de la Diète.

Les amis et les ennemis des Tehèques * leur reprochent également de s'être obstinés, en février, dans l'attitude qu'ils avaient prise en décembre, et de s'être cramponnés à des distinctions verbales entre le Reichsrath ordinaire et l'extraordinaire. Les Slaves avaient, grâce aux élections faites sous Belcredi, la majorité au Reichsrath : il faHait accepter le Compromis et faire ensuite la revision cisleithane selon leurs idées. — Mais Beust aurait-il accepté cette revision ? et surtout, les Hongrois lui auraient-ils permis de l’accepter ? Ils étaient, depuis que le Compromis était un fait accompli, les maîtres de la situation, et l'hégémonie allemande en Cisleithanie était leur programme. La politique des Tchèques, en février, était la conséquence logique de celle qu'ils avaient suivie en décembre ; c'était alors qu'ils avaient commis la grande faute qui décida de leur sort. S'ils s'étaient résignés alors à l’inévitable, ils pouvaient encore obtenir des compensations. Mais si, en février, ils avaient cédé, qui leur garantissait que. sitôt le Compromis adopté avec leurs voix, le gouvernement ne dissoudrait pas leurs Diètes pour y ramener la inajorité allemande dont il aurait besoin ? Les lois électorales de Schmerling rendaient impossible toute entente sûre avec un ministère qui pouvait à tout moment changer le rapport des partisau Parlement, etse créer la majorité dont il avait besoin.

La conduite de Beust en donna la preuve éclatante. La Diète de Moravie avait adopté une adresse beaucoup plus modérée que celle de Bohême, et, au lieu d'attendre, comme on faisait à Prague, la réponse de l'empereur, nommé immédiatement ses députés au Reichsrath : elle n'en fut pas moins aussitôt dissoute. Celle de Carniole, qui avait tenu la même conduite, subit le même sort : et, si celle du Tirol, qui les avait imitées, y échappa, ce fut, dit Beust, uniquement parce qu'on ne pouvait pas attendre de nouvelles élections un changement de la majorité *. Ce simple aveu suflirait à justifier l'opposition complète des Tchèques ; il prouve bien qu'il ne s'agissait pas, comme on le prétendait oflicieuse-

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