Kmety, Kozog
plus souvent derecourirà l'intermédiaire des corps d'administration autonome, des juridictions où municipes, c'est-à-dire des villes ou des comitats. Les juridictions n'ont pas seulement une sphère d'attributions propres, où elles peuvent agir en pleine liberté, sous la seule réserve de se conformer aux lois et de se soumettre au contrôle des ministres ; elles sont aussi les organes délégués de l'administration d'État, qui n'en a pas d'autres, Dans ce rôle, elles sont soumises non pas au contrôle, mais à la direction du gouvernement, et elles sont tenues d'exécuter ses ordres. Elles ont cependant le droit, avant de les exécuter, d'en appeler au ministre, et c'est seulement s'il exige l'obéissance qu'elles doivent s’y conformer ; même, pour les ordres qu'il qualifie d’urgents, elles n’ont que le droit d'en appeler après coup au Parlement. Mais ces droits, si restreints qu'ils soient, le fait que. sauf son représentant direct, le préfet du comitat , chargé de la haute surveillance de l’administration, le gouvernement ne possède aucun agent à lui dans le corps élu des fonctionnaires municipaux, l'interdiction expresse que la loi fait aux juridictions d'exécuter des ordres illégaux, le droit aussi qu'elle leur reconnaît de délibérer en matière politique et de communiquer au gouvernement et aux autres juridictions leurs décisions, créent par eux-mêmes assez d'obstacles à toute action inconstitutionnelle du gouvernement. Quoique les comitats ne soient plus aujourd'hui, dans un temps de gouvernement parlementaire, les seuls «remparts de la Constitution», comme ïls l’étaient autrefois, ils n’en restent pas moins des foyers de vie publique où la nation s'exerce à la connaissance et à la pratique de ses droits, et ils soutiennent ainsi, pour une bonne part, l’édifice constitutionnel, en même temps qu'ils mettent aux mains de la nation des moyens eflicaces de défendre ses droits en cas de danger.
Dans l’État hongrois, les «pays associés » — Croatie-Slavonie-Dalmatie — ont une place particulière, Il est difficile de
définir au juste par une des formules juridiques ordinaires leur condition au point de vue du droit public ; par certains côtés, elle est celle d'un État associé, par d'autres, celle d'une province autonome. Toute l'histoire des rapports de la Croatie avec la Hongrie, depuis leur union sous la même dynastie au x1e siècle, et en particulier l’histoire contemporaine, depuis 1848 et même depuis les débuts du mouvement illyrien, contribue à expliquer l’imprécision sur ce point du Compromis conclu en 1868 entre la Hongrie