Beust, Aus drei Viertelpahrh
4. Slanczyk était le nom d’un fou du roi Sigismond III, qui, comme fou, pouvait dire impunément des vérités dangereuses. Les fondateurs de la nouvelle école intitulèrent leur première satire contre le patriotisme « nuisible » de l’insurrection de 1863 : Les papiers de Slanczyk, par une allusion très claire à leur désir de dire la vérité et aux dangers qu'ils couraient. Le parti en prit son nom, qui lui est d’ailleurs donné surtout par ses ennemis.
l'ordre établi, dans la reconnaissance de l'autorité et l'appui à lui prêter, dans le loyalisme envers le trône et une sincère collaboration dans l'intérêt de l'État, puisque celui-ci a réuni à son intérêt les droits et les besoins de la nation. Aussi l'école reconnut-elle non seulement la nécessité, mais l'utilité du compromis longtemps rejeté avec la réalité '». — Cette nouvelle politique polonaise a mêlé de plus en plus intimement les Polonais à la vie de l'Autriche, tout en maintenant la Galicie presque entièrement soustraite à la prise de l'Autriche occidentale; et elle leur a donné ainsi une influence politique considérable. Elle a, par contre, fort ébranlé la solidarité slave qui existait aux débuts de l'ère constitutionnelle, et, plus d’une fois, une volte-face intéressée des Polonais a inspiré aux Tehèques d'amères réflexions sur «la sûreté des alliés » *?.
Cette défection rendit encore plus précaire la situation des Tchèques, contre qui le ministère avait déjà entamé la lutte. Toutes les ressources des lois et des règlements électoraux de Schmerling,comme tous les moyens de la pression oflicielle, furent mis en œuvre *. L’archiduc Charles-Louis, frère de l'empereur, se rendit à Brünn et à Prague pour faire comprendre clairement à la haute aristocratie ce que l'empereur attendait de son loyalisme. « L'empereur », dit Beust *, «me soutint de la façon la plus loyale, car il ne laissa pas ignorer à la noblesse de Bohême qu’il souhaïitait un résultat des élections favorable au gouvernement. L'archiduc Charles-Louis ne le cacha pas dans un court séjour qu'il fit à Prague. Il n'y a rien de plus constitutionnel, » ajoute le bon apôtre, « que l'appui prêté par un souverain au gouvernement qu'il a choisi; ce n’est que dans le camp féodal que l'on parla de pression illicite. » Le résultat de ces procédés si constitutionnels fut de renverser la majorité dans les curies de la grande
4. Kosmian, Die Stanczyken (trad, du pol.), dans Zeit, n° 50, p. 163.
2. « La sûreté des alliés » est le titre donné par Srb, Pol. dèj., 1, 170, au chapitre où est racontée l’histoire de la Diète polonaise de 1867.
3. Les élections autrichiennes pourraient offrir à des chercheurs de curiosités une collection de tous les « trucs » à employer pour fausser le suffrage et piper les dés électoraux. Qu'il s’agisse de la Basse-Autriche, de la Galicie, de la Bohême, le scandale est partout le même, l’époque seule diffère. Tous les renversements de la majorilé en Bohème, du moins ceux qui l’ont rendue aux Allemands, n’ont pu être obtenus que par ces procédés : en 1871, après le ministère Hohenwart, comme en 1867 après le ministère Belcredi. Pour cette dernière époque, Srb, Pol, déj. T, 170-7 ; Reëi dra Riegra, IV, 200-14.