‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 270 sur 369 · Dreissig Jahre, I · texte numérisé non relu

Dreissig Jahre, I

Moravie et les Slovènes, qui n'étaient en majorité que par l'appui de Belcredi, craignaient une dissolution. 11 fut donc convenu qu'on élirait les députés au Reichsrath, mais avec réserves et protestations '. La Diète de Prague, dans une adresse à l'empereur, contesta au Reichsrath tronqué le droit et les moyens d'exercer les pouvoirs dévolus par la Constitution à la représentation de l'Empire. Rappelant les paroles du manifeste de septembre, elle affirma € qu'une Constitution expressément rejetée et abandonnée même par le gouvernement dans une partie de l'Empire, donc inapplicable dans son ensemble, et qui, d’ailleurs, n’a jamais été pleinement appliquée, ne peut former de ses fragments épars le droit constitutionnel du reste de la monarchie » ; aussi le prochain Reichsrath ne peut-il être qu'une assemblée extraordinaire, consultative, qui n'aura pas le droit de prendre des décisions à la majorité. A cette assemblée, la Diète, tout en regrettant que la voie tracée par le manifeste de septembre n'ait pas été suivie jusqu'au bout, est prête à envoyer ses députés sous réserve de tous les droits du royaume, de son individualité qui ne peut disparaître dans une «moitié occidentale de l’Empire », et sous la garantie que € sans la collaboration de la Diète,il ne pourra intervenir aucun changement qui altère le droit public héréditaire de la Bohême et les rapports du pays avec le trône et l'Empire * ». Rieger prononcça en faveur de l'adresse un éloquent discours. On veut créer dans la monarchie autrichienne un nouvel État, dont personne ne connaît au juste même le nom. « Les uns l’appellent les pays non-hongrois, ce qui est une pure négation: d'autres disent la moitié occidentale de l'Empire, ce qui est un mensonge statistique, et d’autres encore le nomment Cisleithanie, ce qui est un non-sens géographique. » Il affirme le droit égal de la Bohême et de la Hongrie, et donne au souverain un avertissement très-clair : « La légitimité des dynasties et celle des peuples ont des racines communes, entrelacées : si vous voulez arracher du sol la légitimité des peuples, celle des dynasties non plus ne sera plus solide. Lorsque des patriotes éprouvés. lorsque les fils des grandes familles de ce pays, dont les ancêtres ont durant tant de siècles immolé à la défense de cet Empire leurs biens et leurs vies, sont d'accord avec les fils du peuple pour parler ainsi à leur roi héréditaire, leur voix, nous l’espérons tous, aura plus d'auto-

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