Beust, Aus drei Vierteljahrh., Il
2. Das Bürgerministerium. Hasner était chevalier d’assez fraiche date, les quatre autres n'avaient ni titres ni particules. Ni Giskra ni Berger ne songèrent à revendiquer, plus tard, le titre de baron auquel leur donnaient droit les grandcroix qu'ils possédaient, mais leurs familles, après eux, les réclamèrent, et ainsi tous deux ont fait souche de barons. Les fils de Herbst sont restés plus fidèles aux allures démocratiques, parfois avec une affectation de débraillé. de leur père. Quant à Brestel, qui était célibataire, son grand regret était, dit Hasner dans ses Mémoires, de ne plus pouvoir mourir comme simple docteur Brestel, mais de devoir se laisser enterrer comme Excellence.
3. Giskra voulait se faire avocat: mais, sous l’absolutisme, les avocats étaient des fonctionnaires nommés par le ministre, et Bach déclara formellement que, tant qu'il serait ministre, jamais Giskra ne serait avocat. [l ne fut nommé en elet, qu'après la chute de Bach, à quarante ans. Brestel, qui était en 1848 professeur de mathématiques, perdit sa place au triomphe de la réaction, et végéta,
jusqu’à sa nomination de ministre, dans un emploi secondaire d’une banque de Vienne.
relations trop intimes avec la cour, il ne paraissait pas assez sûr à ses compatriotes, qui d’ailleurs voulaient non un ministre galicien, mais un ministre spécial pour la Galicie, et ne cessèrent de le réclamer. Plus encore que Potocki, Taaffe, par sa situation personnelle, formait le trait d'union entre l’empereur et un ministère qui, «dans l'ensemble, n’était pas un ministère selon son cœur »', Ilavait reçu le portefeuille de la défense nationale, à laquelle était jointe la direction de la sûreté publique, et jouait en Autriche le rôle d'Andrässy en Hongrie, compensant par la confiance qu'inspirait sa personne les défiances qui s’attachaient à sa charge. Mais c'était leur seule ressemblance, et, tandis qu’Andrässy faisait une politique vraiment politique et nationale, Taaffe bornait son action au service de son maître et compagnon d’enfance. Il rendit à ses collègues, par son influence personnelle, de grands services politiques. et ils n’eurent jamais de raison de suspecter son dévouement et sa bonne foi” ; mais il aurait aussi bien soutenu une politique contraire, si on l'avait préféré € en haut », et son évolution ultérieure a bien montré qu'il se considérait toujours, non comme un ministre parlementaire, mais comme un serviteur personnel du souverain.
Par la nomination du ministère cisleithan, l’œuvre longue et difficile de la reconstitution de la monarchie sur la base dualiste était achevée. Andrässy avait obtenu sans difficulté de sa majorité le vote définitif des lois d’entente avec l'Autriche. Il put annoncer au Parlement à la fois la sanction des lois autrichiennes et hongroises sur le Compromis, la nomination des trois ministres communs, et la nomination imminente d’un ministère parlementaire cisleithan *. Les conditions posées par la Hongrie étant ainsi réalisées ?, la séparation complète entre le gouvernement commun et les gouvernements des deux États, le parlementarisme assuré en Autriche comme en Hongrie, le Parlement hongrois put procéder à l'élection de sa Délégation. Les Délégations se réunirent pour la première fois en janvier 1868. L'épreuve de la pratique commençait pour la nouvelle Constitution dualiste.
Cette Constitution est l’œuvre de la Hongrie et de la couronne. Après que l’absolutisme, préféré par la dynastie, eut succombé sous le poids de ses fautes séculaires, après que le cen-
Hasner, Denkwürdigkeiten, 99.
Beust. Aus drei Vierteljahrhunderten, 1, 165. Lederer, Andrässy, 1, 291-4.