‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 288 sur 369 · Æ © NN · texte numérisé non relu

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tralisme pseudo-constitutionnel, dont elle avait accepté les formes pour sauver l'essentiel du pouvoir absolu, eut fait banqueroute en quatre ans à peine, la situation intérieure et extérieure l'avait obligée à changer sa politique, à se rapprocher des Magyars, et, au lieu de chercher à réduire la Hongrie en atomes pour l’absorber dans l'unité de la monarchie autrichienne absolutiste ou pseudoconstitutionnelle, à tenter de faire de la Hongrie une et constitutionnelle le plus solide pilier de la monarchie. Les Magyars, acceptant la main qui leur était tendue, avaient formulé leur programme, inspiré de leur droit historique comme des expériences faites depuis 1848, et qui représentait le dualisme rigoureux. Il n'est pas douteux que, si la couronne avait donné toute son attention au Compromis avec la Hongrie, si elle avait su opposer aux Magyars le contrepoids d’une Autriche unie et forte, et exploiter l'indéniable besoin de repos et de sécurité qui, après dix-huit ans de crise ininterrompue, s'était emparé de la Hongrie, le dualisme, tout en restant inévitable, aurait pris une autre figure, l’unité autrichienne aurait été mieux préservée dans ce qu'elle avait de nécessaire et d’essentiel, et toute l'histoire de la monarchie depuis 1866 aurait suivi un autre cours. Sadowa après le Compromis n'aurait pas eu les mêmes conséquences intérieures qu'avant. Mais la puissance des traditions séculaires éparpilla les forces de la cour : le Compromis se trouva lié à la politique allemande ; l’Autriche cisleithane fut paralysée par la rivalité des Allemands et des Slaves, dont étaient responsables le système de Schmerling et les erreurs de Belcredi. La monarchie joua à Sadowa non pas seulement sa position allemande, mais son unité, et la perdit. Après Sadowa, toute résistance à la Hongrie était vaine. Tandis qu'en Autriche les nationalités exaspérées s'entredéchiraient, la Hongrie se mit d'accord avec la couronne: le souverain céda tout, subit la dictée des Magyars et l'imposa ensuite à l'Autriche. Des deux côtés, cour et Autriche, des fautes énormes furent commises, par ignorance ou insouciance d'une part, par aveugle passion de l’autre. La seule politique vraiment une, conséquente, ferme et souple à la fois, fut celle des Magyars. De ce point de vue, ils méritaient largement la victoire que le Compromis leur apporta plus complète et plus éclatante sûrement qu'ils ne l'avaient jamais espérée. La conclusion du Compromis assurait leur triomphe ; toute l'histoire du dualisme atteste qu'ils ont su en profiter.

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